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Mamou : Massacre de chimpanzés, deux présumés trafiquants mis aux arrêts par le corps des Conservateurs de la Nature

Mamou : Massacre de chimpanzés, deux présumés trafiquants mis aux arrêts par le corps des Conservateurs de la Nature

Malgré les campagnes de sensibilisation sur la protection des grands singes en Guinée suivies d’arrestations fréquentes qui font souvent l’objet de jugement et de condamnation de trafiquants, la criminalité faunique et le massacre des chimpanzés, nos plus proches cousins, continuent, bien que globalement le trafic international de chimpanzés connait une nette diminution en Guinée dû à la répression constante.  Le jeudi 21 décembre 2017, deux braconniers et trafiquants de chimpanzés ont été mis aux arrêts dans le district de Sorogoyah, située à 65 km de la ville de Mamou, en Moyenne Guinée. Ces espèces animales sont intégralement protégées par le code de faune et règlementation de la chasse mais aussi par la Convention de Washington.

Momo MANSARE et Lancinet Kourouma sont les deux présumés braconniers mis aux arrêts par les agents du Corps des Conservateurs de la Nature basé à Sorogoyah dans la sous-préfecture d’Ourekaba. Selon les sources fiables une jeune famille de chimpanzés perchée dans les forêts de la sous-préfecture d’Ourekaba a été la cible de ces deux braconniers. Conséquence, une mère chimpanzé abattue sur le champ, sa fille, une jeune femelle sauvagement torturée et rouée de coups sera par la suite maitrisée et un bébé chimpanzé capturé vivant. La jeune femelle ne vivra pas longtemps car elle rendra l’âme une fois au village des suites de la torture dont elle a été victime.

Quelques heures après, l’information est parvenue au Chef de la Section Eaux et Forêts de la localité qui finira par mettre aux arrêts les auteurs tout en remontant l’information à sa hiérarchie. C’est dans ce cadre que l’expertise du projet GALF (Guinée Application de la Loi Faunique) en matière d’opération et de suivi juridique a été sollicitée pour, non seulement assister les autorités dans l’audition des contrevenants jusqu’à leur déferrement mais aussi, la confiscation du bébé chimpanzé pour le conduire au sanctuaire du CCC (centre de conservation des chimpanzés) situé à Faranah.

A en croire nos sources, la sous-préfecture d’Ourekaba faisait partie des communautés qui avaient reçues l’Institut Jane GODHAL, spécialisé dans la préservation des grands singes en l’occurrence des chimpanzés.  Au menu de ses programmes, plusieurs activités avaient été menées avec les populations à la base, notamment les campagnes de sensibilisation sur l’enjeu de la préservation de la vie des chimpanzés mais le rôle qu’ils jouent dans l’équilibre écologique.   Pour gagner le pari, l’Institut avait mis en place la création des projets générateurs de revenus pour empêcher les gens de tuer les chimpanzés puisque la zone en abritait autant qu’il fallait protéger car cette espèce très menacée et si proche de l’homme génétiquement.

Malheureusement dans la région, cette leçon n’a pas été comprise par M. Momo MANSARE et Lancinet KOUROUMA qui ont été pris le jeudi 21 décembre 2017 en flagrant délit d’abattage, de capture, détention et de circulation de trois chimpanzés dont 2 froidement abattus et un bébé chimpanzé vivant. 

                                  Les deux braconniers , deux agents des Eaux et Forêts et le Bébé chimpanzé

Selon les agents de la Section Eaux et Forêts de Ourekaba, un caporal de l’armée guinéenne aurait commandité la capture du bébé chimpanzé. Ainsi, selon les mêmes agents, le Caporal Mathieu BILALO aurait promis aux deux jeunes braconniers, l’intégration au sein de l’armée guinéenne avec la seule condition d’envoyer un bébé chimpanzé, qui aurait été sollicité par un Général de l’armée Guinéenne. Il faut signaler que ce n’est ne pas la première fois que de hauts gradés de l’Armée Nationale soient impliqués dans le trafic de chimpanzé. En effet, en 2016 le Commandant Ansoumane Doumbouya avait été reconnu coupable par le TPI de Kaloum de fournir frauduleusement des permis CITES aux trafiquants internationaux de faune autorisant l’exportation partout dans le monde de milliers d’animaux dont 130 chimpanzés, des gorilles et bonobos ; et en 2017 la dernière arrestation d’un colonel ayant illégalement institué un zoo à Kindia où 4 chimpanzés parmi d’autres espèces intégralement protégées avaient été confisqués.

Aux dernières nouvelles, le Chef des Eaux et Forêts de Ourekaba avec le soutien de GALF et en collaboration avec les autres autorités administratives de la circonscription a procédé à l’inhumation des deux chimpanzés et le bébé chimpanzé a été conduit au CCC de Faranah, le sanctuaire qui au bout de souffle pour faire face à l’afflux de chimpanzés orphelins issus du trafic.

Les deux présumés contrevenants ont été déféré auprès du tribunal de première instance(TPI) de Mamou pour être dans les jours à venir situer sur leur sort. Il faut espérer que la Justice Guinéenne sera forte et infligera à ces criminels une peine à la hauteur de leur forfaiture.

La Guinée a été reconnue comme une plaque tournante du trafic international d’espèces sauvages en Afrique de l’Ouest ayant comme conséquence, sa suspension auprès de la Convention CITES en mars 2013. Une suspension qui n’est toujours pas levée malgré des efforts et avancées enregistrées ces 4 dernières années par le Gouvernement avec l’appui du GALF.

A rappeler que le commerce illégal d’espèces sauvages est un crime organisé transnational. Il occupe le 4ème rang du commerce illicite dans le monde, amassant des bénéfices d’environ 20 milliards de dollars chaque année.

 

Affaire à suivre….

Golota Raphael LAMAH

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