24 juin 2019
Soleil FM

Démission de Cheick Sako : et si la modification constitutionnelle n’était qu’un argument !

Guinée politique Infos

Il y’a normalement une semaine maintenant (20 mai – 27 mai) que le ministère de la justice est sans chef. C’est ce que révèle cette lettre de démission de Cheick Sacko, Ministre de la Justice en Guinée depuis 2014. Celui-là qui serait un grand ami du président de la République Alpha Condé,  justifie sa décision par son opposition à toute modification constitutionnelle. Mais ne serait-il pas entrain de voiler le réel motif de son départ du gouvernement ?

Dans une lettre adressée au chef de l’Etat Professeur Alpha Condé, Maître Cheick Sako qui a servi la Guinée en tant que Ministre de la justice, Garde des Sceaux pendant cinq ans cinq mois, a fini par jeter volontairement l’éponge. Invoquant des divergences avec le pouvoir en place notamment sur le projet d’une nouvelle Constitution, l’homme de droit a précisé n’avoir pas été associé à sa rédaction, ce dont il dit ne même pas soutenir à cause de ses convictions personnelles.

Cet aveu qu’il a fait depuis Montpellier en France, peut s’avérer vrai. On sait que l’idée d’une nouvelle constitution ne date pas d’aujourd’hui. Il est à rappeler que cette phrase du numéro 1 guinéen en mai 2016 qui a fait couler encre et salive, « Personne, je dis bien personne, ne me dira ce qu’il faut faire, excepté le peuple de Guinée. Je ne rentrerai pas dans ce débat de limitation des mandats », continue d’alimenter les débats quant à sa volonté d’être candidat à la présidentielle de 2020. Pourquoi alors continuer à faire chemin avec un groupe dont on ne partage pas la vision, s’est sûrement demandé M.Sacko.

D’ailleurs, le leader du Front Populaire pour le Développement soutient que plusieurs ministres doivent emboîter le pas au désormais ex-ministre de la justice guinéenne. L’ex-ministre de la communication qui vient de lancer une campagne pour la quatrième République estime que ces cadres qui ne sont pas pour une nouvelle constitution qui pourra permettre au locataire de Sékhoutouréya de continuer de présider les rênes du pays, ne sont pas dans l’esprit du Président. « Je demande aux autres ministres qui sont contre la nouvelle constitution de faire comme Cheick Sacko. Quand on est d’accord avec une initiative, on l’assume. Quand on n’est pas d’accord, il faut le dire haut et fort au lieu d’attendre que le président parte pour dire que vous avez soutenu le projet par solidarité gouvernementale et que vous le regrettez », dira Makanéra chez nos confrères de Vision Guinée.

De l’autre côté, Cheick Sacko affirme dans sa lettre que depuis le 4 avril dernier, il a demandé au Président Alpha Condé de le remplacer au poste de Ministre de la Justice, Garde des sceaux. Chose qui est restée sans suite. Mais pourquoi ce n’est que récemment qu’il décide de démissionner ? Pourquoi n’a-t-il pas suivi l’ex-ministre de la citoyenneté et de la paix Gassama Diaby après sa démission ? Pourquoi a-t-il continué à rassurer les guinéens sur une tenue effective très prochainement du procès relatif aux massacres du 28 Septembre 2009 ? Est-ce seulement maintenant qu’il s’est rendu à l’évidence de conséquences d’une nouvelle constitution ? Ou est-ce Amadou Damaro Camara son vrai problème ? 

Il est important d’analyser cette dernière question. Damaro, le sworn enemy (ennemi juré) des avocats de Guinée embrouille-t-il ce grand cadre de la République ? Tout porte à croire que les brouilles récentes entre le député et les hommes de droit serait la goutte d’eau qui a débordé le vase.

Parlant de l’arrestation d’un chef coutumier et des péripéties pour la libération de ce dernier, Damaro Camara  avait ouvertement déclaré : « notre justice a vraiment des problèmes ». Propos qui a heurté les magistrats. L’association des magistrats avaient convié la presse à Conakry pour réagir à cette sortie du député. Ce jour, elle a annoncé une plainte contre lui. On se rappelle que c’est le ministère de la Justice à la Tête Maître Cheick Sacko  qui s’est chargé de convier la presse « nationale et internationale » à cette conférence qui était prévue à la chancellerie. Le ministre donc s’adressera au président de l’Assemblée Nationale, demandant la levée de l’immunité parlementaire du député. Son courrier n’aura pas de suite favorable.  Et tout ceci fâche ! Surtout que le Président de la République y est resté muet ! Alpha Condé a-t-il pris parti ? N’avait-il pas son mot à dire ? 

La sortie de Damaro Camara est intervenu le 3 avril passé. Et c’est le lendemain que Cheick Sacko a parlé de son remplacement au chef de l’Etat ! Simple coïncidence ?

 

Reste à savoir qui sera le prochain remplaçant de l’homme de droit qui avait quand-même à sa manière, donné un certain mérite à cette justice guinéenne. En tout cas, les médias sociaux misent déjà sur Pr Togba ZOGBELEMOU, Professeur d’université, Avocat au Barreau de Guinée et ancien ministre, ou sur un éminent juriste issu du parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel. Le dernier mot revient à Alpha Condé qui vient de nommer Mohamed Lamine Fofana, ministre conseiller à la Présidence de la République, comme ministre de la justice, Garde des Sceaux par intérim.

 

THERESA MARIA SEGBAYA

 

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