Soleil FM
  • Accuail
  • Infos
  • Guinée : les médicaments non-vendus en pharmacie tuent trois fois que le paludisme, selon un pharmacien
Infos santé

Guinée : les médicaments non-vendus en pharmacie tuent trois fois que le paludisme, selon un pharmacien

La vente des produits pharmaceutiques par les non professionnels est un phénomène qui prend de l’ampleur en Guinée. Malgré l’existence d’une loi qui réglemente ce secteur, la pratique continue dans la cité au vu et au su de tous. Aux dires des spécialistes, les faux médicaments sont à la base de plusieurs cas de décès dans le monde, principalement en Afrique.

En médecine, la pharmacie est le domaine le plus structuré compte-tenu du danger que courent les produits. Selon les chiffres de l’OMS, le nombre de décès dans le monde dû aux effets des produits pharmaceutiques est trois fois plus élevé que le paludisme. Une situation que déplore Ousmane Condé, chargé de communication de l’ordre des pharmaciens qui laisse entendre ce qui suit :  « Cette situation est embêtante. Tout le monde trouve dans le médicament sont petit compte. On la trouve comme le moyen le plus facile de se remplir les poches. Mais il faut savoir qu’autant on achète ces médicaments de la rue, on multiplie les tombes de nos concitoyens qui meurent en longueur de journée par notre faute. Mais ce qui est sûr, devant Dieu chacun répondra de ses actes ».

 

Les faux-médicaments ont conduit des millions de guinéens sous terre

Selon le chargé de communication de l’ordre des pharmaciens, plusieurs pays limitrophes avaient le même nombre d’habitants que la Guinée à l’indépendance. Des pays qui la dépassent aujourd’hui largement en terme de démographie.

« Le volume de médicaments importé en Guinée ces trente dernières années est de trois à cinq fois plus que les médicaments importés dans les autres pays voisins. Nous, on fait rentrer les médicaments in transit et tous ces pays se plaignent de la Guinée comme étant le pourvoyeur de la sous-région en faux médicaments, en médicaments de mauvaises qualités, en médicaments de contrefaçon. Aujourd’hui, les Ivoiriens sont de 22 millions; nous nous sommes 11 millions; le Mali  je dis fais 16.800.000 habitants; le Burkina fais 16.800.000 habitants; le Niger fait 16.600.000 habitants; la Guinée est à 11.000.000 d’habitants. Nous avions eu les mêmes démographies à l’indépendance où est parti le reste ? Ils sont sous terre à cause des faux médicaments ».   

 

Malgré l’existence d’une loi qui réglemente ce secteur, la pratique continue dans la cité au vu et au su de tous.

« Nous revendons ces produits pour subvenir à nos besoins, nourrir nos enfants. Nous souffrons  beaucoup  donc il faut sortir revendre ces produits afin d’avoir un peu d’argent. Nous ne connaissons pas les conséquences causées par ces médicaments  parce que mes enfants et moi les utilisons quand nous sommes malades », explique Fatoumata Sylla, revendeuse de médicaments par-terre.

 

Les médicaments dans les pharmacies coûtent cher

Bon nombre de guinéens font recours aux médicaments de la rue malgré les multiples conséquences que cela engendre. Selon cet acheteur qui a voulu garder l’anonymat, il est beaucoup plus facile de se procurer des produits chez les vendeurs dans les marchés que dans les pharmacies à cause du coût.

 « Ce n’est pas facile pour acheter les médicaments dans les pharmacies parce que ça coûte cher. Donc au marché, on peut avoir par exemple, tu peux trouver un médicament à 1000 GNF et le même dans la grande pharmacie à 2000 GNF. Donc nous les guinéens, nous sommes pauvres donc ce n’est pas facile pour nous de gagner l’argent pour acheter les médicaments dans les  pharmacies. On préfère les acheter dans les marchés »                                                  

 

Malgré les dangers que courent les citoyens, ils continuent toujours à se livrer à la consommation de ces produits non protégés.

 

KOUMBA NESSY  KAMANO

Articles Similaires

Conakry : les travaux de l’audit du fichier électoral lancés sous fond d’espoir

tsegbaya

Négociation sur la diminution du prix du carburant : rien de concret pour le moment

tsegbaya

Hadj 2018 : le dernier convoi a quitté Conakry

tsegbaya