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Législatives maliennes : manifestations après une révision des résultats favorable au pouvoir

Des manifestations ont éclaté lundi à Bamako et dans l’intérieur du Mali pour protester contre les résultats définitifs des législatives de mars-avril, qui ont attribué au parti au pouvoir 10 sièges de plus que lors de l’annonce des résultats provisoires.

La Cour constitutionnelle a validé le 30 avril une partie des recours introduits par des candidats dénonçant des irrégularités pendant le scrutin.

Selon ces résultats définitifs, le parti du président Ibrahim Boubacar Keïta, le Rassemblement pour le Mali (RPM), a remporté 53 trois des 147 sièges de l’Assemblée nationale, et non 43 comme annoncé une semaine plus tôt par le ministère de l’Administration territoriale.

Des centaines de jeunes ont manifesté lundi leur mécontentement de voir la victoire “volée” à l’opposition dans les communes 1, 2, 5 et 6 de la capitale, ont constaté des correspondants. “C’est de la triche”, a dénoncé l’un d’eux, Moumouni Diakité.

Le plus grand rassemblement s’est déroulé à Sikasso, importante ville du sud du pays, proche de la frontière avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.

“On nous a volé ici à Sikasso la victoire au profit du parti au pouvoir. C’est pourquoi nous avons brûlé des pneus et bloqué la circulation. Nous étions plus d’un millier dans la rue”, a affirmé un étudiant, Oumar Coulibaly.

Des centaines de personnes ont également manifesté à Kati, à une quinzaine de km au nord de Bamako, où un candidat initialement donné vainqueur, l’ancien député Bourama Traoré, dit Banazolé Bourama, a été interpellé, selon une association locale, Faso Kanu.

“Après lui avoir volé sa victoire éclatante, ils le privent de sa liberté”, a déclaré à l’AFP un porte-parole de cette association de la société civile proche de l’opposition, Hamady Camara.

D’autres manifestations ont été rapportées à Kayes (ouest) et Sévaré (centre).

Ces législatives avaient été maintenues malgré le contexte marqué par les violences jihadistes et le nouveau coronavirus. Le Mali a déclaré 580 cas confirmés et 29 décès.

L’enjeu du scrutin était de renouveler un parlement élu en 2013 et dont le mandat devait s’achever en 2018, et de faire avancer l’application de l’accord de paix d’Alger.

Celui-ci, signé en 2015 entre les groupes armés indépendantistes et Bamako, prévoit plus de décentralisation via une réforme constitutionnelle qui doit passer par l’Assemblée.

Le Mali a été confronté depuis 2012 à des insurrections indépendantistes puis jihadiste ainsi qu’à des violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Parties du nord du Mali, les violences se sont propagées au centre du pays et aux Burkina Faso et Niger voisins.

VOA

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