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Les panafricaines veulent humaniser le traitement journalistique de la migration

Les panafricaines veulent mettre en exergue les Success Stories de la migration africaine. Réunies pour la seconde fois au Maroc du  26 au 27 octobre 2018, les panafricaines ont mis au cœur de leur agenda 2018-2019, la migration féminine et le traitement journalistique des questions migratoires. Durant donc une année, un peu plus de 200 femmes journalistes africaines vont porter ce sujet qui est d’abord africain car 4 migrants sur 5 restent avant tout sur le continent.

Le réseau des femmes journalistes de l’Afrique (les panafricaines) a décidé d’accélérer un traitement journalistique professionnel de la migration sur le continent. A l’issue de leur deuxième réunion annuelle qui a regroupé des femmes journalistes de 54 pays de l’Afrique, des dizaines d’experts et activistes de la migration, les panafricaines comptent contribuer à l’instauration d’une opinion saine et juste de la migration africaine.

« Je formule l’espoir que le Forum porte en lui les prémisses d’un traitement plus juste, plus équitable de la question migratoire », a souhaité Salim Cheikh, Directeur Général de 2M, groupe de presse marocain qui porte l’initiative des panafricaines depuis 2017.

En effet, les migrants, notamment ceux de l’Afrique font la une de plusieurs médias internationaux. Ces médias ont forgé une opinion qui fait croire que les migrants africains sont les plus nombreux sur les autres continents. Et pourtant, les statistiques prouvent que la migration des peuples africains est essentiellement intra-africaine. Comme le soulignait Driss El Yazami, président du conseil national des droits de l’homme du Maroc « la migration est un phénomène historique et fondamentalement africain d’abord, car 4 migrants sur 5 restent sur le continent ».

Les Africains du sud du Sahara représentent un peu moins de 10 % des migrants de la planète et vont souvent dans des pays voisins au leur. Selon l’OIM, en 2015, sur les 32 millions d’africain  qui ont pris la route, la moitié a posé sa valise sur le continent. Même si les départs des africains vers les pays du Nord notamment l’Europe et les Etats Unis existent, la plus grande partie de ces migrants reste avant tout dans des pays africains.  En raison de l’existence des conventions de libre circulation des personnes et de leurs biens, les peuples africains se déplacent d’un pays à un autre au sein de leur région économique. C’est le cas par exemple de l’espace CEDEAO. De plus en plus les migrations au sein de du continent sont d’abord liées aux études ou au commerce.

Pourtant, dans l’imaginaire populaire, les migrants africains vont d’abord vers l’Europe. La migration intra-africaine est un peu plus de 80%. Les départs vers l’Europe sont réels mais insignifiants par rapport au reste des africains qui font des déplacements avant tout sur le continent.

Les panafricaines veulent par la voix de toutes les femmes journalistes qui militent en son sein, rétablir la vérité sur la migration africaine. Elles veulent interroger les chiffres officiels et déconstruire les stéréotypes qui donnent à l’Afrique une image peu reluisante.

Sylvie Panika, Directrice de Radio Ndéké Luka en Centrafrique, a déclaré que « la migration est une thématique d’actualité, et nous, au niveau des médias, nous nous devons d’apporter des réponses à la manière de présenter cette problématique, pour qu’elle soit perçue autrement ».

Les panafricaines à travers leur plan d’action 2018-2019, vont favoriser la formation des professionnels de l’information sur un traitement de la migration sensible au droits humains et respectueux des règles d’éthique et de déontologie.

C’est une responsabilité que les médias doivent porter car ils sont aussi responsables des situations de stigmatisation dont sont victimes les migrants actuellement. Comme le disait Fathia El Aouni, Rédactrice en Chef  et responsable de l’antenne de Radio 2M « les migrants sont trop souvent stigmatisés. Nous, en tant que médias, sommes tous responsables de ce regard. Nous avons donc une responsabilité, nous journalistes, pour déconstruire les mythes et rétablir la vérité. »

 

AFIWA MATA

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