17 juillet 2019
Soleil FM

Mali : “le devoir des autorités est de garantir la libre couverture de l’élection présidentielle”

Afrique Infos

Suite à l’interpellation d’une équipe de TV5 Monde venue couvrir les élections au Mali, Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités de garantir la sécurité des journalistes et de ne pas entraver la couverture médiatique du scrutin présidentiel du 29 juillet.

Dimanche 22 juillet, trois journalistes de TV5 Monde ont commencé leur semaine de reportages au Mali par un interrogatoire au commissariat de l’aéroport de Bamako. Venus couvrir l’élection présidentielle qui aura lieu ce dimanche 29 juillet, le rédacteur en chef Ousmane Ndiaye, le monteur Christophe Harnoy, et le réalisateur François Coquet ont été interpellés alors qu’ils s’apprêtaient à quitter l’aéroport de la capitale malienne.

 

Pendant une heure et demie, les trois journalistes ont dû répondre aux questions des agents de la sûreté d’Etat. “Ils nous ont demandé ce que l’on venait faire au Mali, si nous avions effectué notre service militaire, sans que l’on ne comprenne ce qu’ils nous reprochaient exactement”, raconte Ousmane Ndiaye joint par RSF. Le portable du réalisateur a également été saisi par la force avant d’être restitué une fois l’interrogatoire terminé.

 

“Interpeller des journalistes sans motif alors qu’ils viennent tout juste de poser les pieds au Mali relève de l’intimidation et de l’obstruction, estime Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Le devoir des forces de sécurité est de protéger les journalistes et celui des autorités de garantir la libre couverture de l’élection présidentielle qui aura lieu dimanche”.

Déjà le 2 juin, une douzaine de journalistes avaient été pourchassés par les policiers alors qu’ils étaient venus couvrir une marche de l’opposition et de la société civile interdite par les autorités. La Maison de la Presse du Mali avait alors interpellé le gouvernement dans un communiqué dénonçant des “violences physiques” et des “tentatives de retrait de caméra et autres outils de travail”.    

 

“Aucun journaliste ne sera bloqué dans l’exercice de ses fonctions pour sa couverture de l’élection” promet Arouna Modibo Touré, le ministre de la Communication et de l’Economie numérique joint par RSF. A propos de l’arrestation des reporters de TV5 Monde, il dit “regretter un événement malheureux” estimant que “les agents de sécurité ne devraient pas se comporter de la sorte avec des journalistes”.

Interrogé sur de possibles coupures du réseau internet comme celles constatées en août 2016 lors de manifestations contre l’arrestation d’un militant critique du gouvernement, le ministre assure qu’il n’y a “aucun plan pour interrompre les réseaux sociaux pendant l’élection”.


Le Mali occupe la 115e place dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.

Source : Reporter Sans Frontières

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