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Moscou: voici ce qu’a dit le président Alpha Condé à la communauté guinéenne !

Moscou: voici ce qu’a dit le président Alpha Condé à la communauté guinéenne !

« Avant, lorsque le courant venait, les enfants sortaient dans la rue en criant de joie (parce qu’il y’en avait pas). Maintenant qu’il  y a le courant, dès qu’il y a coupure d’une heure, ils se plaignent alors qu’avant, ils sont restés deux mois dans l’obscurité. Dès qu’il y a coupure d’une heure ou deux heures on commence à protester, ensuite, c’est la manifestation de l’opposition.

Quand je suis arrivé, Kassory est témoin, j’ai fait venir le fond monétaire pour faire l’état des lieux. Il est là! Je lui ai dit honnêtement si c’est avec ça, je ne serai jamais président en Guinée, parce qu’on était dans un trou total ! Donc il a fallu accepter les conditions du fond monétaire. La Guinée était l’un des rares pays d’Afrique à ne pas avoir eu de PPTE, donc l’annulation de la dette était de moins avancée alors que les autres pays l’ont eu il y a dix ans. Donc, quand je venais, le déficit budgétaire était de 12%  et la banque mondiale de fond monétaire m’a imposé 2%… . Comment on peut passer de 12%  à 2% ? Il n’y avait pas de possibilité… . Parce que le fond monétaire dit, moi je suis un médecin, je ne vais chez le malade, c’est le malade qui vient vers moi… Donc on s’est retrouvé dans cette situation. Il fallait serrer.

Ensuite, la banque centrale n’avait qu’une semaine de vue sur l’importation. L’inflation était à 21%. Mais malgré ça, malgré le fait que l’opposition ait mis des gens dans la rue pour décourager les investisseurs, nous avons réussi en deux ans à atteindre le point d’achèvement. Ensuite, l’inflation est passée de 21% à 10%, la banque centrale a eu pour 3 mois d’importation, etc… . On a commencé à faire le barrage de Kaleta; Rio Tinto avait la mine de Simandou, au fil des années. Ils n’ont jamais voulu avancer parce que Simandou c’est faire du fer presque magnétique, c’est-à-dire la teneur est tellement importante qu’il ne vaut pas beaucoup de minerais de fer pour faire l’acier. Pendant ce temps, ils ont une grande mine dont la teneur est beaucoup moins, donc si le fer du mont Simandou venait sur le marché, ils pouvaient pas exploiter chez eux mais par contre, ils gagnent l’argent à bourse sûre sur Simandou parce que c’était en ayant ça dans leur portefeuille, leurs actions montaient. Et lorsque vous avez un permis pour avoir une concession vous devez rendre la moitié.

Ils avaient Simandou 1, 2, 3, 4, ils devaient rendre Simandou 1et 2 sous le gouvernement de transition de feu Jean-Marie Doré. Tout le monde a entendu Rio Tinto dire, quand le gouvernement a demandé de négocier : ‘’ nous négocierons lorsqu’ils y aura des gens plus fréquentables’’. Donc ils ont refusé, malgré ça, le gouvernement a donné Simandou 1 et 2 à un trafiquant diamantaire et celui-là s’est précipité pour vendre 51% une société brésilienne à 2 milliards et demi.

Comme moi je suis utile, ils sont venus me voir pour négociation, je dis non je ne négocie pas. Ils ont dit qu’ils négocient qu’avec des gens fréquentables puisqu’ils pensaient que moi je n’allais pas gagner parce que moi j’étais le moins fréquentable, malheureusement c’est moi qui ai gagné (rires) donc… j’ai refusé de travailler avec eux. En février je les ai fait venir, on savait que leur permis finissait en mars et si on ne les aide pas, ils allaient perdre. Je leur rappelé qu’ils ont vendu les actions à Finalco sans administration de la Guinée. Une société peut vendre, mais il faut l’administration de la Guinée. Donc pour ça, je dis vous allez payer une pénalité de 7OO millions de dollars, si vous voulez qu’on discute. Donc ça c’est un.

Deuxièmement, on avait prévu de mettre dans le nouveau code qui sera adopté en avril que les sociétés qui viennent, pour avoir une concession, il faut qu’elles donnent 15% d’actions gratuites à l’Etat quand c’est l’exploitation de la bauxite et 7% quand c’est l’alumine. Et le fond monétaire devait nous verser je crois 30 millions de dollars, c’était dans les accords, il dit non vous avez de l’argent. Ils ont commencé à dire partout qu’on a bouffé les 700 millions etc… quand ils sont venus, je leur ai dis ce qu’on fait de cet argent. Je vous le dis tout de suite, je prends 25% pour Kaléta, que vous le voulez ou pas, ensuite je vais commander un groupe de 100 mégawatt, je ne discute pas le reste. L’argent qui m’appartient que j’ai arraché, c’est eux qui devaient décider de l’utilisation donc on a mis ça dans un compte. Et c’est ça. C’est la situation dans laquelle on se trouve. On a atteint le pont d’achèvement, malheureusement il y a eu l’Ebola. Même quand nous étions sur le point d’achèvement, le programme n’est pas fini. Ils ont annulé la dette, je ne sais pas à combien de milliards mais il fallait finir le programme. Malheureusement avec l’Ebola qui nous a coûté deux ans on n’a pas pu. C’est seulement je crois en septembre dernier qu’on a fini et maintenant, nous sommes entrain de négocier le deuxième programme. Malgré ça,  Kaléta fait 240 mégawatt, ce qui a changé la situation de l’électricité en Guinée »

 

Ibrahima M’bemba Barry

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