21 juillet 2019
Soleil FM

Journée internationale du Jazz : ce qu’en pense le chef d’orchestre de Kèlètigui international

Cultures Infos

L’humanité célèbre ce 30 Avril, la journée internationale du « Jazz ». Ce genre musical qui, pendant la période esclavagiste, ou le commerce triangulaire, a permis aux esclaves noirs d’exprimer leur ras-le-bol. Alors que se passe t-il de nos jours quand bien même, nous savons que cette valeur lointaine peine à retrouver son chemin d’or en Afrique, particulièrement en Guinée ?

‘’ Ce qui font la musique pure et simple du Jazz, ce sont les afros américains. Nous le faisons ici, mais pas comme eux’’

Bien qu’ayant des origines africaines, le jazz a connu son âge d’or en Amérique. Pour le chef de l’orchestre kèlètigui international, le jazz est une musique comme les autres. Face à la ségrégation raciale à laquelle les africains étaient soumis, leur seule arme était le jazz. Kova Bavogui. « Le Jazz c’est comme la musique forestière. Parce que les gens ont tendance à confondre tout. Toutes les cultures se retrouvent en son sein : qu’on soit béninois, congolais européens, guinéen. C’est une musique de révolte et de dénonciation. Le Gon biabia de N’zérékoré c’est la même chose, la culture manding, y’a du jazz dedans »

Si à cette époque du 21ème siècle le monde a connu une explosion musicale qui va dans tous les sens, le jazz de son côté s’identifie de par son brassage culturel, le rappel à l’ordre de la nouvelle génération pour lui permettre de connaître son histoire, a insisté notre interlocuteur. « La nature de l’homme quelque soit son milieu, il s’identifie a quelque chose. Ces gens qui sont partis aux Etats Unis vers le XVème siècle savaient qu’ils ne sont pas dans leur monde. Mais à travers le jazz, ils se sont retrouvés à travers cette culture. Et ceux là qui avaient la possibilité de s’exprimer à travers la danse, l’ont démonté. Donc c’est une culture qui est innée en nous africains. Et si vous prenez le footballeur Pelé qui a son temps a été incontesté, il est d’origine africaine. Ce sont ces plus grandes valeurs à travers lesquelles ils se sont mis sur orbite »

Méconnu du grand public guinéen et même africain, ce genre musical reste un moyen d’alléger les soucis, à en croire Kova Bavogui qui selon lui, y a fait une carrière de 50 ans « C’est une question de choix et de principe. Je ne suis pas contre la mondialisation mais il rester soi-même. Nous avons des valeurs chez nous les européens viennent les prendre, ils les valorisent. La nouvelle génération doit s’enraciner. Mais y’a un refus, une réticence je ne sais pas pourquoi ils agitent. Si je te donne mon âge sauf que je ne vais pas le faire, on n’a l’impression que je suis encore jeune. Tout simplement parce que je suis au contact avec mon instrument musical. Je me fais moins de soucis quand je suis avec ma musique. En vrai dire, c’est le plus grand bonheur au monde qui puisse exister pour moi »

Il ne faut jamais abandonner sa culture, exhorte notre musicien à la génération montante. Car selon lui, pendant la première république, les fonctionnaires guinéens vivaient des recettes des différents orchestres.

Samuel Demba Duoulamou

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