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Procès Thomas Sankara : le nom de Hyacinthe Kafando revient, l’audience reprend mardi

Deux autres accusés sont passés à la barre, ce jeudi 28 octobre, dans le cadre du procès de l’assassinat de Thomas Sankara. Idrissa Sawadogo et Nabonsseouindé Ouédraogo rejettent totalement les accusations de complicité d’attentat à la sûreté de l’État et de complicité d’assassinat qui pèsent sur eux. Mais, le nom de Hyacinthe Kafando revient sur toutes les lèvres.

Après Yamba Élisée Ilboudo, entendu mardi et mercredi, deux autres accusés ont été invités à la barre, ce jeudi28 octobre. Il s’agit de Idrissa Sawadogo et de Nabonsseouindé Ouédraogo, respectivement caporal et soldat de première classe, au moment des faits. Ces deux soldats, tous membres de la sécurité de Blaise Compaoré, ont, dans leur déposition, systématiquement nié toute implication dans l’assassinat du Président Thomas Sankara.

Idrissa Sawadogo, pour sa part, a déclaré n’avoir même pas été présent au Conseil de l’Entente au moment des faits. Selon son récit, il était à son poste de garde, au Conseil de l’Entente, lorsqu’autour de 15 h 30, il a reçu de HyIacinthe Kafando, l’ordre d’aller se joindre aux éléments qui montaient la garde à la résidence de Blaise Compaoré, située derrière l’Assemblée nationale. Il était là quand il a entendu le crépitement des armes à feu qui proviendrait du Conseil de l’Entente.

Quand les coups de feu ont cessé, Idrissa Sawadogo se serait rendu au chevet de sa mère malade au quartier Tanghin, avant de revenir à son poste pour finalement se rendre au Conseil de l’Entente. À la question de savoir pourquoi il ne s’est pas enquis auprès de ses collègues du Conseil de l’Entente ce qui s’était passé, il répondit : «On a causé, mais je ne me rappelle plus. Je ne leur ai pas demandé. Je savais qu’il y avait un problème».

Thomas Sankara, ancien président du Burkina Faso, lors d’une conférence de presse, le 02 septembre 1986. (AFP)

À la barre, Nabonsseouindé Ouédraogo a également nié avoir fait partie du commando qui a assassiné le capitaine Thomas Sankara. «Personnellement, les événements m’ont surpris. Je n’étais au courant de rien», a-t-il déclaré, faisant remarquer qu’il était au pied-à-terre de Blaise Compaoré, au Conseil de l’Entente, au moment des faits. À l’en croire, il avait pu voir Hyacinthe Kafando et d’autres hommes monter à bord d’un véhicule avant d’entendre des coups de feu, quelques instants plus tard. C’est alors qu’il est allé se mettre à l’abri, sans pouvoir identifier les tireurs.

La déposition de ces deux accusés entre en contradiction totale avec les propos de Yamba Elisée Ilboudo, qui les avait nommément identifiés comme faisant partie du commando qui s’est rendu au Conseil de l’Entente, sous les ordres de Hyacinthe Kafando. Mais, pour Me Mamadou Sombié, un des avocats de la défense, les propos de Yamba Elisée Ilboudo ne peuvent pas être pris au sérieux parce qu’il aurait «un problème mental».

Dans tous les cas, le parquet et les avocats de la partie civile ont pu relever des zones d’ombre surtout dans la déposition de Idrissa Sawadogo. La constance observée dans les propos des trois accusés interrogés jusque-là, c’est le rôle prépondérant joué par Hyacinthe Kafando dans les événements tragiques du 15 octobre 1987. Suspendue vers 16 heures, l’audience reprendra le mardi 2 novembre 2021

Source : Afrik.com

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