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Ville morte et grève des enseignants : le bilan de la journée (Provisoire)

Ville morte et grève des enseignants : le bilan de la journée (Provisoire)

Cette journée du 12 mars 2018 est sans doute l’une des plus agitées de ces dernières années en Guinée en termes de paralysie de la capitale. C’est une journée où, ont cohabité grève des enseignants et ville morte déclarée par l’opposition républicaine.

Pour l’une des rares fois de son histoire, la commune de Kaloum, centre des affaires de Conakry où se trouve la présidence de la république et la quasi-totalité des départements ministériels a connu des manifestations de rues à tout bout de champs. Des jeunes ont brûlés des pneus et érigé des barricades à plusieurs endroits de la commune. Les femmes quant à elles, ont investi les rues pour demander la reprise des cours dans les écoles en scandant des slogans hostiles au président de la république jusqu’aux abords du palais sékhoutouréyah. Les Kaloumkas disent n’en plus pouvoir de cette grève des enseignants qui dure depuis un mois jour pour jour.

En plus de la paralysie des activités à Kaloum pratiquement toute la journée, plusieurs quartiers de la banlieue ont aussi été secoués par des crises. La transversale (T2) Kipé – Bambeto a été coupée en deux par des jeunes qui y ont régné en maître une bonne partie de l’après-midi. D’épaisses fumées noires étaient visible sur cette voie à cause de nombreux pneus brûlés ci et là pour empêcher toute circulation de ce côté.

Même scénario à certains endroits de la capitale habituellement calmes comme le carrefour transit à Taouyah ou des jeunes ont très tôt le matin brûlés des pneus avant d’être vite dispersés par les agents de la gendarmerie nationale qui ont rétabli la circulation de ce côté-là. Tout compte fait, certaines voies secondaires dans le quartier Kipé, vers l’hôpital sino-guinéen par exemple, ont connu des barricades par intermittences. Des jeunes barrent les routes, d’autres libèrent le passage plus tard.

Sur la route le prince, des jeunes jouaient au football sur l’autoroute. Une manière de confirmer que dans cette zone, fief de l’opposition républicaine, la ville a vraiment été « morte ». Pas de circulation de ce côté-là durant cette journée de lundi.

Sur l’autoroute fidèle Castro, axe habituellement moins rebondissant en termes de crises, les violences ont été légion par endroits. De ce côté-là, les journalistes n’ont pas passé du bon temps. Le siège du groupe Hadafo Médias a été attaqué par des jeunes en colère qui y ont jetés des pierres, cassés les vitres de l’immeuble et caillassés les véhicules de journalistes dans la journée. Le PDG du groupe Lamine Guirassy compte porter plainte pour cette agression. Nos confrères d’Evasion Guinée aussi ont subi une grande violence au carrefour concasseur dans la commune de Matam. Leur véhicule de reportage et plusieurs matériels de tournage y ont été calcinés par des loubards.

Toujours sur l’autoroute Fidèle Castro, après plusieurs mouvements de jeunes, des Donzos ont été aperçus sur cette voie pour rétablir l’ordre semble-t-il. Chose qui n’a pas totalement marché. Car au niveau de Yimbaya, des jeunes ont attaqué ces donzos, ont sérieusement battu quelques-uns d’entre eux et récupérer un fusil de chasse et quelques accessoires qu’ils ont remis aux forces de défense à la base militaire. Ces chasseurs traditionnels tentaient d’empêcher les manifestations des jeunes pour protéger le pouvoir du président Alpha Condé dit-on.

Il faut ajouter à cela que plusieurs boutiques et commerces sont restés fermés à Conakry ce lundi 12 mars 2018. Alors même que le président du groupe organisé des hommes d’affaire appelle à des journées sans activités économiques dans toutes la Guinée, les mercredi 14 et jeudi 15 mars 2018.

Malgré ces nombreuses manifestations de rue qui ont ponctué la journée, aucune perte en vie humaine n’est à déplorer au moment où nous mettons cette dépêche en ligne (19h 05min).

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