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Crise malienne : début des concertations nationales sur la transition

La junte au pouvoir au Mali depuis trois semaines lance samedi et dimanche, sous le regard attentif de la communauté internationale, une vaste consultation avec les partis politiques et la société civile, sur la transition censée ramener les civils à la tête de ce pays en proie aux attaques jihadistes meurtrières.

Les colonels qui ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août ont promis de rendre les commandes aux civils à l’issue d’une transition d’une durée encore indéterminée.

Mais la forme et la durée de cette transition, deux sujets de frictions avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui a imposé des sanctions aux nouveaux dirigeants militaires, ne sont pas encore fixées.

Le lancement de cette large consultation avait subi un sérieux contre-temps le weekend dernier. Les militaires l’avaient reportée, en pleine querelle avec un acteur primordial de la crise, le Mouvement du 5-Juin/Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP).

Ces rencontres, sous la présidence du colonel Assimi Goïta, le nouvel homme fort du Mali, auront lieu à Bamako et dans les capitales régionales du Mali, sous la houlette des gouverneurs de région, selon la junte.

“La concertation nationale se poursuivra du 10 au 12 septembre 2020 (à Bamako) avec la participation des délégués régionaux et ceux de la diaspora”, a précisé Ismaël Wagué, le porte-parole du Comité pour le salut du Peuple (CNSP), l’instance mise en place par les militaires.

Le M5-RFP, qui s’était indigné de ne pas avoir été invité nominativement à la première rencontre, figure cette fois explicitement parmi les participants annoncés, avec les partis politiques, les organisations de la société civile, d’anciens groupes rebelles, les syndicats et la presse.

Chacun sa vision

Le M5-RFP, coalition d’organisations et de responsables politiques, religieux et civils réunis par leur opposition à l’ancien président, a mené pendant des semaines la contestation contre M. Keïta.

La junte a proposé initialement trois ans sous la conduite d’un militaire, avant de rabaisser la barre à deux et de se dire ouverte sur son chef. Le M5-RFP a de son côté proposé une transition de 18 à 24 mois, avec des civils aux manettes des institutions.

L’ex-président Keïta, en résidence surveillée à Bamako selon son entourage, s’apprête quant à lui à quitter le Mali, après avoir été hospitalisé cette semaine, victime selon les médecins d’un court accident vasculaire cérébral (AVC). Il pourrait se rendre aux Emirats arabes unis pour des soins complémentaires, avec l’accord des militaires, selon ses proches.

VOA

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