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Les acteurs politiques dans la dynamique de correction des dysfonctionnements

Les acteurs politiques dans la dynamique de correction des dysfonctionnements

Les 7, 8 et 9 juin 2017, s’est tenu dans un réceptif hôtelier de la place, un atelier d’imprégnation et de croisement d’expériences. C’est une initiative du gouvernement guinéen à travers le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Cette rencontre se situe dans la perspective de la réforme de la CENI pour la rendre plus professionnelle dans la gestion des élections en Guinée. Ceci après avoir tiré des leçons des contingences électorales passées.

Plusieurs acteurs de la vie sociopolitique de la Guinée ont pris part à cette rencontre, notamment les membres de l’opposition républicaine, du PEDN, de l’UFR, du RPG Arc-en-ciel, des partis alliés de la mouvance présidentielle, des acteurs de la société civile, des experts nationaux et internationaux, ainsi que des représentants de la communauté internationale impliqués dans le processus électoral en Guinée.

Ces différents acteurs ont échangé sur la mise en place d’un nouveau dispositif, plus professionnel, d’organisation des élections en Guinée. Cet atelier vise l’engagement de toutes les parties prenantes au processus électoral à aller dans le sens de la convergence de vues, vers l’option d’une prise de position commune.

Pour matérialiser cet engagement, le ministère de l’Administration du Territoire a invité des experts africains du Ghana, du Cameroun, du Burkina Faso et du Sénégal pour passer en revue un certain nombre d’expériences développées par ces pays en matière de gestion des processus électoraux.

A l’ouverture des travaux, le porte-parole  de l’opposition républicaine, Aboubacar Sylla, a dit ceci : « nous avons toujours déploré le déficit de dialogue en Guinée qui génère et amplifie le déficit de confiance entre les parties, notamment en ce qui concerne les élections en Guinée. Cette rencontre découle de la nécessite de notre pays de se doter d’un instrument efficace suscitant la confiance de manière à faire en sorte que la Guinée entre enfin dans le cercle restreint des pays où les élections sont transparentes et où les résultats sont acceptés de tous ».

Pour sa part, Amadou Damaro Camara de la Mouvance a expliqué pourquoi il y a eu le vote sur la CENI politique au CNT qui, selon lui,  a été la décision des partis politiques. « On ne peut refaire une loi chaque fois qu’il y a scène de ménage sur le mariage (…) nous sommes encore à l’orée de faire une nouvelle loi sur la CENI, parce que celle qui existe a des insuffisances, et qu’elle a été adoptée dans l’émotion, dans la pression politique. C’est ça aussi en Guinée, on a toujours fait des lois pour des élections, mais pas pour la future génération. Nous sommes dans cette logique, il faut une nouvelle loi parce que bientôt les élections, mais nous, nous sommes prêts et ouverts à toutes les expériences qui viennent d’ailleurs, surtout au dialogue ».

Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le général Bouréma Condé, a rappelé qu’à l’avènement de la démocratie pluraliste en Afrique à partir de 1990, des pays africains se sont engagés à mettre en place des structures électorales chargées de l’organisation d’élections fiables.

Selon le ministre, l’élection libre et transparente constitue un passage obligé pour la démocratie et le développement durable. « Pour sa réussite, elle a besoin de textes cohérents, de structures adaptées et de ressources humaines compétentes capables de mettre en œuvre tout le mécanisme indispensable à la bonne organisation d’un scrutin ».

Après trois jours de débats et d’échanges, le thème central de la rencontre et les modèles d’expériences du Ghana, du Burkina Faso, du Sénégal et du Cameroun sur les fondements, la composition et le fonctionnement des OGE dans ces pays, les participants ont fait savoir qu’il n’existe pas de cadre institutionnel parfait en matière de gestion des processus électoraux. Selon eux, la réussite des élections dépend de la qualité des hommes pour animer les structures électorales et du type de management de l’institution. Il est donc nécessaire : de respecter les dispositions constitutionnelles sur le type d’OGE en Guinée et apporter les amendements à la composition, au fonctionnement, à l’organisation de la CENI ; d’améliorer le mécanisme de concertation et de communication entre l’OGE et les parties prenantes du processus électoral.

Les participants ont aussi formulé des recommandations, dont entre autres : revoir les modalités de désignation et fixer les critères de compétences des membres de l’OGE ; garantir l’indépendance des membres de l’OGE de manière à les mettre à l’abri du besoin et des pressions extérieures ; rendre totalement à l’OGE son autonomie budgétaire et le soumettre à l’obligation de reddition des comptes ; mettre à disposition une expertise de nos partenaires au développement sur l’élaboration de la nouvelle loi sur la CENI en République de Guinée ; favoriser l’émergence de cadre de concertation et de réflexion en appui à la réforme du système électoral envisagé.

Au terme de cet atelier, l’envoyé spécial de l’OIF, Mohamed Salia Sokona, a transmis le message de félicitation et d’encouragement de Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’OIF à tous les acteurs politiques pour les efforts consentis en vue de l’apaisement de la vie politique et sociale en Guinée. Selon lui, en organisant cette rencontre, l’OIF a voulu faire partager avec la Guinée des réussites et des échecs des pays frères, notamment le Burkina Faso, le Cameroun, le Ghana et le Sénégal, de manière à en tirer des enseignements qu’elle pourrait capitaliser étant donné que l’organisation des élections relève avant tout de la compétence exclusive de l’Etat.

 

Un compte rendu d’Alpha Camara