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Fusillade de Las Vegas: les médias américains sous le choc

Fusillade de Las Vegas: les médias américains sous le choc

Pour les médias américains, il est plus que temps d’avoir un réel débat sur le contrôle des armes pour éviter d’autres tragédies. Les Américains cherchaient encore à comprendre mardi pourquoi un mystérieux retraité, équipé de multiples fusils d’assaut, a mitraillé les milliers de spectateurs d’un concert en plein air à Las Vegas dimanche soir, faisant 59 morts et 527 blessés, établissant un sinistre record. Alors que les premières victimes ont été identifiées, les médias américains dénoncent la législation sur le port d’armes.

« D’abord, la foule a cru à des feux d’artifice – un bruit fort et crépitant. Ensuite, la terrible réalisation a commencé à se répandre, de façon inégale, à travers la foule immense. Les gens ont pris conscience de ce qui se passait quand ils ont entendu les crimes, quand ils ont vu les victimes ensanglantées s’effondrer autour d’eux, ou lorsque d’autres se sont précipités vers les sorties, piétinant quelques personnes au passage », écrit le New York Times.

Le Washington Post décrit également l’horreur : « Ils ont vu le sang. Ils ont vu les gens tomber. Ils ont vu la star de musique country s’enfuir de la scène. Ils ont compris ce qu’ils devaient faire. Ils ont couru. Ils se sont accroupis. Ils sont tombés sur leurs filles et leurs fils et leurs compagnons ».

Mais pour le New York Times, l’heure est au débat : il est temps que le Congrès agisse. Plutôt que d’écrire un édito, le quotidien a opté pour un visuel sobre. Sous la forme d’un calendrier, le journal répertorie les « 477 Jours. 521 tueries de masses. Aucune action du Congrès », chaque carré gris représentant au moins une fusillade de masse.

Le Los Angeles Times dénonce également l’absence d’action du Congrès, et se montre défaitiste : « Si l’histoire est un guide, cette tragédie inutile qui nous a stupéfiés, attristés et consternés ne nous poussera pas à agir de manière significative ». Et pourtant, il est temps. « Soyons honnêtes avec nous-mêmes : c’est devenu un rituel national presque pavlovien. Dans les jours qui viennent, certains diront – à vrai dire, certains l’ont déjà fait – que ce n’est pas le bon moment pour parler du contrôle des armes à feu ou de notre culture d’être armés jusqu’aux dents, qu’il est trop tôt pour noyer notre chagrin dans de la politique de mauvais goût. Mais c’est exactement le bon moment pour dénoncer le fléau de la violence armée. Comme ce sera le cas demain, la semaine prochaine, le mois prochain et surtout, lors des prochaines élections ».

Le quotidien californien s’en prend ensuite indirectement à Donald Trump. Selon le président américain, de telles tueries pourraient être évitées si chacun était armé. Mais comme le journal le souligne, « même s’ils avaient été nombreux à être armés, comment auraient-ils pu se défendre face à un homme qui tirait avec des armes bien plus puissantes depuis le 32e étage d’un hôtel ? Ils n’auraient pas pu ».

« Nous ne sommes peut-être pas capables de contrôler les impulsions violentes de nos compatriotes mais nous devons limiter les armes qui sont à leur disposition et nous devons renforcer les contrôles qui existent. Ne pas le faire, c’est de la lâcheté politique, de l’abdication morale », estime le LA Times.

USA Today s’attaque aussi à Donald Trump, estimant d’ailleurs que le discours du président américain n’a pas été à la hauteur. « ‘Le carnage américain’ était le thème majeur du discours d’investiture du président Trump. Pour lui, ce carnage était dû aux entreprises rouillées et aux mauvaises infrastructures – aux immigrants qui volent nos emplois, aux pays étrangers qui volent nos entreprises et aux terroristes étrangers qui menacent notre sécurité. Mais le vrai ‘carnage américain’ est ‘made in the USA’ », dénonce le journal.

« Le président a prononcé lundi des mots apaisants, appelant ‘les liens qui nous unissent : notre foi, notre famille et nos valeurs partagées’ », en réponse à «  un acte diabolique. Une façon d’honorer les victimes de Las Vegas, c’est que les leaders de la nation dépassent le choc et la tristesse pour se réunir afin de prendre des mesures qui n’ont que trop tardé. Ces mesures n’empêcheront pas toutes les fusillades de masses, mais réduiront leur probabilité », conclut USA Today.

 

Source: lesoir.be

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