21 juillet 2019
Soleil FM

MALI-Mines : les députés, maires, chercheurs et médias de six pays échangent sur la gestion des ressources minières

Economie Monde Infos

A Bamako (Capitale du Mali), les élus nationaux, locaux, chercheurs et  médias de six pays échangent leurs expériences pour une meilleure gouvernance de la gestion des ressources minières en Afrique de l’ouest. Il s’agit d’un renforcement des capacités des acteurs pour mieux comprendre les enjeux  et contribuer aux changements de politiques et de pratiques en lien avec les industries extractives.

L’Afrique de l’Ouest regorge d’énormes ressources naturelles depuis des millénaires. Ces ressources notamment celles liées aux industries extractives ont fait l’objet d’exploitation abusive depuis les réformes exigées par les Institutions Financières Internationales (IFI) en l’occurrence la Banque mondiale et le FMI au début des années 90. Ces réformes en lien avec les Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) ont abouti à l’élaboration et à la validation des codes miniers plus favorables aux entreprises multinationales exploratrices et/ou productrices qu’aux populations et aux Etats. Plusieurs exemples provenant de différents pays montrent à suffisance que les ressources naturelles dont regorge l’Afrique ne sont pas profitables aux Etats et aux peuples qui sont censés être les premiers responsables de leur exploitation.

Cette situation est due en grande partie à l’insuffisance de la volonté politique qui doit permettre non seulement d’avoir des politiques cohérentes en la matière mais aussi de suivre, évaluer et capitaliser les engagements des décideurs vis-à-vis des processus de développement des différents pays. En partenariat avec OSIWA,  l’IRPAD est en train de mettre en œuvre différentes initiatives dont entre autres cinq (5) études de base sur les Flux Financiers Illicites en provenance de l’Afrique (Burkina Faso, Guinée, Mali, Mauritanie et Niger) en 2014-2015, six (6) études sur les cadres réglementaires et institutionnels de la gestion des ressources minières (Burkina Faso, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger et Sénégal) en 2016-2017, organisation d’un colloque international à Bamako en Mars 2015, plusieurs actions d’échanges avec les autorités des différents pays.

Cette troisième session rencontre d’échange (2019)  qui a connu la participation de plus d’une trentaine de participants venus de six pays de la sous-région a permis un partage d’expérience des acquis et défis entre les parlementaires, maires, chercheurs et médias. Pour  Dr Mamoudou GOITA,  directeur exécutif de l’Institut de Recherche et Promotion des Alternatives en Développement (IRPAD), cette session va permettre un renforcement de capacités des acteurs afin de pouvoir agir collectivement pour que les ressources minières soient profitables pour les Etats africains.

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture, le représentant  de la commission mines du parlement malien  a dans son allocution mis un accent sur l’aspect épuisable des ressources naturelles, tout en lançant un appel aux autres collaborateurs  de la sous-région à être plus efficaces  pour la défense de nos Etats, l’honorable N’Doula THIAM a interpellé ses homologues des six pays présents à cette rencontre de Bamako d’avoir une vocation de professionnalisation dans le secteur minier. Pour lui, cette option permettra au pays et aux élus nation de faire bénéficier le pays des profits des ressources du sous-sol qui ont un enjeux mondial. Il croit que le parlement peut jouer un rôle pour équilibrer cet aspect.

 

Le conseiller technique et représentant du ministre des mines et du pétrole du Mali, Lansana GUINDO,  a  mis l’occasion à profit pour inviter  l’ensemble des participants  à œuvrer dans le cadre de mise en place des stratégies et politiques de gouvernance plus transparentes pour enfin  profiter et faire profiter  les générations futures. Le conseiller trouve que  le secteur des mines peut être un vecteur de développement  des Etats, une approche qui selon lui, est partagée dans la vision minière africaine. Certes difficile mais pas impossible, conclut-il.

Pour lier les échanges aux réalités de terrain, l’Institut de Recherche et Promotion des Alternatives en Développement (IRPAD) a organisé une visite de terrain dans la localité de Kalana.

 

Les habitants de Kalana face aux enjeux de  la nouvelle mine de la  SOMIKA SA

 

Kalana est un lieu historique dans le secteur minier malien, car, elle a habité la toute première mine du pays en 1962 puis est passée à une phase industrielle en 1984. Situés à 300 Km de la capitale Bamako, les habitants de cette localité vivent avec une peur, celle d’une prochaine cohabitation avec la nouvelle mine qui passe d’une étape souterraine à une  mine à ciel. Dans la localité de Kalana, environ 458 familles seront affectées par le projet minier de la SOMIKA SA. Une  première pour la localité, le chef de village et les populations s’inquiètent du respect des engagements pris par  la société, nous a confié Laye SIDIBE (chef de village de Kalana).

A l’issue des échanges avec la mission, des aspects ont attiré l’attention de la délégation. Selon le directeur de l’IRPAD, le constat révèle que la   communauté n’a aucune information fiable et détaillée de l’évolution du projet, ni les autorités, ni les populations et autres ne connaissent les enjeux et défis à rencontrer avec cette nouvelle phase de la mine.

S’agissant de la question Environnementale, au-delà de l’étude réalisée par un cabinet, la communauté n’a pas connaissance du contenu de l’étude d’impact environnemental et social EIES, mais aussi le plan de gestion environnementale et sociale et  les autres plans comme la santé, la gestion des déchets toxiques et autres. Sur le défi Santé, selon le témoignage des communautés de Kalana, de pertes en vies humaines sont enregistrées au niveau des travailleurs mais aucune expertise n’explique la récurrence des décès de perte en vies humaines.

Dans le domaine de l’emploi, la violation des droits humains et le développement communautaire, les habitants de la localité ont expliqué de ne posséder aucune explication autour des licenciements des travailleurs. Ils ont déploré le non-payement des droits après le licenciement.  Enfin les responsables ont souligné qu’aucun protocole communautaire n’existe entre la sous-préfecture et la société, qu’aucun document n’est disponible au niveau de la communauté même après signature. Les responsables de Kalana  affirment de ne pas disposer  de moyens de  recours  en cas de violation des droits des communautés.

Cette remarque a amené la délégation à faire des recommandations auprès de la communauté de Kalana et les représentants de la société SOMIKA SA présentent à la rencontre d’échange communautaire. Sur l’aspect juridique, la délégation a recommandé à la communauté de s’imprégner de l’étude d’impact environnemental et social du projet, en vue de savoir plus sur la matrice à proposer en cas de compensation et d’insister sur le respect de la législation en vigueur, sinon, appliquer la législation internationale en s’inspirant des bonnes pratiques. Dans le cadre social et communautaire, il a été recommandé de renforcer les capacités des communautés pour l’élaboration d’un protocole communautaire futur avec la société SOMIKA SA, d’associer les personnes affectées par le projet lors de l’élaboration du plan d’action de réinstallation et de compensation (PARC), d’appuyer les groupements de femmes et jeunes dans la cadre de leur autonomisation. Enfin, la délégation des cinq (5 autres pays de la sous-région ont proposé des partenariats  possible entre  les habitants et responsables de Kalana, pour partager les expériences et bonnes pratiques qui ont réussi  dans les localités qui ont connu la même situation.

 

GOLOTA RAPHAEL LAMAH

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