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Journée de l’enfant africain et lancement de la campagne de l’UA pour la promotion de l’abandon du mariage d’enfants : discours de Sanaba Kaba

Journée de l’enfant africain et lancement de la campagne de l’UA pour la promotion de l’abandon du mariage d’enfants : discours de Sanaba Kaba

Conakry, le 16 Juin 2017

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;

Excellences Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique et des Organisations Internationales ;

Honorables députés juniors ;

Mesdames et Messieurs, les Représentants de la Société civile ;

Distingués invités ;

Chers Enfants de Guinée,

A l’entame de mon propos ce matin, je voudrais et que cela me soit permis d’adresser mes chaleureuses salutations ainsi que mes sincères remerciements à son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement et à sa délégation pour l’honneur qu’ils nous font d’être à nos côtés dans une atmosphère festive  pour la célébration d’un événement de portée continentale.

Notre pays, à l’instar de la communauté africaine, célèbre chaque année, le 16 juin, la Journée de l’Enfant Africain, instituée en juillet 1990, à travers la Résolution 1290 de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), aujourd’hui Union Africaine (UA).

 

Cette journée célèbre la mémoire des écoliers innocents massacrés à SOWETO, en 1976, par le régime raciste de l’apartheid alors au pouvoir en Afrique du Sud.

Au- delà de cette commémoration, il s’agit pour les États africains préoccupés par le bien-être de leurs enfants et partant, du devenir du continent, de marquer un temps de réflexion sur les conditions de vie des Enfants en Afrique.

 

Il s’agit également pour les Etats africains de faire le point sur la situation de violation des droits de l’enfant et de renouveler leurs engagements à prendre des mesures appropriées afin d’assurer davantage le mieux- être à l’enfant.

 

Pour la 27ème édition de la Journée de l’Enfant Africain, couplée  au lancement de la campagne nationale de promotion pour l’abandon du mariage des enfants, l’Union Africaine a proposé comme thème: « L’Agenda 2030 pour un développement durable en faveur des enfants en Afrique : accélérons la protection, l’autonomisation  et l’égalité des chances».

 

Mesdames et Messieurs ;

Distingués invités,

 

Respectueux de ses engagements internationaux d’une part, et ayant inscrit l’enfant au cœur de ses politiques et programmes de développement d’autre part, la Guinée consacre chaque année 30 jours à l’enfance guinéenne.

 

Au regard du constat fait au quotidien, la situation de l’enfant en Afrique particulièrement en Guinée doit être une préoccupation pour tous.

 

En effet, en plus d’être utilisés comme de la « chair à canon » dans nos guerres absurdes d’adultes, les enfants sont souvent exploités pour accomplir des tâches harassantes, au-delà de leur capacité physique. Ces actes inhumains sont souvent aggravés par des violences sexuelles et le mariage des enfants qui touchent particulièrement la frange féminine.

 

Selon les résultats de l’enquête MICS 2016, en Guinée, bien que la loi fixe l’âge minimum du mariage à 18 ans pour les filles et les garçons, 22,8% de filles sont déjà en union avant même d’atteindre l’âge de 15 ans et 54,6% de filles de 18 ans ont déjà contracté le mariage.

 

Cette pratique, au-delà des conséquences graves qu’elle provoque sur la santé de la jeune fille (lien avec grossesses précoces, VIH/SIDA, fistules obstétricales etc.), a des effets néfastes évidents sur son éducation, son épanouissement, son autonomisation, et sur sa vie tout entière.

 

Mesdames et Messieurs ;

Chers enfants,

 

Face à ce tableau concernant la situation de l’enfant en Guinée, en particulier de la jeune fille, l’Etat, à travers le Ministère de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance, soucieux de bâtir le développement autour d’une communauté saine et épanouie, a entrepris un certain nombre d’actions en direction des enfants, notamment : 

ü la révision de la politique nationale de l’enfance avec un plan de mise en œuvre qui s’étend sur 10 ans ;

ü la réalisation d’une étude socio anthropologique sur le mariage des enfants ;

ü l’élaboration d’un plan quinquennal de lutte contre le mariage des enfants ;

ü la révision de la loi portant code de l’enfant

 

Malgré ces efforts soutenus de l’Etat, il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre l’amélioration significative de la situation des enfants en général, et en particulier des jeunes filles.

 

C’est pourquoi, nous nous inscrivons dans la droite ligne du thème proposé à juste titre cette année par l’Union Africaine, pour plaider en faveur d’une synergie d’actions de toutes les bonnes volontés et à tous les niveaux (international, national, communautaire, individuel) pour apporter une réponse globale et multisectorielle sur les causes et les conséquences du mariage des jeunes filles.

 

Mesdames et Messieurs ;

Distingués invités,

 

Le Ministère en charge des questions de l’Enfance perçoit le phénomène du mariage des enfants que certaines pesanteurs culturelles rendent encore tenaces, comme un véritable défi à relever. Et c’est tous ensemble, avec vous, parents, enfants, partenaires que nous parviendrons à mettre fin à cette pratique néfaste.

 

Ainsi, pour envisager notre avenir commun avec optimisme, organisons nous pour accélérer, dans un effort collectif, la lutte contre le mariage de nos enfants avant l’âge requis, afin de les préparer à prendre une part active à la construction de la Guinée et de l’Afrique.

Aussi, voudrais-je inviter les communautés, les leaders religieux, les parents, en guise d’accompagnement des initiatives de l’Etat, à prendre la pleine mesure de leur responsabilité en faisant de la protection de leurs enfants une préoccupation de tous les instants.

 

Je ne saurais terminer sans réitérer le vibrant appel à la responsabilité collective pour une tolérance zéro au mariage d’enfants en Guinée, en Afrique.

 

Vive les enfants de Guinée et de l’Afrique

Je vous remercie

 

 

 

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

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