25 mars 2019
Soleil FM

Les « Forces Sociales de Guinée » plus que légalistes

Guinée politique Infos

Pour la première fois dans l’histoire démocratique de notre pays, les organisateurs d’une marche pacifique saisissent la justice contre une décision de l’autorité administrative interdisant leur manifestation.

Dans une lettre réponse adressée aux « Forces Sociales de Guinée », faisant suite au dépôt d’une déclaration de manifestation sous forme de marche pacifique, le Gouvernorat de la ville de Conakry a purement et simplement interdit cette manifestation en évoquant des soucis de sécurité et des préoccupations particulières de beaucoup de concitoyens qui mènent en ces moments les démarches nécessaires pour l’accomplissement du pèlerinage à la Mecque.

Ce sont ces arguments que les organisateurs ont jugé insuffisants. Pour cause, les « Forces Sociales de Guinée » ont saisi le Tribunal de Première Instance de Kaloum.

Pour la première audience qui a eu lieu le vendredi 20 juillet 2018, les discussions entre les deux parties se sont tenues à huis-clos.

À la sortie, Maitre Santiba Kouyaté  avocat au barreau de Guinée qui a représenté le Gouvernorat de la ville, a exprimé toute son aberration.

« Cette procédure a été mise en place parce qu’il y’a eu du sensationnel. Les « forces sociales de Guinée » n’ont  produit au débat aucun acte pour prouver  son existence juridique. L’acte de  fondation d’une association c’est  bien entendu l’agrément, donc pour elles, ce document suffit pour qu’elles puissent ester en justice. C’est ce qui est aberrant».

Bien qu’elle ait été refusée, une lettre d’information pour l’organisation d’une marche pacifique avait belle et bien été adressée au Gouvernorat, indique l’avocat de la défense. Une correspondance à laquelle le Président du Conseil de la ville de Conakry  n’a pas donné de suites favorables, évoquant une question de sécurité et les préparatifs du Hadj.

Pour Maître Salifou Béavogui avocat de la défense, ces motifs énoncés sont infondés.

« Contre toutes attentes, Monsieur le Gouverneur a refusé cette marche au motif, qu’elle serait de nature à causer un dommage aux  citoyens. Ces motifs sont infondés et blessent l’article 10 de la constitution qui fixe  un droit constitutionnel qui est le droit de marcher. Et nous avons demandé  à référer  en urgence et que l’interdiction soit levée et qu’une date soit fixée pour la prochaine marche ».

Quelques représentants des forces sociales mobilisés pour la circonstance ont réaffirmé leur volonté à poursuivre leur combat jusqu’à la satisfaction de leur revendication.

Le Gouvernorat de la Ville de Conakry, pour sa part se réjouit de cette avancée démocratique sans précédant.

Au lieu de braver la décision de l’autorité administrative en créant des troubles empêchant les paisibles citoyens d’aller et de venir librement, comme font certaines organisations, les « Forces Sociales de Guinée » posent un acte de civisme qui doit faire école.

 

Thérèsa Maria Ségbaya

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