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Ethiopie: manifestations contre les Etats-Unis après des sanctions liées au Tigré

Des manifestants se sont rassemblés dimanche à Addis Abeba pour dénoncer les restrictions imposées par les Etats-Unis en matière d’assistance économique et sécuritaire, des sanctions en lien avec le conflit dans la région du Tigré.

Les manifestants pro-gouvernement se sont rassemblés dans le stade de la capitale éthiopienne, scandant des slogans contre les sanctions américaines et déployant des affiches accusant les puissances étrangères d’interférer dans la souveraineté de l’Ethiopie.

“L’Ethiopie n’a pas besoin d’aide à domicile”, proclamait une pancarte, tandis que d’autres dénonçaient “l’intervention occidentale”.

“On ne se soumettra pas”, a déclaré Adanech Abiebe, le maire d’Addis Abeba, devant des milliers de personnes, selon le média d’Etat Ethiopian Broadcasting Corporation.

Ce rassemblement, ainsi que d’autres plus modestes qui se sont déroulés ailleurs en Ethiopie, était organisé par le ministère des Femmes, des Enfants et de la Jeunesse avec pour mot d’ordre “Notre voix pour la liberté et la souveraineté”.

Certains responsables du ministère avaient estimé que plus d’un million de personnes répondraient à l’appel dans le pays, tablant sur 100.000 manifestants dans la capitale. Aucun chiffre de participation n’était disponible dans l’immédiat.

Le président américain Joe Biden a condamné cette semaine des violations des droits humains “inacceptables” au Tigré (nord) et exhorté à un cessez-le-feu immédiat.

Son administration a parallèlement annoncé des restrictions de visa pour des responsables érythréens et éthiopiens accusés d’avoir attisé le conflit, déplorant qu’ils n’aient “pas pris de mesures significatives pour mettre fin aux hostilités”.

Les Etats-Unis ont aussi annoncé des restrictions “de grande échelle” en matière d’assistance économique et sécuritaire à l’Ethiopie, mais prévoient en revanche de poursuivre leur aide humanitaire dans des domaines comme la santé, l’alimentation et l’éducation.

L’Ethiopie a dénoncé lundi les sanctions américaines, laissant entendre qu’elles pourraient conduire le Premier ministre Abiy Ahmed à réévaluer la relation bilatérale avec Washington.

Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre une opération militaire contre les autorités tigréennes, issues du TPLF, en opposition au pouvoir central.

M. Abiy avait promis une victoire rapide au Tigré, mais presque six mois après la prise de la capitale régionale, Mekele, par l’armée fédérale, les combats se poursuivent dans la région, où la situation humanitaire critique alarme la communauté internationale.

Après des mois de déni, le gouvernement éthiopien a reconnu la présence sur place, aux côtés de son armée, de troupes érythréennes, soupçonnées d’avoir été impliquées dans de nombreux abus – ce que dément Asmara.

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