19 août 2019
Soleil FM
Guinée politique Infos

2018 a été l’année de tous les enjeux mais aussi de tous les dangers sur l’arène politique national marqué par les élections communales et communautaires du 4 février. Une première après celles organisées depuis 13 ans ; c’était en 2005 sous la 2e République. Pour cette année, les guinéens se sont rendus aux urnes pour élire leurs maires dans un contexte politique très tendu. Le changement de gouvernement, la crise sociopolitique, crise au cours de la quelle la barre de cent victimes a été atteinte ont aussi marqué l’année 2018 pour ainsi dire.

Contrairement à l’année 2017, celle 2018 a été une année de turbulence politique marquée par de nombreuses manifestations de l’opposition. D’abord en début d’année, par décret présidentiel, les électeurs guinéens ont été appelés aux urnes le 04 février 2018 pour faire valoir leur droit de vote pour le compte des élections communales et communautaires dans les 342 circonscriptions électorales du pays, ce, après treize ans d’attente. Puisque les dernières remontent à 2005.

Ce sont des élections qui avaient pour finalité le remplacement des délégations spéciales installées à la tête des communes par le président Alpha Condé depuis son accession à la magistrature suprême. Une des innovations lors de ces élections municipales de février 2018, était la participation des candidats indépendants.

Une semaine plus tard alors que le pays était toujours dans l’attente des résultats, des heurts post-électoraux ont éclaté dans plusieurs localités faisant au moins sept morts dont des nourrissons à Kalinko dans la préfecture de Dinguiraye. Au terme des résultats publiés par la CENI (entendez commission électorale nationale indépendante), c’est le RPG Arc-en-ciel, parti au pouvoir qui rafle la majorité des communes, suivra l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, principal parti d’opposition et loin derrière, en troisième position, l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré. Sans noter les partis de moindre envergure et des candidatures indépendantes qui se sont partagé les miettes aux côtés du Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN) de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, de l’Union Pour le Renouveau (UPR) de Bah Ousmane et de Guinée Pour Tous (GPT) de Ibrahima Kassory Fofana.

Au lendemain donc de la publication de ces résultats contestés par le contre-pouvoir, est née une crise politique sans précédent. C’est dans cette turbulence que le lundi 21 mai 2018, dans un décret rendu public à la télévision nationale, le président Alpha Condé a nommé Ibrahima Kassory Fofana jusque-là ministre d’Etat à la Présidence chargé de l’Investissement et du Partenariat Public-Privé, comme Premier ministre, chef du gouvernement. Une nomination intervenue après la démission de Mamady Youla.

Kassory Fofana devient ainsi le troisième Premier ministre d’Alpha Condé après Mohamed Saїd Fofana et Mamadi Youla. Une semaine plus tard, Kassory Fofana va former un gouvernement de 33 ministres, sans changement majeur par rapport à celui de son prédécesseur. Deux opposants vont faire leur entrée dans le nouveau gouvernement notamment Mouctar Diallo des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD) et Aboubacar Sylla de l’Union pour la Force du Changement (UFC), tous deux anciens alliés du chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo.

Lors de la passation de pouvoir le 24 mai, le nouveau patron du palais de la colombe a souligné qu’il prenait ses fonctions je cite : “dans un contexte de rapports difficiles avec certains partenaires sociaux et politiques”. Il promet que le “dialogue social sera au centre des préoccupations du gouvernement dans le but de garantir la paix sociale et l’ordre public indispensables à tout développement ” fin de citation. Kassory Fofana va également promettre de lutter avec une approche tolérance zéro contre la corruption.

Cette action, selon l’ancien ministre d’Etat, s’inscrira dans la poursuite des efforts de professeur Alpha Condé, de construire une nation guinéenne : unie, forte, prospère que nous appelons tous de nos vœux. ‘’ Nous avons besoin d’améliorer les conditions de vie des populations et surtout, de garantir la sécurité des biens et des personnes. C’est tout le sens du mandat que nous a confié le président de la République ‘’, a mentionné le chef du gouvernement.

Chemin faisant, l’opposition contestait les résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante dans 12 circonscriptions électorales sur les 342, à la suite des élections locales du 4 février 2018. Restant sur sa fin relativement aux décisions de justice qui en ont résultées, elle a multiplié les manifestations de rue pour exiger ce qu’elle appelle « les vrais résultats ». Après des tractations entre les partis de l’opposition et la majorité présidentielle, les deux camps sont finalement parvenus à un consensus politique de sortie de crise, avec à la clé, la signature d’un protocole d’accord. Les accords politiques signés entre les parties prenantes qui prévoient la désignation des exécutifs des mairies de Dubréka et de Kindia respectivement par la mouvance et l’UFDG, et qui permettaient de régler quasi définitivement le différend politique opposant la mouvance à l’opposition n’a pas suffi pour lever le suspens.

L’opposition va reprendre ses manifestations de rue sous prétexte que les accords n’ont pas été respectés par le gouvernement. Une goutte d’eau qui va finalement faire déborder le vase. Elle va dénoncer ce qu’elle appelle ‘’l’installation sélective des exécutifs communaux et l’interdiction des manifestations’’ qui, pour elle est un droit constitutionnel.

De violences en violences, le cap de cent personnes tuées lors des manifestations politiques depuis l’avènement du président Alpha Condé au pouvoir va être atteint. Au moins 103 personnes vont perdre la vie en marge de ces manifestions.

C’est donc face à ces crises tous azimuts dont les plus importantes sont celles nées du front politique à travers les contestations des résultats des dernières élections communales et communautaires ainsi que sur le front social que le mercredi 14 novembre 2018, Kalifa Gassama Diaby jusque-là ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté va jeter l’éponge. Ces crises accumulées en peu de temps, se sont manifestées à travers la hausse du prix des produits pétroliers de 8.000 à 10.000 gnf et la grève des enseignants qui réclament 8 millions de francs comme salaire de base. Sans oublier les conséquences de ces manifestations qui tournent souvent en violences meurtrières entre militants de l’opposition et forces de l’ordre.

Gassama décide de démissionner et quitter définitivement le navire gouvernemental dirigé par Ibrahima Kassory Fofana. L’intéressé via un communiqué justifie sa démission par « des raisons personnelles » même si dans le milieu politique, cette démission est perçue comme un véritable coup de massue pour le gouvernement Kassory.

Autre fait marquant de l’année 2018 sur le plan politique c’est bien la démission du président de l’UFR, jusque-là haut représentant du chef de l’Etat. ‘’Notre pays est confronté à des crises multiples .Cette situation nous interpelle en tant leader politique pour proposer des solutions qui redonnent espoir à notre peuple. Mon titre de Haut Représentant ne me permet pas de jouer ce rôle. C’est pourquoi j’ai donc décidé de démissionner de ce poste dès aujourd’hui’’, a écrit l’ancien premier ministre sur son compte twitter.

Nommé Haut représentant du chef de l’Etat au lendemain de la présidentielle de 2015, l’opposant Sidya Touré a rendu sa démission le 11 décembre affirmant avoir pris sa décision à défaut de pouvoir faire avancer les dossiers qui lui tenaient à cœur.

Dans l’entourage du président Alpha Condé, même si l’on n’exclue pas l’hypothèse d’une « posture » de la part de l’ancien Premier ministre, destinée à préparer « une nouvelle négociation avec le pouvoir », la démission de Sidya Touré est également vue comme la conséquence de l’échec de l’alliance entre le RPG Arc-en-ciel parti au pouvoir et l’Union des forces républicaines (UFR) lors des élections communales du 4 février dernier. Un autre élément qui a pesé dans la balance ce sont les relations difficiles qu’entretenaient Sidya Touré avec le Premier ministre, Kassory Fofana, et le ministre d’État conseiller spécial d’Alpha Condé et ministre de l’Industrie et des PME, en la personne de Tibou Kamara.

Outre ces événements qui précèdent et qui ont marqué l’année 2018 ; 2019 s’annonce dans un contexte politique de tous les enjeux, puisque les guinéens seront une nouvelle fois appelés aux urnes pour le compte des élections législatives à la fin du premier trimestre de la même année.

 

TOMOU TRAORE

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