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Analyse psychologique du sous-développement économique de l’Afrique et propositions pour l’émergence du continent noir par Anderson Loa (première partie)

Analyse psychologique du sous-développement économique de l’Afrique et propositions pour l’émergence du continent noir par Anderson Loa (première partie)

L’auteur de cet article, l’ivoirien Anderson Loa, professeur de psychologie Management et Finance à Londres (Angleterre) essaie d’appliquer les principes psychologiques pour examiner les véritables causes du retard économique de l’Afrique. Dans ses écrits, il apporte une nouvelle façon d’appréhender les problèmes du continent dans la perspective de tentatives de solutions adaptées.

Cet article comprend deux parties. Dans un premier temps, Anderson Loa se préoccupe des causes psycho-économiques du retard de l’Afrique. La seconde partie qui sera publiée en deuxième instance sera consacrée aux propositions basées sur les observations contenues dans ce présent article. Lisez…!

L’Afrique n’a aucun problème économique. Ceux qui pensent le contraire ne font qu’une mauvaise appréciation du sous-développement de l’Afrique. Notre économie souffre de ce que j’appelle le Syndrome de l’Homme Noir (SHN) fait de jalousie, égoïsme, méchanceté, aigreur, hypocrisie, le manque d’amour et de solidarité. C’est la cause fondamentale du retard économique Africain. L’Afrique ne pourra s’en sortir que si et seulement s’il y a un changement radical ou de construction des mentalités non pas à travers la démocratie mais à travers la refonte et redéfinition de nos systèmes éducatifs. Car je ne crois pas en la pratique actuelle de la démocratie en Afrique. Il faut séparer le changement de régime ou de personnes, de la véritable pratique démocratique qui repose sur des mentalités positives.

 

Après, l’esclavage et la colonisation, les peuples Africains espéraient vivre un lendemain meilleur. Mais malheureusement, cet espoir est devenu un cauchemar. Les rebellions, les coups d’état et les guerres civiles sont le quotidien de l’Africain. Et si l’on jette un regard sur les conditions misérables de vie des Africains, on conclut très vite et sans hésiter que les Africains apparaissent comme les détenteurs de la misère dans le monde.

Face à ce tableau sombre, il est difficile de ne pas se convaincre rapidement à la pauvreté et à la médiocrité économique de l’Afrique comparativement aux autres continents de la terre.

Malgré cette réalité têtue et indéniable, je m’inscris en faux contre cette vision, contre tous ceux qui pensent que l’Afrique est pauvre. L’Afrique est certes dans la misère mais elle n’a aucun problème économique. Cela apparaîtra absurde et paradoxale à beaucoup de lecteurs qui se poseront certainement les questions suivantes: comment l’Afrique peut-elle être dans la misère si elle n’a aucun problème économique?  Et pourquoi les jeunes Africains galèrent-t-ils et meurent dans la mer méditerranée en Lybie si l’Afrique n’est pas pauvre?

Certainement, beaucoup me traiteront d’incohérent. Au pire, je me ferais sans doute lapider, insulter et huer dans les rues de  Dakar, Yaoundé, Abidjan, Conakry, Luanda, Ouagadougou, Accra, Bamako, si je tiens une telle déclaration devant des foules affamées qui ne sont pas certaines si elles auront quelque chose à manger au cours de la journée. Cependant il est important de suivre cette analyse pour mieux saisir notre retard économique et les solutions qui découleront de cette nouvelle vision des choses.

En effet, l’Afrique est le continent le plus riche du monde et n’a aucun problème économique. S’il y’a une partie du globe à laquelle Dieu a tout donné, c’est bien l’Afrique. L’Afrique a tout ce qu’il faut pour vivre une très belle vie. L’Afrique a le beau climat du monde, la chaleur et la pluie cohabitant de manière agréable. La forêt dense renferme des terres très fertiles à l’agriculture sans même besoin d’engrais artificiel.  Le café, le cacao, la banane, le riz, le manioc, le gombo, l’ananas, l’hévéa, le mais, le sorgho, le fonio, les fruits sauvages, le coton, l’ananas, le palmier à huile, le bois, les fruits sauvages et beaucoup d’autres, poussent à merveille en Afrique.  A cela s’ajoutent tous les animaux allant du serpent à l’éléphant en passant par le lion.   Au plan des ressources minérales, l’Afrique vient au premier rang mondial. Par exemple, le Congo Belge ou Congo Brazzaville renferme le plus grand gisement de pétrole de toute l’hémisphère sud de la planète; c’est à dire que le Congo dépasse l’Arabie saoudite, l’Iran, et l’Iraq en matière de pétrole.  Quant à la Guinée Conakry qualifiée de “scandale géologique”, elle possède à elle seule  20 milliards de tonnes de bauxite capable d’approvisionner les industries métallurgiques du monde pendant aux moins 100 ans.  En plus de ses réserves de bauxite, la Guinée Conakry renferme d’énormes ressources minérales incluant l’or, le diamant, le nickel, le chrome et le fer. L’agriculture y est abondante.  Même le Mali qui est un pays entièrement isolé dans le désert, possède du pétrole qui est à l’origine de la rébellion armée qui frappe ce pays depuis ces dernières années. Ces Etats ci-dessus cités ne sont que des exemples.  Car chaque pays africain renferme des richesses monstrueuses offertes par la nature.  La Côte d’Ivoire fait la fierté aussi de l’Afrique avec son cacao pendant que le paysan et producteur du cacao Ivoirien est incapable de s’acheter une barre de chocolat manufacturé en Europe.  La Sierra-Leone produit de l’uranium qui sert à la fabrication du téléphone mobile alors que les Sierra-Léonais sont incapables de s’octroyer un téléphone portable.  Ce même uranium est à la base de l’armement nucléaire pendant que les Sierra-Léonais importent des armes de l’occident pour s’entre-tuer. C’est cela la realité de l’Afrique.  Et c’est bien à cause des richesses de notre continent que nous souffrons. Ceci est confirmé par le défunt président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouet Boigny qui disait: Celui qui possède l’Afrique dominera le monde”.

 

En vérité, c’est bien parce que l’Afrique est riche que nous avons des rebellions, des coups d’état et des guerres civiles.  Il est important de se demander pourquoi les Européens ont-ils divisé et partagé l’Afrique sans son consentement, ni sa présence au Congrès de Berlin de 1884-1885, si l’Afrique est bel et bien pauvre comme ils nous le font croire? Pourquoi les Européens se faisaient-ils la guerre entre eux au sujet de l’Afrique, surtout le Bassin du Congo bien avant le Congrès de Berlin? Si l’Afrique était si pauvre comme on nous le fait croire et dire, pourquoi les Européens l’ont-elle colonisée? Et pourquoi l’occident continue d’effectuer depuis des années des coups d’Etat permanents pour nous imposer des chefs d’état qui sont à leurs ordres et services? Pourquoi aussi la Banque Mondiale et le FMI ont-ils mis en place des systèmes économiques et financiers qui piègent l’Afrique et la maintiennent encore au 21ème siècle, dans l’endettement permanent et sans issue? C’est dire que les véritables causes du retard économique de l’Afrique résident ailleurs que dans sa pauvreté imaginaire décrétée par les puissances impérialistes. Et c’est cela qui sera abordé dans cet article.

LES CAUSES DU RETARD ÉCONOMIQUE DE L’AFRIQUE

En fait, la problématique du retard économique de l’Afrique n’est pas un fait nouveau. Beaucoup a déjà été écrit et dit sur ce sujet pour expliquer pourquoi l’Afrique souffre malgré ses richesses.  Pour ce faire, beaucoup de lecteurs se demanderont de la nécessité d’aborder ce même sujet encore dans cet article.

Ce qui justifie mon intervention est que malgré les nombreux écrits et les solutions proposées depuis les indépendances jusqu’à maintenant, l’Afrique est toujours au point de départ zéro et va même en-dessous de zéro eu égard à la misère des peuples africains. Alors qu’on nous parle de croissance et d’émergence économiques de l’Afrique, elles ne sont pas en corelation avec les conditions de vie, l’éducation, la formation, l’emploi et la santé des Africains.

En termes très simples, le mot émergence veut dire aller d’un point A à point B, ou encore progresser d’une situation moins bonne à une situation meilleure. Cela n’est pas le cas pour l’Afrique dans la realité malgré les chiffres statistiques que nos gouvernants et l’occident nous lancent aux yeux. Si l’Afrique émerge économiquement, pourquoi la jeunesse Africaine meurt-elle dans la mer méditerranée à la recherche de l’eldorado en Europe? Pourquoi la jeunesse Africaine est-elle soumise à l’esclavage en Libye et au Kowait?

En deuxième instance, ce qui rend cet article nécessaire est que tous les écrits proposés jusque la sont axés sur l’économie et la mauvaise gouvernance sans toutefois considérer les facteurs psychologiques externes et internes à l’Afrique et qui compromettent son décollage économique.  L’objectif ici est donc d’examiner ces problèmes psychologiques externes et internes à l’Afrique avec pour but de faire des propositions qui pourront peut-être conduire à la sortie des méandres de la galère.

  1. LES CAUSES PSYCHOLOGIQUES EXTERNES ET LEUR IMPACT SUR LE DÉVELOPMENT ÉCONOMIQUE DE L’AFRIQUE.

Dans cette section, il s’agit d’examiner le rôle psycho-économique de l’impérialisme sur l’Afrique et son développement économique.

La reponsabilibilité de l’impérialisme dans le retard économique de l’Afrique est très bien connue et n’est plus un sujet à discussion.  L’Afrique a subi l’esclavage et la colonisation qui ont laissé des traumatismes psychologiques et économiques à l’homme noir.

Contrairement à ceux qui pensent que la colonisation fut un mal nécessaire pour l’Afrique, je maintiens qu’elle n’a jamais été un mal nécessaire pour l’Afrique. La colonisation et la néo-colonisation demeurent purement et simplement un mal contre l’Afrique. Car un mal n’a jamais été nécessaire. Dites-moi, qui peut souhaiter le mal contre soi-même?  Le but du mal causer de la douleur et la mort.  Par conséquent, la colonisation reste un mal causé à l’Afrique, mais plutôt une nécessité pour l’Europe qui est défavorisée par son climat glacial, ses terres infertiles et incapables de produire même de l’arachide.

Les conditions naturelles climatiques défavorables des européens les ont conduit à la recherche de moyens et de ressources adaptées pour leur survie. Et cela explique en partie l’esclavage et la colonisation, et aussi le développement industriel et économique qu’ils connaissent aujourd’hui sur le sang des autres peuples du monde à travers trois méthodes précises: l’endormissement répressif et endormissement pacifique des consciences des colonisés et la technique du désordre.

  1. L’endormissement répressif des consciences des peuples colonisés

L’endormissement répressif des consciences est une méthode utilisée par l’Europe depuis l’esclavage et qui consiste à employer la brutalité et la violence pour causer la psychose et la peur chez le colonisé afin de le dompter, le soumettre et le rendre obéissant au colon.  Selon la psychologie de la colonisation, l’homme noir est un être très vigoureux avec une force physique animale et capable de causer un dommage physique aux autres. L’Afrique ayant tout ce don’t l’Europe a besoin, procéder par la négociation compromettrait la vie des explorateurs et colons européens. Par conséquent, l’usage de la force permettra de maîtriser et contrôler l’Africain, piller ses ressources et le rendre psychologiquement dépendant et économiquement pauvre.  Si l’homme noir qui est déjà physiquement fort devient riche, il écrasera le reste du monde et particulièrement la race blanche.

Cette vision justifie l’usage permanent de la force contre L’Africain depuis l’esclavage jusqu’à la colonisation jusqu’encore au 21ème siècle. Pendant l’esclavage, les Africains étaient capturés, torturés et tués en présence de leurs frères. En résultante, ceux qui avaient peur de subir le même sort, étaient devenus les alliés des colons et leur servaient  de guide pour capturer d’autres africains et les conduire en Amérique où ils servaient d’esclaves aux colons. Autrement dit, c’était les Africains traumatisés et rendus passifs par la violence des Européens qui capturaient leurs propres frères pour les vendre aux colons.   Cette méthode s’est répétée durant la colonisation. Les Africains étaient encore les guides des Européens contre leurs propres frères et conduisaient avec zèle la répression de ces derniers et les travaux forcés pour le compte de l’homme blanc.  Cette méthode est toujours pratiquée par l’occident jusqu’aujourd’hui sans que les Africains ne se posent de questions à ce sujet afin de rechercher des solutions appropriées pour y mettre fin.

Depuis les années d’indépendance, la technique d’endormissement répressif des consciences a pris une nouvelle forme avec l’usage de coups d’Etat, de rebellions et guerres civiles en Afrique à travers la manipulation et division des consciences africaines, et exécutés par les moistes,  pour maintenir et continuer le pillage de ces ressources ou matières premières du continent noir. Cet endormissement répressif est la cause de la passivité, l’indécision et la souffrance intérieure des Chefs d’Etats Africains qui sont pris en otage par l’impérialisme. Les Chefs d’Etats Africains sont présidents avec des portefeuilles vides puisqu’ils sont détenus et rendus psychologiquement dépendants de l’occident et par l’occident dont le but est de les rendre dociles et obéissants. 

Tous les écrits Africains n’ont jamais pensé à trouver des solutions pratiques à cette méthode d’endormissement répressif qui endeuille l’Afrique et la maintient dans la dépendance psychologique et économique.  Cette méthode est utilisée depuis l’esclavage jusqu’a nos jours et personne n’y pense véritablement. Nous la subissons au quotidien et l’occident ne change pas cette technique qui marche bien pour eux. Les Africains, au lieu de chercher des remèdes appropriés à cette méthode, sont résignés à l’impasse, dorment et subissent le feu des armes européennes et américaines produites avec nos matières premières.

L’une des ambitions de cet article est de proposer des tentatives de solutions à cette pratique meurtrière et aussi inviter les intellectuels Africains à rechercher des voies et moyens pour la sortie de prison de nos Chefs d’Etats et pour notre liberté. Cela doit être une nécessité vitale pour tout intellectuel Africain pour le bonheur du continent noir, car les solutions au sous-développement africain ne VIENDRONT JAMAIS de l’occident mais de nous-mêmes, puisque l’Europe et les Etats Unis n’ont aucun intérêt à voir l’Afrique libre et économiquement puissante. Les économies Américaines et Européennes sont des économies saprophytes. Les saprophytes sont des végétaux comme le champignon qui n’ont ni tiges, ni racines mais qui vivent aux dépens des pourritures de leurs cohabitants. Ce sont des économies dans le coma et qui vivent grâce au ballon d’oxygène que constituent les matières premières Africaines. Il suffit que la provision d’oxygène s’arrête pour que ces économies puisantes s’écroulent. Les Américains et Européens le savent très bien, raison pour laquelle la méthode de brutalité est toujours utilisée contre l’Afrique depuis l’esclavage. Nous devons y trouver une solution appropriée et durable mais non de continuer à pleurnicher et demeurer des mendiants et des assistés éternels.

 

  1. L’endormissement pacifique des consciences des peuples colonisés

L’endormissement pacifique des consciences consiste à transformer le colonisé par la non- violence en un individu complexé et passif et qui doute de lui-même. L’endormissement pacifique des consciences est la forme la plus dangereuse. Elle produit chez le colonisé des conséquences psychologiques qui peuvent durer des millénaires.  Elle a conduit les Africains à une instabilité culturelle et psychologique et à l’abandon de leurs consciences aux mains des colons. L’endormissement pacifique s’opère par le brigandage psychologique et la destruction de la culture des autres. Elle consiste à nier et à dénigrer les cultures des Africains et à leur imposer à travers la méthode de persuasion, les cultures et valeurs occidentales qui n’ont rien à avoir avec nos coutumes et traditions.  Ceci est confirmé par  Freire (2005) qui décrit la colonisation comme une “invasion culturelle” à travers laquelle les envahisseurs pénètrent dans le contexte culturel d’autres groupes au  mépris des potentialités de ces derniers; ils imposent leur propre vision du monde à ceux qu’ils ont envahi et inhibent la créativité des peuples envahis en freinant leur expression”.

Pourtant, la culture d’un pays est la base de tout développement économique et le reflet de cette culture. Le vecteur culturel de ce développement est la langue ou le langage. Donc détruire la culture d’un continent, c’est détruire ou compromettre son développement économique. Cette méthode d’endormissement pacifique basée sur l’usage de la psychologie a été mise en pratique par les missionnaires religieux chrétiens. Ceux-ci avaient pour tâche, détruire pacifiquement les cultures africaines par l’évangélisation et la promesse d’une vie éternelle et somptueuse dans l’au-dela. Il était conseillé aux Africains d’accepter de vivre pauvres, sans travailler pour être heureux plus tard dans les cieux. A travers l’évangélisation, les missionnaires chrétiens faisaient des dons aux Africains sous forme de bienfaisance, mais avec pour but d’attirer le noir, lui faire changer de culture et le rendre psychologiquement et matériellement dépendant de l’occident sans aucun effort ni travail. Avec ces dons gratuits, l’homme noir a fini par créer une association entre le manque d’effort et la réception de l’aumône des occidentaux et il a transformé cela en pensée, en comportement et habitude.  Cela correspond en psychologie au conditionnement classique de Pavlov qui a entraîné des chiens à créer une association entre le son d’une cloche et la venue de la nourriture. Au départ, les chiens ne salivaient pas lorsqu’ils entendent le son de la cloche. Mais quand le son de la cloche est suivi de la nourriture de manière répétée, les chiens salivent déjà bien avant l’arrivée de la nourriture. Ils ont fini par saliver au seul son de la cloche même s’il n’est suivi de nourriture.  C’est bien le cas des Africains.  Et si l’on observe le comportement des Chefs d’Etats Africains aujourdhui, il est a celui des chiens conditionnés de Pavlov. Nos présidents, au lieu de travailler dur et bien gérer ce que nous avons, sont toujours tournés vers les Etats-Unis et l’Union Européenne pour attendre sans efforts des aides empoisonnées qui les placent sous le contrôle et les cannons et bombes des occidentaux.

L’endormissement pacifique consiste aussi à créer le doute et le complexe d’infériorité chez le colonisé avec pour but que ce dernier abandonne sa conscience aux mains du colon.  Cela s’effectue par le conditionnement des mentalités Africaines. Le conditionnement consiste à entraîner ou enseigner un individu afin qu’il se comporte d’une certaine manière selon les objectifs que l’on veut atteindre.

Selon les théories de l’apprentissage et les théories cognitives en  psychologie, si l’on répète par exemple à un enfant en longueur de journées qu’il est stupide, il va douter de lui même, devenir complexé, et finir par se convaincre qu’il est effectivement stupide et incapable de faire de bonnes choses et réussir. Si l’on dit au même enfant qu’il est intelligent et capable de réussir, il va effectivement croire en lui-même et travailler pour réussir. Mais les psychologues de la Colonisation tels que André Ombredane et bien d’autres ont décidé d’utiliser le conditionnement négatif qui consiste à humilier l’homme noir, le qualifiant de singe, de non-intelligent et ayant un langage pauvre en “notions sémantiques” sans toutefois nous définir ce qu’ils entendent par “notions sémantiques”. 

En vérité, les notions sémantiques, ce sont les mots abstraits ou tout simplement les mots. Selon eux, l’Africain n’est pas intelligent parce qu’il est incapable d’utiliser les mots ou le langage pour raisonner ou s’exprimer.  Ils soutiennent que l’Africain utilise le langage des singes, c’est à dire les onomatopées qui n’ont aucun sens et que l’on ne peut comprendre.  Et cela forme la base du racisme contre l’homme Noir perçu commun un animal sauvage, un être primitif et sans culture aucune qu’il faut civiliser, dompter et dominer.  Et le rôle civilisateur de la colonisation a été confié aux missionnaires catholiques, dont les églises ont fini par rendre l’ Africain, l’homme le plus perdu de la planète et sans repère. Aujourdhui, les Africains remplissent les églises dans un désespoir total et avec pour but d’un miracle qui transformera leur vies, et qui d’ailleurs, ne se produit jamais.

En fait, chaque peuple a une langue qui lui est propre.  L’incapacité de comprendre cette langue ne veut pas du tout dire que ce peuple n’est pas intelligent. Mais cela traduit  au contraire le manque d’intelligence de Ombredane et de ses amis, mettant ainsi en exergue qu’il était véritablement l’ombre d’un âne, parce qu’il fallait être un âne comme lui pour tirer de telles conclusions sur les Africains puisque lui et ses amis sont moins intelligents que les Brillants Pharaons d’Egypte qui ont inventé, plusieurs siècles avant Jésus Christ, l’écriture (les hiéroglyphes), la science, la médecine, ingénierie et les mathématiques et ont faire construire les Pyramides qui font la fierté de l’Egypte d’aujourd’hui et de l’Afrique.

En effet, si les Africains se considèrent comme pauvres et incapables de se développer eux-mêmes, ce n’est pas un effet du harsard. C’est bien parce que nous avons été tellement conditionnés par l’occident à l’idée que nous sommes pauvres, non-intelligents et incapables de faire quelque chose. Ils ont castré notre instinct de créativité par la violence et le lavage de cerveau à travers le catholicisme.  Finalement, nous avons fini par nous convaincre que nous sommes effectivement non intelligents, pauvres et incapables de penser par nous mêmes et nous développer sans eux. Les discours des Chefs d’Etats Africains en constituent la preuve. C’est donc pourquoi les Chefs d’états Africains sont toujours tournés vers l’Europe et les Etats-Unis pour pleurnicher et mendier malgré les humiliations qu’ils subissent face à l’occident.  C’est aussi pourquoi l’ancien président Français Jacques Chirac disait que la démocratie est un luxe réservé aux peuples civilisés et que l’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie. Pourtant, l’écriture, les mathematiques, les sciences et la médecine sont toutes nées en Egypte, en Afrique du Nord et volées par les Grecs qui en sont devenus les inventeurs par la déformation et le torpillage de l’histoire.  L’Africain croît également qu’il ne peut pas bien gérer, qu’il ne peut rien construire et attend tout et consomme tout de l’occident.

Et c’est ce complexe d’infériorité qui a, par exemple, poussé le défunt président Félix Houphouet Boigny de la Côte d’Ivoire à dire ceci en croyant donner une pensée intelligente: “la France est la chance de l’Afrique et l’Afrique est la chance de la France”. Il ignorait complètement que la mentalité et l’objectif du colon ne sont jamais pour enrichir le colonisé mais plutôt pour l’appauvrir et le maintenir dans la dépendance.  La preuve de ce point de vue est donnée par Oscar Mannoni (1990) qui disait dans (“Prospero and Caliban: Psychology of Colonisation”) que le but de la colonisation n’est jamais pour enrichir le colonisé mais plutôt le rendre pauvre, psychologiquement, économiquement et politiquement dépendant du colonisateur”.

Sur la base de cette évidence, il est important de comprendre que si les pays colonisés sont dévéloppés, l’influence et la puissance des pays colonisateurs n’existeront plus. Il y aura une parité dans les rapports économiques et même politiques entre le colonisé et l’impérialiste.  Leurs économies seront asphyxiées et vont s’écrouler. C’est cela qui justifie le maintien de l’Afrique dans la médiocrité par le colon à travers le néocolonialisme qui fonctionne sur des mécanismes de contrôle financiers et militaires, la globalisation dont Facebook fait partie comme moyen de contrôle. Vous comprendrez que cette peur qui fait que la France se bat par tous les moyens pour maintenir l’Union Européenne  afin de se protéger contre toute catastrophe économique, si les Africains arrivent un jour à lui fermer ses réseaux, car l’économie française est agonisante et vit sous le ballon d’oxygène des ressources africaines et du Franc CFA.

Il est clairement évident que vous comprendrez avec moi que cette vision d’Houpouet Boigny fut donc l’origine de la “françafrique” qui est son propre terme, et des réseaux mafieux  ou Reseaux Focard de la France contre les Présidents Africains.   Elle a aussi conduit à l’abandon de nos consciences aux mains de la France pendant que Sékou Touré de la Guinée et bien d’autres leaders Africains de l’époque refusaient l’indépendance piégée, offerte par la France et appelaient pour une indépendance totale de l’Afrique et la formation des Etats-Unis d’Afrique.   Mais il a été forcé par la France avec des coups Etats répétés à devenir sanguinaire contre ses propres frères et sœurs pour lesquels ils s’est battu au départ, et a fini par être classé au rang de dictateur.

En effet, ce qui détermine un être humain, c’est bien sa conscience. Et lorsqu’on laisse cette conscience aux mains des autres, on n’est plus soi-même. En conséquence, on est manipulé, guidé, contrôlé et exploité selon les besoins, les intérêts et la volonté d’autrui. Cela veut dire que l’on n’est plus libre et indépendant d’esprit. On devient psychologiquement, politiquement et économiquement prisonnier, malléable et dépendant d’autrui. Tout nous est dicté par autrui. Notre comportement nous est dicté car le comportement qui découle de la conscience, c’est à dire de la pensée. On se fait insulter par autrui qui est devenu notre maître. On n’a plus de dignité. C’est donc pourquoi le petit Emannauel Macron a récemment insulté publiquement le Président Bukanibé lors de sa visite au Burkina Faso. C’est également pourquoi l’ex-président Français Valery Giscard D’Estaing a enceinté la femme de l’ex-Président Centrafricain Jean Bedel Bokassa afin que celui-ci reste reste au pouvoir dans son pays.  Et c’est le même Gisgard d’Estaing qui a renversé Bokassa du pouvoir.  C’est également la raison pour laquelle l’actuel Président Américain, Donald Trump traite les pays Africains de “merde”. Rien ne se fait au harsard. Pourquoi ne traite-t-il pas l’Inde un petit pays par rapport à l’Afrique, de merde? L’Inde est une puissance nucléaire qui va dans l’espace comme les Etats-Unis, Trump le sait. Pourquoi ne le fait-il pas au Pakistan qui est une puissance nucleaire comme les Etats Unis?

  1. La méthode du désordre

La méthode du désordre employée par l’impérialisme et repose sur le moïsme.  Le terme “moïsme” est un mot zouglou apparut en 1990 à la Cité Universitaire de Yopougon en Côte d’Ivoire.  Le Zouglou, c’est la musique créée en 1990 par les étudiants de Côte d’Ivoire pour protester contre les mauvaises conditions de vie et d’études  en milieu universitaire et contre le manque de démocratie et de liberté d’expression dans le monde estudiantin et dans tout le pays.

Pour ceux qui ne savent pas ou savent peu, le Zouglou repose sur une philosophie appelée la “Zougloutique”. Cette philosophie est le cadre de pensée et de recherche des pas, des sons et du vocabulaire Zouglou. C’est aussi le cadre de discussion et d’orientation politique, économique, sociale et culturelle de cette musique. La Zougloutique était incarnée par l’ACPZ (Association Culturelle pour la Promotion du Zouglou) dont je faisais partie avec Martial Siaka,  Yéo Navigué, Blé  Goudé Charles, Nicaise de Bessou et bien d’autres. En général le mot “moïsme” dérive du terme “moi” qui veut dire “ego” ou “je”.  Donc, le moisme c’est la doctrine de celui qui ne pense qu’a lui seul et ses intérêts. Et toute personne qui pense et se comporte ainsi est un “Moiste”.  Le moiste est un homme méchant, rancunier, aigri, jaloux, égoïste, tribaliste. Le moiste se prend pour le centre de la terre. Il se veut partout et nulle part en même tant. Le moïste écrase les autres et veut tout dominer. Le moïste a peur de perdre ses interêts et attaque et détruit par anticipation ceux qu’il voit comme des dangers contre sa survie. Ces caractéristiques étaient réunies en Houphouet Boigny. Pour dénoncer les abus de son régime, le Zouglou l’a donc qualifié de moïste ou “Gboklo Koffi” qui était le titre du premier album des “Parents du Campus”, l’orchestre musical des Etudiants de Côte d’Ivoire.

Toutes les caractéristiques du moïste sont en fait identiques à celles du Colonisateur.  Cela veut dire que le colonisateur veut être maître de tout,  avoir tout pour lui seul, et écrase tous ceux qui s’opposent à ses intérêts ou perçus comme des menaces contre ses intérêts.  Pour protéger et pérenniser ses intérêts, le colonisateur veut se voir partout. A cet effet, il forme des gens qui sont à son image pour représenter et défendre ses intérêts.  Cela m’a conduit à la classification des moïstes en différentes catégories qui renferment le moïste supérieur qui est le colonisateur ou l’imperialiste, le moïste local qui sont les chefs d’Etats installés au pouvoir dans les différents pays Africains et ailleurs à son image; les moistes dérivés qui sont les enfants des chefs d’Etats africains et qui sont imposés au pouvoir par les colons suite à la mort de leurs pères, les moïstes subalternes que sont les ministres, les forces armées, la gendarmerie et la police, et qui sont utilisés pour faire les coups d’Etats et les rebellions. Il y a aussi les moïstes non-conformistes. Ceux-ci sont dans l’appareil du colonisateur, mais ils constituent un danger contre les intérêts du colonisateur. A la différence des autres moistes, les moistes non-conformistes sont récalcitrants et têtus, ils ont un penchant et amour pour leur peuples.  C’est le cas de Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Kouame Nkrumah, Sekou Touré et Laurent Gbagbo.

En général, tous les moistes subissent le même sort par l’occident lorsque les intérêts du colonisateur sont menacés. Le colonisateur les taxe de dictateurs de tribalistes et anti-Européens et Américains et procède donc à des coups Etats, des rebellions et des guerres civiles pour créer le désordre.  Car, l’ordre incarné par la démocratie vraie que nous nous réclamons en Afrique n’arrange pas du tout l’impérialisme. La démocratie vraie, mais non celle taillée sur mesure par l’occident, suppose et repose sur le respect des droits et des intérêts du peuple et l’égalité entre les peuples. Elle est l’opposée de la démocratie occidentale qui est le pouvoir du peuple, par le peuple et contre les peuples Africains, c’est a dire celle que le colon veut en Afrique. Cela veut tout simplement dire que la démocratie vraie dont nous parlons dans cet article n’arrange pas du tout le colonisateur. Car, il voit ses intérêts disparaître si cette démocratie vraie est un jour installée en Afrique.  D’où la manipulation des présidents et opposants Africains pour créer des rebellions et guerres civiles sur des bases tribales et ethniques qui n’existent pas du tout dans la réalité, et créer ainsi le désordre. Et lorsque le désordre est installé et que les Africains s’entre-tuent, l’impérialisme en profite pour vendre ses armes aux différents groupes en guerres, et entame un pillage accéléré de nos richesses. Il met fin aux affrontements entre les Africains lorsque il a temporairement atteint la quantité de nos matières premières dont il a besoin pour faire vivre ses propres citoyens et ses industries.

Cela veut dire que la démocratie que impérialisme réclame en Afrique n’est que du beurre de coco dans nos yeux et un moyen pour semer du désordre et voler nos biens. Sinon, un homme comme Laurent Gbagbo et bien d’autres Africains n’auraient jamais été kidnappés et emprisonnés à la CPI; car il n’y a pas en Afrique un individu réellement démocrate plus vrai que cet homme injustement emprisonné. De ma vie scolaire jusqu’à son arrestation par l’armée française en 2011, j’ai vu un homme constant, humble et humain au service de son peuple et de l’Afrique.  C’est un moiste comme tous les autres, mais il est un moiste récalcitrant, têtu et courageux qui a l’amour de l’Afrique en lui. Oui, on peut retirer un homme de son pays et l’emprisonner en Europe, mais on ne peut jamais retirer son pays de lui.  Nous devons donc mettre fin au moïsme en Afrique, non pas par la guerre mais par une révolution des mentalités et j’invite les intellectuels africains à véritablement remuer leurs méninges pour l’émergence de la démocratie vraie et l’émergence technologique, scientifique, économique et politique de notre continent, car l’ordre en Afrique n’arrange pas la France, les Etats Unis et les autres pays colonisateurs.   Dans ce processus de transformation des mentalités que je propose, les journalistes, lesquels sont d’ailleurs très mal payés en Afrique doivent prendre conscience de cet état de fait, et renoncer à la constipation mentale, la prostitution alimentaire et professionnelle, à la pyromanie tribale et tribaliste, et jouer enfin un rôle capital politique, culturel, social, économique et scientifique pour la liberté des pays Africains.

Toutefois, force est de noter que les facteurs extérieurs observés ne sont pas les seules causes du sous-developpement économique de l’Afrique. Il y a aussi la responsabilité des Africains eux-mêmes, et cette responsabilité est décrite sous-dessous.

  1. LES CAUSES PSYCHOLOGIQUES INTERNES À L’AFRIQUE ET LEUR IMPACT SUR SON DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

Certains pays du monde qui ont connu la colonisation tout comme l’Afrique sont aujourd’hui bien en avance par rapport au continent noir. Ce qui est choquant, c’est que l’Inde qui est un petit pays par rapport à toute L’Afrique et qui a été colonisé tout comme l’Afrique, a reussi, à se hisser au plan économique mondial  et se positionner aujourd’hui comme une puissance nucléaire. Il en est de même pour le Paskistan.  La Malaysie qui a eu son indépendance en 1964 au même moment que le Malawi est beaucoup plus avancée économiquement que ce pays africain anglophone. En général, la plupart des pays Asiatiques qui ont subi la colonisation comme l’Afrique, sont mieux positionnés économiquement que notre continent.

Cela veut dire qu’en Afrique, il y a quelque chose qui ne va pas du tout. Alors, il est désormais vital que les Africains se remettent en cause et recherchent les origines de leurs problèmes en eux-mêmes, mieux qu’ailleurs.   Car continuer éternellement à indexer l’occident de nos problèmes, c’est faire une erreur de jugement et s’enliser dans le retard économique et la pauvreté.  L’accusation continue de l’occident démontre tout simplement que l’Africain est incapable de créativité et d’innovation confirmant ainsi toutes les thèses européennes jusque là soutenue que l’Africain n’est pas intelligent.

Souvent à travers les réseaux sociaux, je lis des déclarations de mes frères et sœurs Africains au sujet de notre dignité bafouée par l’occident. Oui, cela est vrai. Cependant, pour ma part, être digne n’est pas toujours accuser autrui de notre mal. Etre digne, c’est avoir la  capacité et la volonté de faire son autocritique, se remettre en cause pour y déceler ce  que nous avons de positif, et aussi identifier nos faiblesses qui nous bloquent dans notre élan et en tirer des solutions appropriées pour aller de l’avant. Continuer à indexer l’occident de notre retard, c’est se montrer ridicule après plus de 60 ans d’indépendance octroyée mais non acquise. Nous n’avons plus à démontrer que l’Afrique est le berceau de l’humanité et à montrer que nous sommes intelligents, mais à poser des actes constructifs qui témoignent de notre intelligence afin de sortir de la pauvreté dans la quelle on aide l’occident à nous enfoncer. L’écricain Nigérian Wole Soyinka ne disait-il pas que le tigre ne clame pas sa tigritude, mais il attrape sa proie et la dévore?

En effet, l’observation quotidienne de l’Africain, des Chefs d’Etats Africains au paysans montre qu’il y a un véritable problème de mentalité en Afrique. Cela n’est pas une injure mais une réalité, un fait concret. Je voudrais donc ici prendre le risque de mettre en évidence comment les mentalités des Africains compromettent l’émergence et le développement économiques de l’Afrique.

En effet lorsqu’on parle de mentalités d’un peuple, il s’agit tout simplement de sa manière de penser et de se comporter.  Le comportement c’est l’ensemble des actes que nous posons. Il est donc l’expression ou la traduction externe de ce que nous avons dans la tête, c’est à dire notre façon de penser ou notre mentalité. On ne prend pas de comprimés Viagra pour devenir économiquement fort et puissant, car le développement économique et industriel est le reflet externe de notre manière, de nos mentalités. Le développement économique d’un pays est un comportement qui dépend de cela, c’est a dire des mentalités positives. Le développement économique d’un pays ou d’un peuple est donc strictement lié aux mentalités de ce peuple.

D’une part, force est de reconnaître que l’Africain est un être très intelligent et courageux, mais il est très complexé et ne croit pas en lui-même. Comme il a été souligné plus haut, pour avoir un individu, ce n’est pas en lui donnant de l’argent, mais c’est en possédant son âme, c’est a dire sa mentalité, sa manière de penser et se comporter. Le développement économique est donc un état  d’’esprit, un état psychique qui ne peut être emprunté des autres ou du monde, mais de soi-même.  Or si cet état psychologique est aux mains des autres, ceux-ci guident notre psychologie et nous oriente dans telle ou telle direction selon leurs besoins mais pas  les nôtres. On est actionné par cette personne à commettre des crimes humains ou économiques en fonction de ses intérêts. Ce qui fait de l’homme ce qu’ il est, c’est bien son âme. C’est elle qui dirige notre vie. Et si cette âme est aux mains de quelqu’un d’autre, nous ne vivons plus par nous-même. C’est cela le cas de l’Afrique parce que les africains ont abandonné leur âme aux mains des occidentaux; ils ne sont plus maîtres de ce nous faisons au quotient.  L’Africain est perdu et se cherche. Nous ne savons pas où nous allons.  Les chefs d’Etats qu’on nos impose et sur qui nous comptons sont tous perdus dans l’espace. Ils nous pilotent sans direction. Les pays comme l’Inde, la Corée du Nord, le Pakistan, la Malaysie qui ont un niveau de développement plus élevé que tous les pays d’Afrique pris ensemble connaissent la décolonisation des mentalités avant leur émergence économique. Et tant que l’Afrique ne subit pas cette décolonisation mentale, son développement économique ne sera qu’une vue de l’esprit.

Mais malheureusement, l’intelligence de l’Africain fonctionne à l’envers et est plus tournée vers le mal et la destruction. Les mentalités africaines sont faites d’égoïsme, de méchanceté, de jalousie, d’hypocrisie, d’aigreur et de manque de solidarité. Et cela constitue ce que j’appelle le code génétique social (CGS).   de l’Africain. Ce code génétique social est caractéristique de tous les Africains.  Par exemple, si on met deux Africains en face d’un Blanc, ils vont se torpiller, se dénoncer et se vendre  chez lui pour  lui montrer que l’un est mieux que l’autre.  Et lorsque deux blancs en face d’un noir, les deux se mettent ensemble pour torpiller le noir. Ils sont solidaires en face du Noir, même s’ils sont de pays différents.  Au niveau des chef d’états Africains, c’est exactement la même chose et nos pays en souffrent.

 

L’économie Africaine souffre des problèmes psychologiques, c’est a dire des mentalités des Africains, surtout de celles de nos dirigeants. Créés  et formés à l’image du colonisateur, les leaders Africains ont pour modèle le Colon.  Or la caractéristique principale de l’impérialisme c’est le vol des biens des autres au mépris de ceux-ci.   Cela apparaît clairement dans les actes de nos dirigeants qui pillent sans merci nos ressources au mépris de leurs citoyens qui croupissent dans la misère, sans accès à l’eau potable, à l’électricité, à l’éducation de bonne qualité et aux soins médicaux qui sont des droits élémentaires de l’homme.     Tous les présidents Africains, excepté Georges Wéah qui lui vient d’être élu au Liberia (wait and see), se comportent presque de la même manière. Par exemple, le président Felix Houphouet des choses très graves, mais qui échappaient à la conscience collective. Il était applaudi  par les Ivoiriens et qualifié de sage d’Afrique par les occidentaux.   Dans le cadre de sa philosophie de la paix, il disait par exemple et je cite: “ je préfère l’injustice au désordre”“On ne regarde pas dans la bouche du grilleur d’arachides”.  Pour les non avertis, cela était bien pour maintenir la paix sociale.  Oui, il est besoin de reconnaître que la paix sociale est une condition primordiale pour tout développement économique dans un pays. Cependant ces deux citations d’Houphouet-Boigny étaient dangereuses et voilaient les vraies ambitions du défunt président.  C’etait l’aspect latent de ce qu’il voulait dans la réalité.   L’idée qu’il préfère l’injustice au désordre voudrait au plan manifeste et psychologique signifier que Houphouet préférait le désordre à l’ordre, car l’injustice aboutit nécessairement au désordre. L’ordre suppose un Etat véritablement démocratique, et dans lequel le peuple est maître de tout, et on doit lui rendre compte.   Pour éviter tout état ordonné, Houphouet parlait de “démocratie à l’ivoirienne”, c’est à dire une démocratie dans laquelle il est le seul maître, sans l’existence d’une opposition quelconque et où le peuple doit se soumettre à lui et vivre selon ses humeurs.  Dans cette “démocratie à l’ivoirienne”, c’est l’injustice et le désordre qui sont les règles du jeu. Mais le désordre houphouétique était bien minutieusement ordonné et reposait sur la profession de la paix. Toutes les velléités politiques visant à la démocratie vraie étaient massacrées dans le sang pour instaurer la peur au sein du peuple. Le génocide des Guébies de la région de Gagnoa dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire en est un exemple concret. Dans ce désordre scientifique, Houphouet pillait les ressources de la Côte d’Ivoire avec la France et il n’avait pas de compte à rendre au peuple. Et puisqu’il était le gérant des biens ou le grilleur d’arachides de la Côte d’Ivoire, personne ne pouvait regarder dans sa bouche.  Ses ministres volaient et surfacturaient leur budgets, Les directeurs de services et d’entreprises d’Etats volaient et faisaient des détournements de deniers publics de manière impunie.  Et puisque Houphouet préférait l’injustice au désordre, tous ceux qui volaient les biens de l’Etat  étaient promus à des hauts postes où ils volent encore plus.  Cela est observable aussi en Guinée, au Mali, Burkina Faso, Cameroun et partout en Afrique.

 

Le pire dans cette situation est que les biens volés au peuple étaient investi en Europe et aux Etats -Unis d’Amérique qui souffrent déjà sous le poids du bonheur et n’en ont pas besoin. L’argent de la Côte d’Ivoire est concentré dans les banques Suisses et Françaises.  Houphouet a même déposé au Vatican en Italie plus de 1000 milliards d’Euros pour des raisons qui nous sont jusqu’à présent inconnues. Et cet argent ivoirien au Vatican constitue l’une des causes des nombreux coup d’Etat contre le régime de Laurent Gbagbo, de la rébellion et de la guerre civile qui a frappé la Côte d’Ivoire.

 

En clair, les coups d’état, la rébellion et la guerre civile en Côte d’ivoire avait pour but la restauration du désordre houphouétique perdu avec l’arrivée de Gbagbo au pouvoir.  Gbagbo demandait aux entreprises françaises et Américaines de payer leurs taxes à l’état ivoirien. Ce qui ne se faisait jamais sous le désordre houphouétique.  Le désordre étant réinstallé en Cote  d’Ivoire par les bombes de Sarkozy sur la manipulation des  divisions ethniques et religieuses non existantes dans la réalité, la France  et le régime Ivoirien pillent à merveille les richesses de ce pays pendant que les populations tirent le diable par la queue pour se nourrir.  Aujourdhui, ceux du nord de la Cote d’Ivoire qui ont étés manipulés par la France pour les armes contre Laurent Gbagbo, se voient expulsés de leurs terres, maisons et magasins au profit des étrangers du Burkina Faso, des Libanais, Chinois et bien d’autres. Cela arrivera un jour, si l’on y prend pas garde en Guinée Conakry avec les tensions politiques et syndicales à caractère ethnique. Il est aussi temps que les guinéens ouvrent leurs yeux pour éviter le drame ethnique ivoirien et du Rwanda. Les jeunes Guinéens qui sont esclaves en Libye et meurent dans la méditerranée sont de toutes les ethnies Guinéennes. Ce ne sont pas les ministres ni les leaders de l’opposition qui sont esclaves en Libye et périssent dans la mer.

 

Les réalités socio-politiques et économiques étant identiques en Afrique, et les présidents Africains étant à l’image des moïstes supérieurs ou les colonisateurs, force est donc de reconnaître que les dirigeants africains opèrent de la même manière.   Par exemple, Mobutu était tout puissant au Zaire avec toutes les richesses de son pays. Il a sauvagement investi en Europe pendant que son peuple souffrait dans la misère.  Cela met L’Afrique en retard. Investir l’argent de l’Afrique dans les pays européens qui n’en ont pas besoin est une preuve d’intelligence renversée, car ce argent et tous leurs biens immobiliers et bancaires restent les propriétés de la France, de l’Angleterre et de leurs compagnons. Par exemple, Mobutu avait 80% des actions de Abbey Bank en Angleterre. Il était le propriétaire de cette banque. Et pendant qu’il était en difficulté contre la rébellion de Laurent Désiré Kabila montée par la France et la Belgique,  l’accès à son compte lui était interdit.  Même les petits banquiers lui raccrochaient le téléphone au nez. Et lorsqu’il a perdu le pouvoir, Abbey Bank a fait fusion avec d’autres banques anglaises pour devenir HSBC Bank dont il n’est plus actionnaire. Autrement dit, il a perdu son argent, l’argent du Zaire et de l’Afrique.  Pourtant cet argent pouvait aider à construire des hôpitaux, des entreprises, des écoles et des universités et à créer de l’emploi pour les jeunes.

 

En général tous les chefs d’Etat Africains investissent hors de l’Afrique. Ce comportement est l’opposé des leaders de pays Asiatiques tels que le Quatar, l’Inde, le Pakistan, le Singapore, la Malaysie etc. Et lorsque nos présidents meurent au pouvoir ou renversés du pouvoir, leurs biens sont  saisis et bloqués par l’occident sous le vocable de “biens mal acquis”, un terme néocolonialiste qui prive l’Afrique de ses biens et finance le mode  de vie des citoyens Européens et Américains.

 

Même si les dirigeants Africains sont complexés et non solidaires les uns des autres face au colonisateur, qui les obligent à investir hors de l’Afrique pendant que leurs peuples souffrent?  Quels militaires, gendarmes ou policiers les obligent à investir à l’extérieur?  Les Européens et Américains les obligent-ils à investir hors d’Afrique? Pourquoi ne pas investir chez nous? Cet argent Africain entassé à l’extérieur peut bien développer notre continent au plan technologique, scientifique,   militaire, éducatif et économique.

 

De tout ce qui précède, il est  important de retenir que l’occident est certes la cause lointaine et actuelle du retard économique de l’Afrique, mais les mentalités des chefs d’Etats Africains et des populations africaines sont en grande partie responsable de cette situation malheureuse dans laquelle nous sommes. Par exemple en Guinée Conakry, les chefs de service des sociétés d’Etat ou privées s’enrichissent à travers des surfacturations et des détournements de deniers publics de manière impunie depuis des décennies, pendant que les Guinéens souffrent et dorment dans l’obscurité totale, avec du courant qui vient les éclairer quand ils sont endormis, et qui disparaît au moment ou les gens en ont besoin. Pourtant la Guinée regorge des plus grands fleuves d’Afrique et est capable de fournir de l’électricité à toute l’Afrique de l’ouest. Cela est incompréhensible.   La corruption et la gourmandise cautionnées par les  Chefs d’Etats dans tous les pays africains sont des gangrènes qui retardent et empêchent le développement du continent.

 

L’implication de tous ces facteurs négatifs est une éducation pauvre en qualité servie aux jeunes, avec pour corollaires le chômage dû au tribalisme et au népotisme gouvernemental. Comment peut-on s’en sortir si les étudiants formés dans nos universités ne peuvent pas avoir du travail sur la base de leurs qualifications et expertises? De nos jours,  nombreux incultes occupent des postes et des emplois qu’ils ne méritent pas, mais y sont simplement en raison de leurs liens soit avec la présidence ou soit avec les ministres, ou directeurs centraux ou chefs de services. Tout cela a un impact sur nos économies.  Au plan culturel, comment peut-on s’en sortir si les sorciers passent leurs temps à  tuer les jeunes cadres qui peuvent développer leur régions et contribuer à l’économie de leur pays? Par exemple, beaucoup de jeunes intellectuels Africains en Europe et aux Etats-Unis, refusent de rentrer en Afrique non pas seulement à  cause du chômage, des mauvais salaires, mais aussi à cause de la méchanceté  et la jalousie des leurs amis, parents et autres qui sont prêts à leur faire du mal pour rien. Certains jeunes qui vont en vacances en Afrique reviennent en Europe avec des maladies mystiques qu’aucun médecin européen ne peut guérir. Cela est alarmant puisque nous, nous vivons cela au quotidien.    Pourtant, ces jeunes de la diaspora africaine aident de manière considérable leurs familles, amis, régions et diminuent les charges des gouvernements Africains qui n’ont aucune politique de prise en charge de nos parents.

 

Cette analyse bien que n’étant exhaustive, démontre clairement que le développement économique n’est pas un fait du hasard, mais il découle de la manière dont nous pensons.  Les rues, les avions, les industries, les ordinateurs, les voitures, les banques, les hôpitaux, les universités que nous avons importés sont les fruits de l’imagination et des mentalités des européens.  Si les Africains pensent que nous pouvons prendre des comprimés Viagra pour est fort économiquement, cela est un rêve qui ne sera jamais une réalité.

 

Il est donc nécessaire que les Africains se remettent en cause afin d’aller de l’avant car ce genre de mentalités que nous avons ne sortira jamais l’Afrique de l’obscurité. Même la démocratie vraie que nous réclamons ne servira à rien si nous restons dans ce même schéma psychique..

 

La deuxième partie de cet article sera consacrée aux propositions qui découlent des observations faites dans cette publication. Suivez donc pour la suite.

 

Par Anderson Loa

BSc (Hons). PGCE-PCE. MIFL. MSc

Professeur de Psychologie, Management & Fianance.

Angleterre.

Email: Andersonloa7@gmail.com

 

 

 

 

 

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