Partager
ALLEMAGNE: Les nanoparticules et le tatouage

ALLEMAGNE: Les nanoparticules et le tatouage

Une étude publiée dans Scientific Reports par une équipe de chercheurs allemands, associée au Synchrotron européen de Grenoble, démontre que les nanoparticules contenues dans les encres voyagent dans l’organisme et s’y installent durablement.

Les encres utilisées  pour le tatouage qu’il soit rituel ou décoratif et leur impact sur l’organisme ont jusqu’à présent peu été étudiées alors que le tatouage  est très répandu dans toutes les sociétés humaines.

L’encre de tatouage est composée de pigments organiques  qui existent ou non en l’état dans la nature  et sont  différents suivant les couleurs. Par exemple, le noir de carbone pour le noir, ou le dioxyde de titane non organique  pour le blanc. On y associe des  additifs toxiques comme le brome, l’aluminium, le chrome ou le cobalt.

Ces éléments sont composés de particules de différentes tailles, de la microparticule d’un millionième de mètre à la nanoparticule, 1 000 fois plus petite.

Voyons comment se passe le tatouage : Lors du tatouage, l’aiguille qui injecte l’encre traverse l’épiderme jusqu’à la deuxième couche de la peau, le derme, pour fixer le dessin. Les composants de l’encre peuvent alors se diffuser directement dans le corps par la circulation sanguine, mais aussi, de manière indirecte, via le système immunitaire qui protège l’organisme. Celui-ci réagit à l’agression de l’encre et envoie des cellules capturer l’agresseur – la particule – qui est alors transporté jusqu’aux ganglions lymphatiques. Les ganglions lymphatiques, au nombre de 800, répartis dans l’organisme, conserveront ces particules.

Le constat fait révèle que les tatouages blancs dont l’encre contient du dioxyde de titane, provoquent des irritations plus souvent que les autres.

Nous savons déjà  que les plus grosses particules  composant les encres se diffusent au-delà de la peau. Mais actuellement  les scientifiques  sont  penchés sur les nanoparticules qui jusqu’ici étaient ignorées. Ils ont comparé la composition des ganglions lymphatiques des personnes tatouées décédées aux pigments présents dans leurs tatouages. Pour cela, ils ont eu recours  aux rayons X ultra puissants et un accélérateur de particules, le synchrotron européen, situé à Grenoble en France.

L’étude montre que les nanoparticules de plusieurs éléments, plus ou moins toxiques, sont présentes dans les ganglions lymphatiques. Les chercheurs y ont notamment retrouvé les pigments organiques vert et bleu, mais aussi du titane, issu du dioxyde de titane.

Le dioxyde de titane est fréquemment utilisé comme agent blanchissant, surtout dans les chewing-gums et les crèmes solaires. Le Centre international de recherches  sur le cancer a démontré récemment que les nanoparticules de dioxyde de titane sont des toxiques, classées « potentiellement cancérigène pour l’homme »  et  traversent les parois des cellules.

Le problème est que même  si l’on ne connaît pas encore tous les effets à long terme des nanoparticules sur l’organisme, la toxicité de certaines d’entre elles ne fait aucun doute. La prochaine étape pour les chercheurs, sera donc de faire le lien entre les effets indésirables et les propriétés chimiques des encres.

Source/ MASHABLE

Laissez un commentaire