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Cameroun: un journaliste détenu en grève de la faim, un autre condamné à 23 mois

Un journaliste en détention au Cameroun depuis 10 mois, accusé de “propagation de fausses nouvelles”, a entamé une grève de la faim, et un autre, comme lui critique du régime, a été condamné à 23 mois de prison pour le même motif, ont annoncé jeudi un syndicat local et RSF.

Reporters Sans Frontières (RSF) et des syndicats de la presse camerounaise dénoncent régulièrement la “détention arbitraire” de journalistes critiques du pouvoir de l’inamovible président Paul Biya, 88 ans dont plus de 38 à diriger d’une main de fer ce grand pays d’Afrique centrale.

Emmanuel Mbombog Mbog Matip, directeur du journal Climat social, “est en grève de la faim” à la prison centrale de Kondengui de Yaoundé, a indiqué à l’AFP Alex Koko, président du Syndicat national des journalistes indépendants du Cameroun (Synajic). 

Le 23 avril, RSF avait évoqué sa “détention arbitraire”. “Il a été violemment enlevé à son domicile par six hommes armés, le 17 août 2020, alors qu’il menait deux enquêtes impliquant plusieurs personnalités haut placées du régime camerounais”, écrivait l’ONG. 

Le 7 septembre, le juge d’instruction d’un tribunal militaire avait ordonné sa détention provisoire pour six mois, période expirée maintenant depuis deux mois et demi.

Toujours selon RSF, un autre journaliste, Paul Chouta, a été condamné mardi pour “diffamation et diffusion de fausses nouvelles” à 23 mois de prison ferme, peine couvrant exactement sa détention provisoire. Il a été remis en liberté jeudi. 

“Le reporter pour Cameroun Web et lanceur d’alerte critique du pouvoir” a été jugé sur une plainte de Calixthe Belaya pour avoir diffusé sur internet, sans avoir obtenu l’autorisation de la romancière franco-camerounaise, une vidéo la montrant prendre part à une altercation avec un homme, assure RSF qui parle d’une “affaire rocambolesque”.

“Rien ne peut justifier une détention aussi longue et une telle décision finale, si ce n’est une volonté de faire taire une voix qui dérange”, juge l’ONG.

Sollicitées par l’AFP sur les deux affaires, les autorités judiciaires n’avaient pas répondu jeudi en fin de soirée.

“Plusieurs journalistes sont actuellement incarcérés au Cameroun, où la situation de la liberté de la presse ne cesse de se dégrader au fil des années”, assène RSF. Amadou Vamoulké, ancien directeur de la Cameroon Radio Television (CRTV), âgé de 71 ans, est  détenu depuis près de  cinq ans à Kondengui, sans avoir été jugé.

Le Cameroun occupe la 135e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021.

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