18 mars 2019
Soleil FM

Affaire Kaporo-Rails : avocats des habitants indignés-le ministère de la ville ne recule pas !

Guinée société Infos

Le collectif des avocats des habitants de Kipé 2 dans la commune de Ratoma interpelle les autorités de surseoir aux  opérations de déguerpissement dans la zone. C’est à travers une déclaration qu’il s’est fait entendre ce mardi 26 février à Bambéto devant les médias. Cette déclaration intervient alors que la veille, le ministère de la ville a indiqué qu’il ira jusqu’au bout et ne compte plus faire marche arrière dans l’affaire de Kaporo-rails. Lundi 26 février, ses agents ont procédé au démolissage de plusieurs concessions situées dans ce quartier de la commune de Ratoma. Les différentes négociations entamées depuis le démolissage des conteneurs et boutiques de ce quartier sont restées sans suite.

C’est la tristesse et la désolation qu’on pouvait lire sur les visages des habitants du quartier Kaporo-rails. Très désespéré avec les larmes aux yeux, ce citoyen Boubacar Barry invite l’Etat à leur accorder un délai moratoire afin de chercher où aller. « On était près à sortir, mais on souhaitait  que l’Etat nous donne un délai d’un mois ou trois pour chercher où aller. Mais regardez maintenant dans quelle situation nous nous trouvons. Nos enfants sont sortis tôt aujourd’hui de l’école, qu’est-ce que qu’on peut ? Rien ! », a-t-il confié

Pour Mamadou Bhoye  Sall,  conseiller à la marie de Ratoma, bien que l’Etat a un droit sur chaque mètre carré du territoire guinéen, mais la démarche ne semble pas être la bonne. « Moi je pense que c’est une violation de la loi qu’on est entrain de faire. Les citoyens méritent mieux que ça. Ces maisons qu’ils détruisent, ces personnes qu’ils déguerpissent là n’ont même pas où aller. En tant qu’élu local, je ne pourrai que m’indigner par rapport à ce qui se passe. Et j’en appelle à l’Etat de revoir sa copie pour pouvoir arrêter ces destructions et trouver une solution », a-t-il martelé.

Même son de cloche chez Mamadou Samba Sow, un autre citoyen de ce quartier. Selon lui, ce déguerpissement est une violation de la constitution du code civil et foncier de la République de Guinée. « Nous sommes étonnés de voir cet acharnement, conduit par le général Baldé et le ministre de la ville. C’était une opération de récupération des espaces vides qui se transforme en un désastre humanitaire sous les yeux de tout le monde. Avec la complicité de toutes les institutions de la République. Le ministre parle au nom du président de la République alors que ce qui est dit dans la déclaration du professeur Alpha Condé est contraire à ce qui ce passe à l’instant. »

Des occupants rencontrés disent disposer de documents légaux, une situation qui n’empêche tout de même pas l’Etat d’user de toute sa force pour les déguerpir. Ces victimes disent être sans abris dorénavant.

Pour les activistes de la société civile, cette opération devait plutôt être précédée par une indemnisation. C’est ce qu’a affirmé le chargé de communication de la COJELPAID. Dora Koita a aussi invité les citoyens à éviter de communautariser ou politiser cette affaire.

 

MABINTY KEITA

 

 

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