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Sory Kandia KOUYATE ; l’envoutante voix

Il est mort, il y a bien longtemps mais l’homme de la Culture Guinéenne ne saurait mourir

Issu d’une Famille des griots, Sory Kandia KOUYATE a décidé de  quitter cette famille afin de rejoindre la communauté d’artistes et de politiciens révolutionnaires. Il a donc embrassé la révolution et devient ainsi l’ambassadeur musical de la nouvelle nation indépendante qu’est la Guinée. Il devient également la voix de la révolution et a représenté la Guinée aux Nations Unies, à travers l’Afrique.

 

Ibrahima Sory Kandia KOUYATE s’inscrit dans la musique contemporaine et celle traditionnelle. D’ailleurs c’est parmi les raisons qui font que malgré sa disparition, il reste un artiste aimé, admiré et respecté. Le monsieur a la sublime voix inspire bon nombre de jeunes, ainsi, sa voix est décrite par la nouvelle génération comme la renversante, la somptueuse qu’elle écoute chaque soir avant de dormir. Le Sory Kandia de l’Afrique continue à séduire, de par sa beauté, d’une majestuosité et sublimité que par sa voix, la légendaire.

Henri LECOMTE est un ethnomusicologue, il disait ceci de KOUYATE : «
Celui-ci, a été une des voix les plus aimées de l’ouest africain. Sa mort, le 25
décembre 1977, a été douloureusement ressentie dans toute l’Afrique de
l’ouest. Comme nombre de musiciens de la région, il s’est aussi bien exprimé
dans un contexte très traditionnel, accompagné par son propre ngoni, le bala
de Djéli Sory Kouyaté et la kora de Sidikiba Diabaté, que dans un contexte
moderne avec les claviers et le saxophone de Kèlètigui Traoré ».

Un homme sensible et fin de la guitare et du Ngoni. D’une relation forte était liée à sa guitare, sa ‘‘guitare des blancs’’ une guitare acoustique espagnole et aux valeurs traditionnelles de la société Africaine.

Ibrahima Sory dit Kandia appartient à la grande famille des KOUYATE. Il est né en 1933 dans le village de Manta, dans la sous-préfecture de Bodié plus précisément dans la ville de Dalaba.

Un descendant direct de Balla Fassèkè KOUYATE, la musique dans la famille et dans le sang, il fera sa lutte révolutionnaire à travers son art. Un homme qui a su immortalisée sa mère, qui est morte quand il n’avait même pas deux 2 ans. Vous vous rappelez certainement de sa chanson, parmi les plus belles Nnah. Ainsi, il rend hommage à toutes les Femmes, les mères qui meurent sans avoir l’occasion d’élever leur enfant.

Justin Morel Junior  raconte une histoire de l’homme qui décrit Conakry à travers ses plages en ces termes : « Un jour à Conakry, en spectacle, son micro lâche. Kandia dépose soudain le micro et chante à gorge déployée, de la manière la plus naturelle. Stupéfaction générale ! Kandia brave le micro et sa voix dans son jaillissement naturel enveloppe l’auditoire et l’étonne. Ce coup de maître, l’élève ne l’avait appris de personne ! »

Un critique d’art disait : « Une grande voix, en pays mandingue, c’est un don occulte, souvent entaché de magie ; c’est un pouvoir, acquis par l’initiation autant que par l’étude – le pouvoir de manipuler les émotions des gens. Et ce pouvoir, a un tel impact sur la société mandingue qu’il a fait l’objet d’une stricte codification : ceux qui le détiennent sont des êtres à part. »

Un Homme à part, un autodidacte, tu mérites les hommages. Immortel Sory Kandia KOUYATE, la Guinée ne saura t’oublier. Dors en paix l’homme du carrefour de la Tannerie.

 

Ébène Baloka.

 

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