20 novembre 2019
Soleil FM

A l’ouverture de la réunion sur la capacité de plaidoyer 2019, IPPF Région Afrique dévoile son agenda en faveur des droits sexuels

Infos santé

En 1994, la commission de la population et du développement de l’ONU a reconnu la santé de la reproduction (SR) comme étant un plan prioritaire des politiques en lien avec la population. Depuis, de nombreux progrès ont été réalisés. Mais ces progrès restent insuffisants face aux nombreux besoins non satisfaits. Cela se traduit aujourd’hui par les indicateurs au rouge présents dans de nombreux pays africains.

La santé de la reproduction fait référence aux mécanismes de la procréation et au fonctionnement de l’appareil reproducteur à tous les stades de la vie selon l’organisation mondiale de la santé. En raison de son importance, elle fait partie à ce jour des stratégies de développement des gouvernements, des partenaires à la santé mondiale et de la société civile. C’est le cas de IPPF Région Afrique (International Planned Parenthood Federation) qui travaille depuis plusieurs décennies sur l’amélioration de l’accès des populations aux services SR et composé à ce jour de 134 associations dans le monde. Périodiquement,  cette organisation développe des stratégies pour répondre aux demandes des populations en santé de la reproduction. d’ici à 2022, IPPF Région Afrique compte contribuer à inverser les tendances négatives. Une stratégie axée sur le plaidoyer sera mis en œuvre par l’organisation et ses partenaires en vue de déconstruire les fausses conceptions qui freinent l’accès des populations à leurs droits sexuels et reproductifs.

« Nous voulons développer des approches pour faire face aux oppositions qui sont de plus en plus fréquentes dans nos pays », a déclaré le docteur Haingo Rabearimonjy, directeur par intérim de IPPF Région Afrique à la cérémonie d’ouverture de la réunion sur les capacités de plaidoyer à Nairobi ce lundi 25 mars 2019. En effet, les réticences et les oppositions sont à plusieurs niveaux. Au sein de la communauté internationale, les divisions sur les droits sexuels ont été bien perceptible durant les sessions de 2017 et 2018  de la commission de la population et du développement (CPD) de l’ONU. Les 50ième et 51ième session de la CPD se sont soldées par une absence de consensus entre les Etats membres sur les droits sexuels.

 

Face aux pratique néfastes, IPPF et ses associations membres s’engagent

Les oppositions qui freinent l’accès effectif des populations aux services SR se multiplient dans plusieurs pays du continent africain. En Guinée, pays représenté à la réunion sur la capacité de plaidoyer à Nairobi, le taux de filles victimes de mutilations génitales féminines (MGF) est estimé à 97% selon un rapport de l’ONU paru en 2016. Bien qu’interdites par la loi, les MGF restent une pratique largement présente dans la société guinéenne.

Selon l’UNICEF, la Centrafrique et le Niger sont des pays où les filles mineures sont souvent mariées. Dans le rapport statistique de l’UNICEF intitulé Achieving a future without child paru en octobre 2017, près de 68% de filles sont mariées avant l’âge de la majorité en Centrafrique. Le Niger et le Tchad suivent avec respectivement 76% et 67%. Cette étude indique que  l’Afrique de l’ouest et du centre, 4 femmes sur 10 sont toujours mariées avant l’âge de 18 ans. Ces filles qui sont mariées précocement sont aussi celles qui sont souvent exposées à des grossesses à risque, à la mortalité maternelle et à de graves séquelles dues à des accouchements difficiles. La Côte d’Ivoire, pays de l’Afrique occidentale, le ratio de la mortalité maternelle est de 614 décès pour 100.000 naissances vivantes. Des indicateurs qui inquiètent et qui donnent à réfléchir sur les meilleures approches pour les réduire.

« Les indicateurs en matière de santé de la reproduction sont les plus mauvais dans nos pays », déplore Nathalie Nkoume, conseillère sur l’égalité genre à IPPF région Afrique. « Nous devons commencer à en parler, même s’il y a des réticences » a t – elle conclut.

L’urgence d’agir en vue d’améliorer ces indicateurs se fait sentir dans tous les pays de l’Afrique mais à des degrés différents. En Zambie, le gouvernement a pris plusieurs engagements face aux droits de la santé de reproduction mais ces engagements sont souvent violés. Les organisations de la société civile à l’image de Planned Parenthood Association of Zambia (PPAZ), mène régulièrement des campagnes de lutte contre les mariages des enfants.

« Le mariage d’enfant est interdit par la loi mais les faits sur le terrain sont autres. Donc nous faisons des campagnes de sensibilisation pour freiner ce phénomène », témoigne Joan Nangandu Kamwale, directrice exécutive de PPAZ en Zambie.

Au Bénin, les grossesses précoces chez les filles en situation de classe grandit et prend de l’ampleur. A côté de cela, les cas d’avortement sont de plus en plus fréquents. Là aussi, des actions de plaidoyer sont en cours pour amener l’Etat à trouver un cadre légal qui va freiner le phénomène.

 

AFIWA MATA AHOUADJOGBE

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