17 août 2019
Soleil FM

Marche de l’opposition : un jeune de trente-ans tué !

Guinée politique Infos

Dispersée la semaine dernière, la manifestation de l’opposition républicaine prévue à nouveau ce mardi n’a finalement pas eu lieu. Elle a été empêchée par les forces d’ordre qui ont bouclé tout le périmètre conduisant au domicile du chef de file de l’opposition. Face au dispositif sécuritaire, les leaders politiques du contre-pouvoir ont préféré une simple communication à la presse. Tôt le matin, des dispositifs  sécuritaires impressionnants étaient visibles à Cosa. 

La marche de l’opposition républicaine prévue ce mardi, n’a pas finalement eu lieu. Dans la matinée, on apercevait des unités de sécurité sur tout le long du trajet. Du rond-point de la tannerie au carrefour Bambeto  en passant par Cosa, plusieurs boutiques sont restées fermées.  Des attroupements de manifestants étaient aussi visibles à quelques endroits des voies publiques. Des échanges de pierres et de tirs de gaz lacrymogènes retentissaient à Cosa et à Bambeto entre les forces de l’ordre et quelques jeunes mécontents. Ce qui a paralysé de la circulation.

Un mort et une quinzaine de blessés résulteraient de cette marche qui d’ailleurs a été interdite. Le chef de file de l’opposition étant empêché de sorti, des jeunes révoltés ont tout de même manifesté leur colère. Le défunt serait âgé de trente ans selon le nouveau porte-parole de l’opposition Ahmed Kourouma du GRUP. 

Interrogés, les citoyens des quartiers concernés se disent fatigués de ces manifestations intempestives dans leurs localités : « Nous ne sommes  pas les seuls guinéens, chaque fois qu’on parle de manifestations, nous sommes victimes des actes de vandalismes, de pillages, de braquages et parfois des cas de pertes en vie humaine. Les deux bords doivent s’attabler à nouveau pour trouver un  terrain d’entente.»

Au regard de l’article 10  alinéa 1 de la constitution guinéenne, tous les citoyens ont droit de manifestation et de cortège. Ce droit  est encadré par le code pénal guinéen  en ses articles 621 et suivants qui  disposent : « doivent faire l’objet d’une déclaration préalable, toute réunion publique, tout cortège et défilé et, d’une façon générale, toute manifestation sur les lieux et voies publiques. La déclaration, présentée sous forme écrite, est adressée aux maires des communes, trois jours francs au moins et 15 jours francs au plus avant la date prévue par les organisateurs.  L’autorité administrative responsable de l’ordre public peut interdire une réunion ou une manifestation publique, s’il existe une menace réelle de trouble à l’ordre public. La décision d’interdiction doit être motivée et notifiée aux signataires de la déclaration. Toutefois, cette décision d’interdiction peut faire l’objet d’un recours  pour excès de pouvoir devant la cour suprême.»

 

Lansana Condé

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