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Election présidentielle russe: Vladmir Poutine a-t-il en réalité un adversaire ?

Election présidentielle russe: Vladmir Poutine a-t-il en réalité un adversaire ?

Vladmir Poutine, l’homme fort de la Russie ne s’est pas fatigué à battre une grande campagne pour l’élection présidentielle du dimanche 18 mars. S’il peut se permettre de limiter au strict minimum sa campagne électorale, c’est aussi en raison de l’absence, durant le scrutin, de son principal opposant. Alexei Navalny, l’avocat blogueur, pourfendeur de la corruption des élites, écarté de la course en raison de condamnations judiciaires qu’il estime « fabriquées de toutes pièces ». Pour lui et ses partisans, il ne reste donc qu’une seule attitude à tenir : boycotter un scrutin considéré comme une « farce électorale ». 

Face à la non-campagne de Vladimir Poutine, les sept autres candidats à l’élection présidentielle s’efforcent tant bien que mal de sauver les apparences. Candidat surprise du Parti communiste, Pavel Groudinine est attaqué à boulets rouges par la presse pro-Kremlin, pour sa fortune personnelle et les comptes bancaires qu’il est accusé de détenir à l’étranger.

Malgré ces attaques à répétition, dénoncées comme une campagne « orchestrée par les autorités » par le Parti communiste, l’homme d’affaires à la moustache grisonnante peut compter sur une deuxième place lors du scrutin, avec 7 % des intentions de vote. De quoi sauver l’honneur, et permettre aux communistes russes de conserver leur statut de deuxième force politique du pays, juste devant le LDPR de l’inoxydable candidat nationaliste Vladimir Jirinovski (sixième participation à une campagne présidentielle).

« Le gouvernement reproche toujours à l’opposition de tout critiquer mais de ne rien proposer, argumente le candidat du Parti communiste russe. Nous, nous proposons le retour à la justice sociale, la fin de la pauvreté, et le respect de la constitution russe. » Outre Pavel Groudinine, une autre personnalité politique est sortie du lot durant cette drôle de campagne électorale : la journaliste Ksenia Sobchak, ancienne vedette de la télé-réalité, et porte-parole auto-proclamée d’une opposition désunie. Cheveux blonds, discours critique à l’encontre du Kremlin, présence médiatique « percutante » : Ksenia Sobchak exaspère une partie de la population russe, mais elle séduit la frange de l’électorat urbain qui ne veut plus de Vladimir Poutine et ne peut se résoudre à boycotter le vote. « Elle a beaucoup changé ces dernières années, explique à RFI Svetlana, une habitante de Moscou qui « envisage » de voter pour la candidate. J’espère qu’un jour elle deviendra une personnalité politique de premier plan. » Succès critique, mais les instituts de sondage restent inflexibles : la candidate « paillettes » de l’opposition plafonne à 1 % des intentions de vote.

Source: RFI

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