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Conakry continue de subir les ordures

Conakry continue de subir les ordures

Pour la petite histoire, c’est depuis la catastrophe qui a fait des victimes et d’innombrables  dégâts matériels, plongeant ainsi tout le pays dans la stupeur, que le gouvernement est monté alors sur ses grands chevaux pour tenter d’y faire face.

C’est dans ce cadre et afin de prévenir un autre sinistre, que le gouvernement a bénéficié de l’Union Européenne un financement de 35 millions d’Euros. Il faut souligner que l’UE est le principal partenaire de la Guinée dans le domaine de l’assainissement, à travers son onzième Fonds Européen de Développement (FED). Ainsi, au cours du premier trimestre 2018, un premier financement de 35 million d’euros a été validé et devra servir à la promotion d’une approche intégrée combinant l’assainissement solide et liquide, afin de s’attaquer au problème des déchets solides, obstacle majeur au bon fonctionnement du réseau d’évacuation des eaux, mais également au problème des déchets liquides avec la réhabilitation et l’optimisation des infrastructures d’évacuation des eaux pluviales.

Dans cette optique, il s’agira d’appuyer la professionnalisation des acteurs de la collecte et de la pré-collecte, l’aménagement des points de regroupement et de tri des ordures et la valorisation des déchets solides, toutes actions indispensables pour un meilleur assainissement de la ville et ses environs.

L’autre réalité préoccupante est le désenclavement de certains quartiers grâce à la réhabilitation et l’extension du réseau de drainage des eaux pluviales et de voirie afin de réduire les risques climatiques auxquels est confrontée la Guinée.

L’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique traine les pas

Face à l’imminence de la saison des pluies, relayée à cor et à cri par les médias, les citoyens, la société civile, une allocation financière d’urgence de près d’un million d’euros du Programme d’Appui à la Santé (PASA), financé par l’Union européenne et L’Agence Française de Développement a été accordée à l’Agence Nationale d’Assainissement et de Salubrité Publique (ANASP), à la requête du gouvernement. Il s’agit précisément d’un montant de 966 000 euros devant financer l’aménagement de la piste d’accès qui conduit à la décharge, en voie carrossable en toute saison et l’aménagement de huit casiers de dépotage des ordures et leur compactage pour sécuriser et optimiser l’espace . Les travaux ont démarré depuis janvier 2018 et dans les conditions normales, les ouvrages précités devraient être opérationnels ce mois de juin. Déjà, les premières pluies ont annoncé la couleur étant donné que notre capitale est aujourd’hui, le lieu de toutes les immondices avec leurs odeurs pestilentielles.

Des projets qui attendent encore

Dans la foulée, il n’est pas exagéré de dire que notre capitale figure parmi les plus insalubres de cette planète. L’incivisme outrancier des citoyens, l’insouciance des élus locaux, l’incompétence et l’inorganisation des services chargés de l’assainissement, l’assainissement relégué au second plan parce qu’aucune loi en la matière n’est appliquée, constituent les principaux freins qui handicapent le succès attendu.

Personne n’a cru, qu’après le sinistre du mois d’août à la décharge de la minière, que les autorités auraient continué dans l’attentisme béat alors que l’urgence du moment était la délocalisation de la décharge de la Minière. Le site de 100 hectares préalablement identifié à Coyah pour remplacer celui qui était prévu à Dubréka, peut dormir de son long sommeil.

Des financements en vue

Si le ciel ne nous tombe pas dessus, il est fort probable que la Banque Islamique de Développement(BID), lorgne du côté de la Guinée lors de son prochain conseil d’administration prévu les 30 juin et 1er juillet prochain à Djeddah. Une requête de 54 millions de dollars pourrait lancer un projet, qui va durer trois ans. Ce projet devra couvrir la gestion des déchets solides, le curage des caniveaux et les fosses septiques. Dans ce contexte la BID va financer l’achat des équipements dont des : camions, poubelles, un bulldozer pour la décharge, mais aussi le renforcement des capacités des PME.

Les contraintes ?

‘’La politique de qui pollue, doit payer’’ devrait être appliquée aux ménages de par leur abonnement rendu obligatoire  aux PME chargées de faire la pré-collecte, le transfert des déchets, le nettoyage des places publiques et des rues. Pour le réussir beaucoup de préalables sont à faire valoir notamment, la mise en vigueur et rigueur des lois en la matière. Aussi, réveiller la police de la salubrité. Une autre contrainte est de créer un corps unique de la salubrité comme une entité administrative réelle qui doit dans les conditions normales s’autofinancer.

En attendant, il faut se convaincre du fait que l’assainissement est une action de tous les jours et de tous les instants. Un minimum de dispositions est indispensable pour y parvenir.

Soleil/FM

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