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La transition générationnelle n’est pas une équation mathématique, mais plutôt méthodique

La transition générationnelle suppose le passage d’une génération à une autre dans la conduite des affaires publiques.Si un large consensus semble être obtenu sur la nécessité de renouvellement génération, au contraire la question de sa modalité reste entière. Plus de personnes parlent de la transition générationnelle mais mois de personnes parlent de son modus operendis.

Alors, pourquoi tant de désirs de renouveler la classe dirigeante ?

Cette situation résulte de deux réalités au moins: une jeunesse qui aspire à l’amélioration de ses conditions de vie et une jeunesse qui ne fait plus confiance aux aînés.

– De l’aspiration à l’amélioration des conditions de vie

En ce 21ème siècle, heure de la mondialisation, la jeunesse a les yeux ouverts sur ce qui se passe dans le monde. Ce qui fait qu’elle manifeste toujours le désir de s’octroyer une vie plus meilleure.  Cette envie se transforme souvent en frustration, désespoir, contestation, manifestation et parfois même en révolution (Cas du printemps arabe en Tunisie, en Égypte et en Syrie).

Face à cette situation, les jeunes se tournent vers les dirigeants pour solliciter une réponse convenable. Mais force est de reconnaître que la plupart de ces sollicitations restent sans réponse adéquate.

  • Du déficit de confiance à l’égard des aînés qui dirigent

Quand on n’a pas de diplôme, on dit qu’on n’est pas formé; quand on a le diplôme, on dit qu’on n’a pas d’expérience et quand on demande du stage, on dit qu’il n’y a pas de place. On ne parle pas d’emploi. Dans ces conditions, on finit par contester l’ordre déjà établi.

Et les plus pessimistes vont à la recherche du bonheur, en préférant la mort dans la mer que la honte devant leurs mères. Les plus optimistes restent pour organiser la résistance, la contestation par les urnes ou par les armes.

Ainsi, comment se manifeste cette situation ?

Elle peut se manifester à suivant deux manières : par l’émergence des partis politiques dirigés par les jeunes et par la prolifération des coups d’État militaires menés par les jeunes.

  • De l’émergence des partis politiques dirigés par les jeunes

Sur ce registre, les cas du leader du parti PastefM. Ousmane SONKO, du Sénégal, et du leader des Transformateurs M. Succès Masra, du Tchad, sont illustratifs. Leur popularité s’expliquerait par l’adhésion des jeunes qui croient en eux pour opérer une alternance générationnelle.

– De la prolifération des coups d’Etat menés par les jeunes militaires

Le retour des coups d’État sur le continent porte le sceau des jeunes militaires qui décident de prendre leur responsabilité face à la vieille garde.

Au Mali, c’est le Colonel Assimi GOITA. Au Tchad, c’est le Général MahamatIdriss  DEBY et en Guinée, c’est le Lieutenant- Colonel Mamady DOUMBOUYA. Ils sont tous de la même génération avec les mêmes aspirations et mêmes revendications.

Dans ces conditions quelles sont les voies menant à ce opérer ce changement réclamé ?

Le renouvellement doit s’opérer à travers l’établissement de la responsabilité personnelle des coupables et la qualification d’une jeunesse responsable.

  • Une exclusion fondée sur la responsabilité personnelle des coupables

Le renouvellement ne sefait pas au bout du doigt et on ne rejette pas toutes les personnes âgées. Il faut tamiser, pour décanter les bons grains parmi les mauvais. L’exclusion ou la reconductiondépend du passé des uns et des autres.

Dans ce cas, il faut auditer le passé pour construire l’avenir. On ne construit pas un nouveau bâtiment sur un terrain mal propre et s’attendre à la belle vie dans un environnement sain.Lorsque la gestion de quelqu’un justifie sa mise à l’écart, il doit  être exclu. Lorsque l’âge de quelqu’un n’est plus en faveur de l’effort mental, il doit se reposer. Lorsqu’un jeune se comporte mal, il doit être sanctionné. Il n’y aura ni exclusion, ni impunité.  Les coupables doivent se justifier devant le tribunal de la justice et de l’histoire. La réussite de cette transition dépend aussi de la formation des jeunes.

De la qualification d’une jeunesse responsable

Les jeunes civils doivent accepter de se former pour se rendre capables de relever le défi. Il faut se préparer avant le jour du pouvoir pour minimiser les dérapages inutiles. Ils doivent se battre sans bousculer.

Quant aux jeunes militaires, après avoir s’imposé par des armes, ils doivent être capablesaussi de s’imposer par des urnes ou d’imposer leurs frères qui ont été incapables de s’imposer par les urnes.

Par M. Abdourahamane Wassolo DIALLO

Juriste, Enseignant-chercheur/UGLC-SC ;

Chargé des cours de droit constitutionnel et de régimes politiques comparés ;

Doctorant en Droit public/UCAD (Sénégal).

Tel : 664-78-75-76.

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