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Pêche artisanale : « actuellement quand nous revenons de la pêche, il n’y’a pas de marché » déplore un pêcheur

Il est sans doute l’un des secteurs les plus touchés par la pandémie de COVID-19. La pêche artisanale guinéenne connait de nos jours, une baisse de clientèle due à cette maladie. Au débarcadère de Kaporo dans la commune de Ratoma, les pêcheurs déplorent la rareté des clients, ce qui selon eux joue sur le panier de la ménagère.

A cause de la COVID-19, certains marins ont mis aux arrêts leurs pirogues. Selon Mohamed Camara pêcheur, il se débrouille là parce que l’Etat seul ne peut pas assurer tout « actuellement quand nous revenons de la pêche, il n’y’a pas de marché. Il n’y’a pas de route pour les femmes qui viennent prendre du poisson pour les revendre dans les marchés. A cause du prix de l’essence, elles viennent difficilement. Et si on s’assoie tous pour dire qu’il faut que l’Etat nous aide, l’Etat à lui seul ne pourra pas, et si tu entends les gens parler de sauce, c’est grâce au poisson car tout le monde ne peut pas manger de la viande ».

Pour ce pêcheur père de plusieurs enfants, le manque de clients dans le débarcadère s’explique par la psychose créée par la pandémie au sein de la population. Aboubacar Soumah est connu sous le pseudonyme d‘’Akim’’ « avoir de l’argent n’est pas chose facile à l’heure là. Quand on envoi du poisson, il n’y’a pas de marché. Tout le monde a peur. Et dans les foyers, nos dépenses ont doublé. Je suis marié et père de quatre enfants. Avant je donnais 20 mille comme dépense mais maintenant c’est 40 mille. Je n’ai rien à l’heure là ».

A cause du coronavirus, cet autre pêcheur voit son marché cassé. Aux dires de Mohamed Lamine Soumah, le carton de poisson qui se vendait à 200 mille fg avant la pandémie, a considérablement chuté : « avant on vendait le carton de poisson à 200 mille franc. Mais à l’heure là c’est 70 à 80 mille voir 100 mille. Sinon les poissons vont pourrir ».

Affecté aussi par le manque de clients, le responsable du débarcadère de Kaporo a quant à lui, apprécié la maturité de ses collaborateurs. Chose qu’il doit aux autorités qui leur ont doté de kits sanitaires : « Je peux vous dire que Kaporo a eu de la chance. On a eu suffisamment de kits sanitaires de la part des ministères de la pêche et celui du transport. Presque chaque semaine nous sensibilisons deux à trois fois. Les pêcheurs et les mareyeuses savent tous que cette maladie existe » a souligné Marouf Soumah.

Samuel Demba Duolamou

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