18 mars 2019
Soleil FM

Kipé 2 : l’Etat y rase tout ! (Vidéo)

Guinée société Infos

La suite des opérations de déguerpissement sur le site directionnel de Koloma est rentré dans sa phase exécutoire ce mardi 12 mars 2019. Trois semaines seulement  après le démolissage de Kaporo-rail, c’est au tour des habitants de Kipé 2. Les habitants de ce quartier   ont été réveillés par le bruit des machines déployées sur le terrain en compagnie des agents de sécurité. Sur les lieux,  ces citoyens n’ont que leurs  yeux pour pleurer, en observant leurs habitations s’écrouler.

Dans l’incapacité d’agir contre toute décision de l’Etat, les victimes sont sommées de quitter ces lieux de gré ou de force. Des bulldozers suivis de pick-up de la gendarmerie qui ont la charge d’exécuter ces opérations, étaient perceptibles sur les lieux. Ramadan Diallo est une victime. Selon lui, la plupart de ces déguerpis n’ont plus d’autres abris. Difficile donc  de recommencer une nouvelle vie. »On s’est retrouvé ce matin avec cet arsenal de brigade pour nous déguerpir, sans nous informer pour qu’on  saches quand-est-ce qu’ils vont venir. Comme ça, on pouvait arranger nos bagages. Tous ceux-ci (les déguerpis NDLR), comment ils vont faire ? » S’est demandé Ramadan Diallo.

Pour rappel, le tribunal de première instance de Dixinn avait déjà rendu le verdict en faveur de la partie civile qu’est l’Etat en infligeant  une amende de 500 millions de nos francs à ces victimes  comme dommages et intérêts. Mais le collectif des avocats de Kipé 2 avait interjeté appel. Malick Barry, habitant de la zone estime que  leur droit a été violé.  » C’est aujourd’hui à 10 heures qu’ils ont coché nos bâtiments. Nous avons interjeté appel depuis le 1er mars. La dernière fois qu’ils sont venus ici, c’était le 22 février. Et pendant que l’affaire est à la justice, ils n’ont même attendu que l’État se prononce, ils ont lancé les opérations »

Mamadou Yaya Diallo est aussi habitant de Kipé 2. Il fustige la réaction des autorités qui selon lui, ont usé de la force.Dans un État de droit, si une affaire est devant les juridictions, les autorités doivent attendre le verdict final. Mais en Guinée, c’est le contraire. Ils ont utilisé la force, puisqu’ils ont la force,  ce n’est pas grave. Je suis déçu du Président de la République parce qu’il avait dit une fois qu’aucun citoyen ne sera déguerpis tant qu’on n’est recasé.

 

Jusqu’au moment où nous quittions les lieux, les machines étaient en pleine opération de démolissement des bâtiments, sous les yeux impuissants  de ces sans-abris.

 

SAMUEL DUOLAMOU

 

 

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