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Le mandat des Casques bleus au Mali renouvelé à effectifs constants

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé lundi pour un an la mission des Casques bleus au Mali, sans modifier leurs effectifs et sur fond de contestation croissante à Bamako à l’égard du président Ibrahim Boubacar Keïta, selon des diplomates.

Alors que des divergences d’appréciation sur l’adéquation de la mission au défi sécuritaire opposaient ces derniers mois les Etats-Unis à la France, la résolution rédigée par Paris sur la prolongation jusqu’au 30 juin 2021 de la mission a été adoptée à l’unanimité des 15 membres du Conseil.

Elle prévoit que les effectifs de l’opération Minusma pourront continuer à aller jusqu’à 13.289 militaires et 1.920 policiers. Le coût annuel de la mission est d’1,189 milliard de dollars.

Sur l’insistance de Washington, premier contributeur financier à l’ONU, la résolution demande au secrétaire général de l’Organisation, Antonio Guterres, “de développer une feuille de route à long terme” à remettre fin mars 2021 détaillant “les conditions” qui permettraient “d’ouvrir la voie à une possible stratégie de sortie pour la mission”.

A la mi-juin, les Etats-Unis avaient demandé le début d’une planification de retrait progressif de la Minusma mais, selon plusieurs diplomates, cette demande a été jugée “prématurée” par les partenaires de Washington au vu de la situation sur le terrain.

La résolution “exhorte” le gouvernement malien et les groupes armés signataires de l’Accord de paix de 2015 du Mali à “continuer d’accélérer (sa) mise en oeuvre” avec des “mesures irréversibles à prendre de manière urgente”.

Le Conseil de sécurité veut notamment voir des progrès dans le domaine du désarmement et de la réintégration d’ex-membres de groupes armés, une réforme constitutionnelle et le développement du nord du pays.

Il réclame aussi “le rétablissement d’une présence étatique et d’autorités dans le centre du Mali” avec des forces de sécurité et la traduction devant la justice des auteurs des massacres commis dans cette région en 2019 et 2020. La résolution fixe pour la première fois des critères qui permettront d’évaluer les progrès dans cette zone.

Selon l’ONU, les violences dans le centre du Mali, visé par des attaques jihadistes et théâtre de conflits inter-communautaires et d’abus commis par des forces de sécurité, ont entraîné la mort de près de 600 personnes depuis janvier.

En dépit de la présence militaire de la Minusma, de forces françaises et africaines, huit ans après le début d’insurrections indépendantistes et jihadistes dans le nord en 2012, les attaques des groupes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique se sont développées dans le centre du Mali et se sont aussi étendues aux pays voisins.

VOA

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