24 juin 2019
Soleil FM

Déguerpissement : le marché de Lambanyi récupéré par le propriétaire des lieux

Guinée économie Infos

Le marché de Lambanyi était en effervescence dans la matinée de ce vendredi 14 juin 2019. Ce sont les femmes vendeuses qui exprimaient leur colère suite à la démolition de leurs étals et autres points de vente installés dans le marché même. Les opérations se sont déroulées dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon les informations recueillies sur place, la partie démolie serait une propriété privée. Les manifestantes ont été dispersées à coup de gaz lacrymogène des forces de l’ordre déployées sur les lieux.                               

Ces femmes auraient été réveillées par le bruit des machines aux environs de 03 heures du matin. Certaines d’entre elles disent avoir été alertées par des riverains du marché. Ces vendeuses partagées entre surprise et déception, ne cachent point leur ras-le-bol.

« Je me nomme N’natenin Condé. Nos places ont été revendues aux riches. Nous sommes venus trouvé des croix sur nos points de vente. Ils disent que cet endroit est une propriété privée. Toutes nos marchandises ont été détruites. On aurait appris que c’est Tchangui pêche qui a payé ce lieu. Mais c’est un complot mené par le chef de quartier ».                                    

« je me nomme Aicha Cissé. C’est dans la nuit ils sont venus avec les machines, ils ont détruits toutes nos marchandises. Aujourd’hui ils ont le pouvoir et nous, nous n’avons pas de moyens. Ils nous disent de faire comme bon nous semble ».

 

Jean-Marie Lamah est le fils d’une victime. Il revient sur les démarches que les femmes avaient menées depuis l’annonce de la nouvelle de déguerpissement.

« Le mercredi, la situation avait déjà pris une autre ampleur mais les femmes ne le savaient pas. Hier jeudi, ils sont venus mettre les croix sur les conteneurs. Les femmes sont venues les voir et ont entamé les négociations. Elles étaient justement jusqu’aujourd’hui sur les négociations. Du coup, à 3h du matin, ma maman a entendu du bruit. Quand elle est venue, elle a demandé aux forces de l’ordre que si c’est pour casser, j’aurai souhaiter que vous nous accordez deux à trois heures, le temps pour nous de libérer les lieux, puis elle est allée à sa table. Même pas 30 minutes, ils ont commencé à casser ».     

Au moment où nous quittions les lieux, ces femmes cherchaient encore dans les décombres le peu d’objets récupérables. Dans la foulée, nous avons tenté en vain d’entrer en contact avec le bureau du marché. Hélas, les locaux étaient fermés et point d’interlocuteur.

 

Simone OUENDENO

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