19 février 2020
Soleil FM
Guinée économie Infos

A la banque centrale de la République de Guinée, l’année 2019 a été marquée par des réformes principalement réalisées dans le domaine monétaire et des changes ainsi que de la supervision des Institutions financières. A cela s’ajoutent le développement des systèmes de paiement, la modernisation du système financier, l’inclusion financière et la coopération monétaire sous-régionale.

La première institution bancaire nationale en l’occurrence la BCRG exerce le privilège exclusif de l’émission des billets et monnaies ayant cours légal et pouvoir libératoire en République de Guinée. Elle met en œuvre la politique monétaire du pays. A la session budgétaire 2020 de l’Assemblée Nationale, dans sa communication, le gouverneur de la BCRG a présenté les résultats de la gestion monétaire et des changes de l’année 2019 et les perspectives pour l’année 2020. Dr Lounceny Nabé a tout d’abord fait un bref aperçu sur la conjoncture économique nationale et internationale avant de mettre un accent particulier sur les points essentiels qui ont jalonné les activités de la Banque Centrale en 2019.

 

Au niveau national, les prévisions du Ministère du Plan et du Développement Economique indiquent un taux de croissance du PIB de 6,3 % en 2019 et 6,1 % pour le nouvel an 2020. Cette performance serait due à plusieurs facteurs dont le dynamisme du secteur minier et l’amélioration de la production énergétique, mais surtout à la stabilité macroéconomique retrouvée grâce aux différents programmes économiques et financiers du pays, appuyés par la Facilité Elargie de Crédit, dira-t-il.

Selon le premier responsable de la BCRG, l’inflation en glissement annuel s’est située à 9,4 % à fin septembre 2019 contre 9,9 % à fin décembre de la même année. Ce niveau d’inflation serait principalement la résultante de la hausse du prix des produits alimentaires et énergétiques.

Dans cet environnement national et international, la conduite de la politique monétaire a, au cours des dix premiers mois de l’année écoulée, porté sur le maintien des conditions monétaires. Toute chose qui a contribué au renforcement de la stabilité macroéconomique, gage d’une croissance saine et durable. A cet effet, le taux directeur de la Banque Centrale est resté à 12,5 % et le coefficient des réserves obligatoires à 16 %. Ces deux mesures ont été appuyées par la mise en place d’un dispositif d’apport de liquidité d’urgence pour limiter les risques de faillite des banques temporairement illiquides, mais solvables, à en croire Dr Louncény Nabé.

La mise en œuvre de la politique des changes a été axée sur la défense de la valeur externe du franc guinéen par rapport aux principales devises de transactions, à travers une gestion accrue des réserves de change pour assurer la stabilité du taux de change, sans entraver sa flexibilité. Dans ce cadre, la BCRG a activé les enchères unilatérales. Elle a également supprimé la règle des proportions au Marché des Enchères Bilatérales de Devises pour passer à l’enchère pure, le tout pour renforcer la transparence du marché et unifier ses deux compartiments, par la réduction de la prime de change.

Grâce à ces actions, les principaux indicateurs monétaires et financiers se sont globalement améliorés. La masse monétaire a progressé de 12,2% par rapport à fin décembre 2018 pour s’établir à 27 768,03 milliards de francs guinéens à fin septembre 2019, imputable à l’accroissement simultané des avoirs extérieurs nets de 24,2% et des avoirs intérieurs nets de 7,8%. La progression de la masse monétaire est soutenue, en partie, par une expansion des crédits à l’économie d’environ 12%. Les réserves internationales brutes sont renforcées pour atteindre 4 mois d’importations de biens et services.

En dépit des tensions observées récemment sur le marché des changes, le cours du franc guinéen est resté relativement stable par rapport aux principales devises de transactions. Sur le marché officiel, il s’est situé à 9 005,00 francs guinéens pour 1 dollar et 10 542,15 francs guinéens pour 1 euro à fin septembre 2019 contre 9 084,80 francs guinéens pour 1 dollar et 10 405,734 francs guinéens 1 euro à fin décembre 2018. Les primes de change du franc guinéen se sont établies à 1,8% pour le dollar et 2,0% pour l’euro à la même période.

Dans le cadre de la supervision des Institutions Financières, la Banque Centrale a poursuivi les réformes engagées ainsi que ses missions de surveillance des banques, des compagnies d’assurance et des institutions de micro finance afin de s’assurer du respect de la règlementation prudentielle.

Dans le secteur bancaire, les actions de la BCRG ont porté principalement sur la stabilité du système financier, la révision des critères de notation des banques et des textes réglementaires, portant sur les ratios prudentiels fondamentaux, la mise en œuvre du plan comptable bancaire et ses documents annexes, dans le but de renforcer leur solidité et d’améliorer leur performance. Comme résultat, le produit net bancaire s’est consolidé de 20,1% par rapport à fin septembre 2018 pour s’élever à 1862,39 milliards de francs guinéens à fin septembre 2019. Les principaux ratios prudentiels sont respectés par les banques, notamment la norme du capital minimum fixée à 100 milliards de francs guinéens, le ratio de solvabilité, qui s’est situé en moyenne à 14,8 %.

Dans le domaine de la microfinance, pour renforcer le dispositif de surveillance du secteur, la BCRG a bénéficié d’une d’assistance technique du Trésor Américain dans l’élaboration d’outils permettant d’assurer une supervision efficiente des institutions de microfinance. Elle a également bénéficié d’une assistance technique du Fonds des Nations-Unies pour l’Equipement et la mise en place d’un cadre de dialogue et d’échanges entre les différentes parties prenantes du secteur, afin de lever les obstacles liés à l’amélioration de l’inclusion financière. Dans ce cadre, elle a organisé en mai 2019, une première série de dialogues sur l’inclusion financière en Guinée et en Afrique sous l’acronyme « DIAFIN », dont l’objectif est de mettre en exergue les actions entreprises par notre pays, pour un meilleur accès aux services financiers de base à nos populations, notamment à travers la digitalisation.

Dans le secteur des assurances, les efforts de la BCRG ont porté sur le renforcement du cadre réglementaire, marqué par l’achèvement des différents textes d’application du Code des Assurances en vue de s’aligner sur les standards internationaux. Faut-il d’ailleurs rappeler que le Décret D018/PRG/SGG du 11 Janvier 2019, portant obligation d’assurance de biens et marchandises de toute nature à l’importation, s’inscrit dans cette optique. En outre, le Comité Consultatif des Assurances a été créé pour émettre des avis sur les questions relatives aux opérations d’assurance, à la capitalisation et à la réassurance. Cette innovation rendra, sans nul doute, le secteur plus attractif et offrira de nouvelles opportunités aux acteurs.

 

Notons que, depuis quelques années, la Banque Centrale s’est engagée dans un vaste chantier de modernisation du Système National de Paiement (SNP) et du système financier national, avec l’appui de la Banque Africaine de Développement. L’objectif est de doter l’économie guinéenne d’infrastructures de marché financier robuste, pour réduire les délais de règlement des transactions commerciales et financières.

Dr Louncény Nabé a rassuré qu’à ce jour, toutes ces composantes fonctionnent correctement et à la grande satisfaction des usagers. Sur le premier semestre 2019, le volume des opérations en francs guinéens est évalué à 143 988 messages, correspondant à 27 239 milliards de francs guinéens. Le volume des opérations en dollar est de 1 224 messages pour un montant de 382,15 millions de dollars US. Quant aux opérations en euro, le volume est de 918 messages pour un montant de 50,4 millions d’euros.

Depuis le début de l’année 2019, le SNP s’est élargi aux régies financières de l’Etat. En effet, toutes les recettes de ces régies s’effectuent désormais en temps réel, via le système RTGS.

Pour la modernisation du système financier national, la Banque Centrale entend transformer le Système d’Information du Crédit mis en place en décembre 2017, en Bureau d’Information de Crédit (BIC). Un projet de loi relatif à cet instrument a été approuvé par le Conseil des Ministres le 03 octobre 2019 et soumis à l’Assemblée Nationale pour approbation.

Dans le cadre de la poursuite de cette modernisation, la Banque Centrale bénéficie d’un appui technique et financier de la Banque Africaine de Développement dans le cadre d’un projet pour le développement du secteur financier. L’objectif de cet appui est de créer les conditions favorables à une croissance économique inclusive et durable.

Le numéro un de la Banque Centrale dira que les rapports d’évaluation des offres techniques des différentes composantes sont transmis à la BAD pour avis de non objection. L’Unité de Gestion du Projet a reçu l’avis de non objection sur la révision de la Loi sur la bourse et les négociations sont en cours pour le choix du consultant chargé de réaliser cette activité.

En matière de Programme de Coopération Monétaire (PCM) de la CEDEAO, notre pays a eu l’honneur d’abriter les dernières réunions statutaires mi-annuelles à Conakry, du 16 au 22 août 2019. Ces réunions, qui ont été couronnées de succès pour notre pays, ont permis d’évaluer les progrès réalisés en matière de convergence macroéconomique, d’harmonisation des statistiques et des politiques, et d’évolution du Cadre Institutionnel au sein de la Zone.

Des avancées très significatives sont notées dans ce Programme de Coopération Monétaire de la CEDEAO. La conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernements, dans sa 55ème session ordinaire du 29 juin 2019, a adopté le régime de change flottant assorti d’un cadre de conduite de politique monétaire axé sur le ciblage d’inflation, un système fédéral de la Banque Centrale Commune et l’ECO comme nom de la future monnaie.

Dans la perspective de consolider ces acquis, Dr Louncény Nabé a rassuré que la Banque Centrale continuera à surveiller l’évolution des principaux indicateurs macroéconomiques, notamment le taux d’inflation qui devra être maintenu à un chiffre.

Dans le domaine de la politique monétaire et de change, la Banque Centrale promet de mettre l’accent sur la gestion active de la liquidité bancaire et la poursuite du raffermissement du marché des changes, à travers l’opérationnalisation du guichet d’injections de liquidité à long terme, et des apports de liquidité d’urgence, le démarrage dans les enchères des opérations d’absorption ou d’injection à taux multiples.

En matière de supervision des institutions financières, la BCRG envisage la mise en place du Conseil National d’Epargne et de Crédit, l’élaboration des textes d’application de la loi bancaire et la mise en application du nouveau plan comptable bancaire. Au niveau des compagnies d’assurance, elle procédera à la finalisation des textes d’application du nouveau code des assurances et à la mise en place de la société nationale de réassurance. Dans le secteur de la microfinance, elle s’attèlera à l’implémentation du module de reporting automatisé des situations financières pour les établissements de monnaie électronique (EME) et à la finalisation de la rédaction de la stratégie nationale de la finance inclusive.

Dans le cadre de la poursuite de la modernisation du système financier national, la BCRG entend finaliser la mise place du Bureau d’Information de Crédit (BIC). Parallèlement à la mise en œuvre des actions relatives au BIC, en concertation avec la Société Financière Internationale (SFI), des termes de référence viennent d’être élaborés pour le recrutement d’un Consultant International, qui sera chargé du suivi de la qualité du Registre du Crédit de la Banque Centrale, conformément aux bonnes pratiques en la matière.

En matière de coopération monétaire, les défis à relever sont nombreux. Une appropriation du processus et des enjeux de l’intégration économique et monétaire de la CEDEAO par les populations guinéennes, en particulier les acteurs économiques et les institutions de la République, est fondamentale. A cet effet, des campagnes de sensibilisation doivent être organisées pour les préparer au futur changement, qui résulterait de l’adhésion à la zone monétaire. Nous devons également préparer notre économie à l’ouverture au marché commun, en la diversifiant à travers le renforcement de son tissu industriel, a dit en substance le gouverneur de la BCRG Dr. Louncény Nabé.

 SOLEIL FM

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