25 août 2019
Soleil FM

8 mars/ Qui est Hadja André Touré épouse du premier Président de la Guinée indépendante ? (Portrait)

Guinée société Infos

André Touré, femme du premier président de la Guinée indépendante est née en 1934. Fille d’un médecin Paul-Marie Du Plantier et de Kaïssa Kourouma. Son père quitte la Guinée au déclenchement de la seconde guerre mondiale, lorsqu’elle était enfant. Elle reste sur place pour être élevée dans la famille de son oncle Sinkoun Kaba.

Après son certificat  d’études obtenu à 12 ans en 1946, elle suit des cours au collège des jeunes filles de Conakry. Elle en sort avec le brevet élémentaire pour devenir Secrétaire de l’association des femmes de l’Union française. Chez son oncle Sinkoun, elle fait la connaissance de Sékou Touré, celui-ci vient faire à Kankan sa demande officielle de mariage. Un lien existe entre les familles puisque le grand-père maternel de Hadja André a été élevé chez l’Almamy Samory Touré. Le mariage est à la fois arrangé par les deux familles comme il est de tradition à l’époque et souhaité par les deux futurs époux. Il est décidé en dépit d’obstacles. Ainsi, l’influente union des métis d’alors, aurait tenté de s’opposer sans succès.

De son côté, Ahmed Sékou Touré, souhaite soumettre son choix au comité directeur de son parti, le Parti Démocratique de Guinée et adresse en même temps un courrier aux militants de l’Union générale des travailleurs d’Afrique noire. Il souhaite également se marier à la Cathédrale Sainte-Marie de Conakry.  Hadja André étant encore à l’époque catholique, mais il n’arrive pas à convaincre Michel Bernard Vicaire apostolique de Conakry, de célébrer cette union.

Le mariage religieux est alors célébré le 18 juin 1953, selon les rites musulmans, à la grande mosquée de Kankan en l’absence des époux, comme le permet la pratique musulmane d’alors. Ils traversent ensemble la période de l’accès du pays à l’indépendance et des années de l’exercice du pouvoir. Elle ne participe pas à la politique guinéenne, mais cherche à affirmer un rôle social. Elle se convertit à l’islam, se tient à côté de son mari et le représente dans certaines réceptions. De leur union naît, en mars 1961, leur unique fils prénommé Mohamed Touré.

Son mari meurt le 26 mars 1984. Elle est arrêtée, ainsi que son fils, et ses biens sont confisqués. En 1987, elle est condamnée à huit ans de travaux forcés, et libérée début janvier 1988. Elle est autorisée à quitter le pays. Elle regagne le Maroc,  puis la Côte d’Ivoire ensuite le Sénégal, et revient en Guinée en 2000.

Elle s’attache dès lors à défendre le bilan de son défunt mari, le rôle de celui-ci dans l’établissement de l’Etat guinéen, ses choix politiques, oubliant par contre qu’il s’était aussi octroyé le droit de vie et de mort sur ses compatriotes, à l’image de Loffo Camara, qu’elle a connue personnellement et qui a été exécutée. Son fils Mohamed Touré devient le secrétaire général du parti fondé par son père, le Parti démocratique de Guinée PDG.

Aminata Camara

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