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France / Hulot : l’agenda perturbé du «maître des horloges»

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Comme l’affaire Benalla, la démission de Nicolas Hulot met sur la défensive un pouvoir jusqu’ici soucieux de maîtriser parfaitement l’agenda politique.

Sur le papier, tout était prévu : le rythme et le style du quinquennat, la nature des réformes et leurs résultats attendus. Son souci d’une parfaite maîtrise de l’agenda avait voulu à Emmanuel Macron un surnom baroque, celui de «maître des horloges». Mais comme l’affaire Benalla, la démission inopinée de Nicolas Hulot place le chef de l’Etat dans une posture inverse, et perturbe un programme de rentrée minutieusement scénarisé.

A très court terme, l’événement est d’autant plus inopportun que le chef de l’Etat entame ce mardi un déplacement de trois jours au Danemark et en Finlande. Le Premier ministre doit, quant à lui, intervenir en début d’après-midi à l’université d’été du Medef, pour promouvoir l’orientation libérale du gouvernement, critiquée ce matin par son ministre démissionnaire.

L’éloignement du chef de l’Etat pourrait ne pas faciliter la réponse de son camp : à son aise dans un environnement maîtrisé, celui-ci a parfois peiné à répondre à des actualités inattendues, comme lors de la crise humanitaire de l’Aquarius en juin ou du déclenchement de l’affaire Benalla, en juillet. Face à l’absence initiale de mot d’ordre collectif, les cadres et élus du parti présidentiel s’étaient d’abord distingués par leur silence ou leur embarras. Mardi, un Benjamin Griveaux pris au dépourvu a surtout commenté la forme de l’annonce de Nicolas Hulot, jugeant que «la plus élémentaire des courtoisies aurait été de prévenir le président de la République et le Premier ministre».

Un remaniement, mais «pas dans l’immédiat»

A moyen terme, le départ perturbe une rentrée que le couple exécutif souhaitait placer sous le signe de la reprise en main politique, après les dégâts provoqués en juillet par l’affaire Benalla et des réformes économiques et sociales, alors que la croissance marque le pas. Edouard Philippe doit ainsi, à partir de mercredi, entamer une série de rencontres avec les partenaires sociaux pour évoquer, notamment, la future réforme de l’assurance-chômage. Il doit aussi, vendredi, présenter les grandes orientations du prochain budget à l’issue d’un séminaire gouvernemental. Une intervention sur laquelle flottera donc l’ombre du ministre démissionnaire.

Un agenda où va désormais s’inviter, a minima, le remplacement du numéro 3 du gouvernement, atout majeur d’Emmanuel Macron au début de son mandat. Et pourquoi pas un plus large remaniement, auquel l’exécutif ne souhaitait pas forcément procéder aussi vite. De Françoise Nyssen (Culture) à Jacques Mézard (Cohésion des territoires), parfois désignés comme des maillons faibles de l’équipe Philippe, en passant par les possibles candidats aux élections européennes et municipales, plusieurs ministres sont susceptibles de quitter le gouvernement. Mardi, l’Elysée faisait savoir qu’un remaniement aurait lieu, mais «pas dans l’immédiat».

C’est la deuxième fois en quelques semaines qu’un événement imprévu vient perturber et l’image et le calendrier de l’exécutif. En plein juillet, l’affaire Benalla avait mis à mal la réputation d’intégrité de l’équipe présidentielle et provoqué le report de l’examen par l’Assemblée de la réforme constitutionnelle. Présentée comme essentielle par le pouvoir, celle-ci s’est vu repousser de plusieurs mois au moins. Un mois plus tard, les déclarations de Nicolas Hulot semblent démentir le tropisme environnemental du chef de l’Etat, incarné par le slogan «Make our planet great again».

 

Source : Libération

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