24 juin 2019
Soleil FM

Ibrahima Kassory Fofana : « … nouvelle constitution, en tant que citoyen, je dis oui, en tant que gouvernant, je dis oui » !

Guinée politique Infos

Nommé le 21 mai 2018, le premier ministre a rencontré ce mercredi les Hommes de médias à Kaloum. Il était question pour Ibrahima Kassory Fofana au cours de ce face à face de faire le bilan de l’an un de son équipe. Durant deux heures, le chef du gouvernement a présenté certains acquis mais aussi les perspectives.

« L’auto-route, c’est la seule route d’accès à Conakry. Personne ne va vouloir des manifestants sur cette route. Kaloum, c’est le temple des institutions républicaines. On devrait préserver Kaloum des manifestations ».

Cette décision est l’un des premiers actes pris par le premier ministre quelques semaines après sa nomination. Citant Georges Pompidou ancien président français, le conférencier réitère à la presse qu’il préfère l’impopularité à l’irresponsabilité.

« Je dois rappeler qu’il ne s’agit pas de militariser la Guinée. Il convient de rappeler que les PA ne sont pas la règle, c’est l’exception. Lorsque nous nous rendrons compte que les manifestations ne conduiront pas aux pertes en vies humaines, aux dégâts matériels comme on l’a déjà connu, le rôle de l’Etat, c’est de prendre ses responsabilités pour protéger les citoyens », dixit Ibrahima Kassory Fofana.

 

La lutte contre la corruption et l’insécurité, sont quelques actes énumérés par le conférencier dans son exposé.

« On ne peut pas gérer un pays à partir des rumeurs. On ne peut pas mener la campagne contre la corruption sur des rumeurs. Si vous avez des éléments (révélateurs de corruption NDLR), vous soumettez à la justice et que les accuses misent sur tous leurs droits pour donner des preuves ».

Interrogé sur le débat qui domine l’actualité liée à la nouvelle constitution dans le pays, le chef du gouvernement décline la position de son équipe.

« Je crois que la question est importante et elle est d’actualité. Vous m’avez interpellé en tant que citoyen, je vais vous donner ma réponse de citoyen et après je viendrai à celle du gouvernant. En tant que citoyen, je paraphrase Zogbélémou en tant que constitutionnaliste d’Etat en disant : ‘’on ne peut pas défendre une constitution en la violant ». Et, le débat en cours donne l’impression que les uns et les autres violent la constitution. La constitution garantit la libre opinion, qu’on soit d’accord ou pas d’accordsur le sujet, il faut que les Guinéens s’expliquent et c’est dans la diversité d’opinions que peut émerger la lumière et le consensus peut être trouvé. Il y a qui estiment qu’il ne faut pas toucher la Constitution, c’est une Bible. Je n’en connais pas de mon expérience intellectuelle en dehors des États-Unis même dans ce cas, la constitution de 1787 a fait l’objet d’une vingtaine d’amendements. Si non, les constitutions changent au rythme des mutations sociales, c’est pour ça on parle de première République, deuxième, troisième  ou cinquième. C’est pour fixer dans le temps, les changements constitutionnels qui régissent la vie des nations à telle ou telle époque. En tant que citoyen, il m’est arrivé de poser la question la semaine dernière au gouvernement individuellement en invitant chaque ministre de se prononcer sur le principe de Oui ou Non d’une nouvelle constitution. La réponse est unanime, il n’y a pas de doute. Pourquoi ? Parce que, laissons la question de légitimité ou d’illégalité de la constitution existante, il n’a pas fait l’objet dit-on de suffrage universel. Mais, il y a beaucoup de dispositions même dans mes fonctions actuelles, il y a une confusion. Relisez les dispositions relatives à la fonction présidentielle telles que défini dans la constitution et celle du Premier ministre, ce n’est pas précis, il faut préciser. Nous avons une constitution qui consacre une douzaine d’institutions républicaines dont le fonctionnement en terme de coût est très lourd pour les jeunes démocraties que nous sommes. Certains pays ont changé de constitution pour cette raison seule. Nous avons une constitution qui fait renoncer la Guinée à ses marques habituelles historiques de panafricaniste. Les deux premières constitutions républicaines, celle de 58 et celle de 82 consacrent le panafricaniste de la Guinée. Notre hymne national est bâti sur la philosophie du panafricanisme. Notre constitution qui est le socle de cette vocation n’en parle pas. Oui ou non il est raisonnable de revenir sur ces fondamentaux ? Donc, la question d’une nouvelle constitution en tant que citoyen, je dis oui, en tant que gouvernant je dis oui.  Et la démocratie c’est aussi le respect de l’opinion différente de l’autre. Mon appel aux Guinéens, ce qu’on se respecte les uns des autres dans notre diversité d’opinions », dira le chef du gouvernement.

 

Le premier ministre s’est enfin prononcé sur le cas des déguerpis de Kaporo et Dar es salam.

« Aussi bien Koloma que Dar es-Salam, c’est connu, c’était prévu que les opérations de déguerpissement soient faites. Mais l’instruction du président de la République et les miennes propres, étaient qu’elles soient faites dans le respect du droit des citoyens. Alors, tous ceux qui n’ont pas été indemnisés et qui détiennent tous les documents légaux de propriété sur les terres sont appelés à présenter leurs dossiers et le gouvernement fera tout pour réparer le tort, si tort a été fait ».  

 

Le conférencier dit avoir pris acte de la démission de son ancien ministre de la justice. Kassory Fofana n’a pas manqué d’exprimer son regret de perdre un collaborateur de la carrure de Maître Cheick Sacko.

 

THERESA MARIA SEGBAYA

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