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MADAGASCAR : Retour au calme après les représailles d’une manifestation à Antananarivo

MADAGASCAR : Retour au calme après les représailles d’une manifestation à Antananarivo

Samedi à Antananarivo deux  personnes  ont  perdu la vie et 16 autres ont été blessées au cours de heurts qui ont  opposé des policiers et des milliers  personnes s’opposant  à une nouvelle loi électorale, qu’elles qualifient d’être en faveur du pouvoir, ces personnes s’étaient retrouvées à la place  du 13 mai qui est le  lieu historique de toutes les grandes marches dans la capitale malgache à quelques mois du scrutin général.

Olivat Alison RAKOTO le chef de l’Hôpital  HJRA avait  déclaré samedi  que : « Nous avons reçu 17 blessés aujourd’hui, l’un d’eux a depuis succombé ». Et hier dimanche il avait déclaré que :  «Parmi les blessés admis hier, nous en avons un qui vient de décéder aujourd’hui, ce qui amène à deux le nombre de décédés ».

À l’issue d’un face à face tendu de trois heures, la manifestation  a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Les forces de l’ordre ont lancé des gaz lacrymongènes  contre les manifestants qui ont riposté  à coup de jets de pierre. Il est à noter que la manifestation avait été interdite mardi par les autorités locales.

A son retour au pays  le Président malgache Henry RAJAONARIMAMPIANINA a lancé un appel  au calme à  tous les malgaches à la télévision et sur Facebook. Avant d’ajouter que : « Nous respectons la démocratie. Mais ce qui s’est produit samedi dernier n’est rien d’autre qu’un coup d’État. Madagascar respecte l’État de droit, alors je mets en garde les fauteurs de trouble et ceux qui incitent à la haine et aux affrontements, en quête d’un bain de sang ou de perte en vie humaine ».

Avant de demander aux journalistes de ne pas devenir : « un outil de provocation, ni d’incitation du peuple à la rébellion ».

Il a été élu  en 2013, et  n’a pas encore annoncé s’il allait briguer un second mandat.

Le pays connaît un climat politique compliqué, où l’opposition accuse le régime du président Henry RAJAONARIMAMPIANINA  de vouloir la bâillonner, à quelques mois des élections présidentielle et législative prévues pour toute la fin de l’année.

Aimé Abel Jocelyn  un opposant a déclaré que : « J’ai vécu les différents régimes successifs à Madagascar mais celui d’aujourd’hui est le plus mauvais ».

Le bilan actuel selon l’opposition  serait de quatre morts et l’opposition a déclaré maintenir son initiative pour protester contre ce qui a été adopté début avril par le parlement  « l’adoption scandaleuse de trois lois électorales ».

Le Premier ministre Olivier Mahafaly SOLONANDRASANA  a promis samedi soir l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur l’origine des décès.

Hier le correspondant de l’AFP avait constaté que : « Plusieurs dizaines de soldats avaient bouclé l’accès à la place dans la matinée  du dimanche, avant de se retirer, laissant place aux opposants ».

Nirina, une manifestante a déclaré que : « Je veux rendre hommage aux personnes qui ont été tuées ici hier et je suis venue aussi pour demander à nos dirigeants de démissionner ».

En revanche, Marc RAVALOMANANA, Président de 2002 à 2009  et  Andry RAJAOELINA  qui a été Président de2009 à 2014 ont annoncé qu’ils se présenteraient à l’élection  présidentielle.

Ces deux ex chefs de l’État  avaient été interdits de candidature en 2013.

Marc RAVALOMANANA  avait été renversé en 2009 après une mutinerie de l’armée qui avait permis à Andry RAJOELINA, alors maire d’Antananarivo, de devenir président non élu d’une transition jusqu’en 2014.

Les ambassadeurs de l’Union Européenne et de la France ont appelé  dans un communiqué commun : « Tous les acteurs politiques à faire preuve de responsabilité et de retenue et à privilégier le dialogue et leur position en faveur, d’élections présidentielles, crédibles, transparentes et inclusives cette année ».

L’Union Africaine par  Ahmed Youssouf HAWA, représentante spéciale de l’UA à Madagascar, a  également lancé un appel : « Au calme, à la retenue et à la responsabilité, Madagascar n’a pas besoin de replonger dans une situation difficile à quelques mois des élections ».

Source/ Jeune Afrique

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