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Ce 22 décembre 2025, marque les dix-sept ans jour pour jour la mort du général Lansana Conté, ancien président de la Guinée. Près de deux décennies après sa disparition, Lansana Conté demeure une figure centrale du débat politique guinéen. Pour certains, il aura été l’homme de la stabilité dans une région troublée. Pour d’autres, il reste le symbole d’un pouvoir confisqué, d’une démocratie avortée et d’une occasion manquée pour le développement du pays.
Il est arrivé au pouvoir le 3 avril 1984, quelques jours seulement après la mort du premier président guinéen, Ahmed Sékou Touré. Profitant du vide politique et des luttes internes au sommet de l’État, l’officier de carrière conduit un coup d’État militaire qui renverse le gouvernement de transition dirigé par le Premier ministre Louis Lansana Beavogui.
À la tête du Comité militaire de redressement national (CMRN), Conté suspend la Constitution, dissout les institutions et met fin au régime du parti unique. Dans ses premiers discours, il promet une rupture avec les excès du passé : libération de prisonniers politiques, ouverture économique, réconciliation nationale. Une partie de la population, épuisée par des décennies de règne du parti unique, accueille alors ce changement avec un certain espoir.
Une Constitution est adoptée en 1990 et le multipartisme introduit au début des années 1990. Lansana Conté est élu président en 1993, puis réélu en 1998 et 2003.
Au fil des années, le régime se durcit. Les opposants politiques sont marginalisés, parfois emprisonnés. Les institutions perdent leur autonomie réelle, tandis que l’armée et la garde présidentielle deviennent les piliers essentiels du maintien au pouvoir. La gouvernance se caractérise par une forte personnalisation de l’État, où décisions politiques, économiques et sécuritaires convergent vers un cercle restreint de fidèles.
Malgré d’immenses richesses naturelles, notamment en bauxite, la Guinée reste confrontée à une pauvreté persistante, à une corruption endémique et à une dégradation continue des services publics. Les frustrations sociales culminent lors des grandes grèves et manifestations de 2006 et 2007, violemment réprimées par les forces de sécurité. Des dizaines de civils y perdent la vie.
Parallèlement, la santé de Lansana Conté se dégrade fortement au début des années 2000. Souffrant notamment de diabète, il apparaît de plus en plus rarement en public. Le pouvoir fonctionne alors par délégation informelle, alimentant rumeurs, luttes internes et paralysie décisionnelle.
Le 22 décembre 2008, Lansana Conté meurt à Conakry à l’âge de 74 ans, après une longue maladie tenue secrète. L’annonce officielle, faite tard dans la soirée à la télévision nationale, plonge le pays dans l’incertitude. Selon la Constitution, l’intérim devait être assuré par le président de l’Assemblée nationale, en attendant une élection présidentielle. Mais cet ordre constitutionnel ne survivra pas. Moins de 24 heures après la mort du chef de l’État, un groupe de militaires conduit par le capitaine Moussa Dadis Camara annonce un nouveau coup d’État, suspend la Constitution et dissout les institutions. La transition civile est avortée. 17ans après, c’est aussi la mémoire d’un président »paysan ». Un homme qui aimait la terre.
Il repose aujourd’hui à Moussayah, dans son village natal, une localité située dans la préfecture de Dubréka à un peu plus de 45km de Conakry.
Écrit par: Fatoumata Keita
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