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Espace sante : Dr Haidara Ayelama Traore, gynécologue, responsable du volet gynécologie/prévention transmission mère-enfant au service maternité de l’hôpital national Donka / CMC Bernard Kouchner

Espace sante : Dr Haidara Ayelama Traore, gynécologue, responsable du volet gynécologie/prévention transmission mère-enfant au service maternité de l’hôpital national Donka / CMC Bernard Kouchner

Conakry, le 14 Mars 2018 – La gynécologie est une spécialité médicale, mais avec également quelques versants chirurgicaux. Exercée par un gynécologue, elle est dédiée à l’étude et aux traitements des divers problèmes et maladies de l’appareil génital féminin. La gynécologie s’occupe notamment des problèmes féminins hormonaux, que ce soit des problèmes de règles ou la ménopause, de la contraception, des maladies du sein, de l’utérus, des ovaires, des trompes utérines et des organes génitaux externes et bien sûr les cancers de la femme. Elle prend également en charge le dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus, avec la réalisation tous les 3 ans chez les femmes ayant des rapports sexuels et jusqu’à 65 ans, du frottis cervico-vaginal.

Notez que ces frottis sont réalisables par les médecins généralistes. Une variante de la gynécologie, est l’obstétrique, réalisée par un gynécologue obstétricien, qui est le spécialiste de la grossesse et de l’accouchement. Dr Haidara Ayelama Traoré est notre invitée de ce mois

 

Bonjour Dr Haidara Ayelama Traoré ; de façon générale, en quoi consiste votre travail ?

 

Je suis Dr Haidara Ayelama Traoré, Gynécologue, Responsable du volet Gynécologie/ Prévention Transmission Mère-Enfant au Service Maternité de l’Hôpital National Donka / CMC Bernard Kouchner. Je joue le rôle de coordination de suivi de la prise en charge de ces femmes, du début de la grossesse jusqu’à l’accouchement, et même du suivi de l’enfant exposé à la Maternité Donka, et maintenant au Centre Médical Communal Bernard Kouchner

 

Il existe plusieurs formes d’infections auxquelles les femmes sont exposées. Quelles sont les plus fréquentes de nos jours, ainsi que leurs modes de transmission ?

 

Les infections gynécologiques sont les plus fréquentes chez les femmes de nos jours (infections vaginales, cervicales, à VIH/SIDA, ou dues au cancer …). En général, elles se transmettent lors des rapports sexuels non (ou mal) protégés, que ce soit par voie vaginale, anale ou orale. Elles peuvent également se transmettre par voie sanguine (utilisation de seringues usagées) et de Mère à Enfant lors de la grossesse.

 

Parmi ces infections, quelles sont celles qui sont transmissibles de mère à enfant ?

Réponse : Comme déjà dit plus haut, la forme transmissible de Mère à l’Enfant existe ; comme dans le cas du VIH.SIDA qui peut survenir lors d’accouchement de la Mère séropositive à son bébé, ou pendant l’allaitement par une mère séropositive.

 

Comment traitez-vous ces cas ?

 

Chaque pathologie est traitée en tenant compte du terrain et de cas particuliers. Par ailleurs, dès qu’une femme est diagnostiquée séropositive lors d’une consultation, elle rentre immédiatement dans le programme de PTME.  La PTME est la Prévention/Transmission/Mère/Enfant du VIH/SIDA. La prise en charge de la grossesse et des nouveaux nés de femmes enceintes séropositives pour le VIH présente des spécificités, et il est nécessaire que ces patientes soient confiées à des équipes spécialisées multidisciplinaires.

 

Ces cas sont donc suivis après un counseling réalisé afin qu’ils puissent suivre correctement la prise des ARV (anti- rétroviraux et adopter un bon changement de comportement.

 

Quelles sont vos recommandations pour prévenir les infections chez la femme pour le cancer du sein, ou du col de l’utérus ?

 

Le cancer du col de l’utérus demeure un problème majeur de santé publique ; c’est la deuxième cause des cancers féminins, après le cancer du sein. C’est pourquoi, pour prévenir les infections chez la femme, il est nécessaire de multiplier la sensibilisation au sein des communautés à la base, afin de faire comprendre aux femmes l’importance de se faire dépister à temps.

 

Il existe aujourd’hui en Guinée, grâce à l’effort de nos gouvernants et de nos partenaires, un Centre Ouest Africain de Prise en charge des pathologies du col utérin et des seins situé dans l’enceinte du CHU Donka /Maternité, et certaines ONG aussi œuvrent fortement dans la prise en charge de ces fléaux, dans le cadre de la réduction de la mortalité maternelle dans notre pays.

J’invite donc nos responsables à tous les niveaux, malgré les efforts déjà fournis, de mettre à la disposition de ce centre des moyens afin de réduire les coûts des traitements auxquels sont confrontées les femmes souffrant de ces pathologies à un stade avancé,  et qui ne peuvent  pas se rendre dans la sous-région pour suivre des séances de Radiothérapie.

J’invite toutes les femmes de briser les tabous, de venir vers les centres malades pour se faire dépister à temps, afin que ces fléaux ne deviennent une fatalité.

Je ne saurais terminer sans demander aux hommes d’accepter d’accompagner leurs femmes pour se faire dépister à temps, pour permettre au couple de jouir pleinement de leur vie près de leurs enfants.

 

Que Dieu nous protège.  

Je vous remercie

 

La Cellule de Communication du Gouvernement

 

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