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Ce vendredi marque le quatrième anniversaire du coup d’État du 5 septembre 2021, mené par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) qui renversa le président Alpha Condé après un troisième mandat contesté. Quatre ans plus tard, la Guinée reste en transition, partagée entre projets structurants, espoirs démocratiques, et inquiétudes sur une dérive souvent qualifié « d’autoritaire » par certains acteurs.
Des avancées visibles sur le plan économique
Depuis son arrivée, la junte du colonel – aujourd’hui général – Mamadi Doumbouya a lancé plusieurs projets majeurs.
-Le méga-projet minier de Simandou a connu une relance décisive avec la construction du chemin de fer Transguinéen et d’un port en eau profonde.
-En mai 2025, le Conseil national de la transition (CNT) a validé la construction d’une centrale solaire de 40 MW à Khoumagueli, symbole de diversification énergétique.
Pour certains observateurs, ces réalisations « montrent que la transition n’a pas été qu’un blocage politique. Des chantiers stratégiques ont réellement avancé, même si leur impact social reste encore à mesurer », a soutenu le politologue Amadou Bah, dans une interview en octobre 2024 au site d’information Aminata.com.
Le procès du 28 septembre, symbole de justice
L’une des avancées les plus saluées est la clôture, en juillet 2024, du procès historique du massacre du 28 septembre 2009. L’ancien chef de la junte Moussa Dadis Camara et plusieurs officiers ont été condamnés à la prison à la réclusion criminelle.
« C’est une victoire pour la mémoire des victimes et un pas vers la fin de l’impunité en Guinée », déclarait alors Asmaou Diallo, présidente de l’Association des victimes.
-A cela s’est ajouté l’indemnisation des victimes.
-La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) est l’une des créations emblématiques du CNRD depuis 2021 même si son rôle et son bilan font débat.
Un calendrier politique sous haute tension
-La transition devait initialement durer 24 mois, selon le calendrier convenu avec la CEDEAO. Mais, à l’expiration de ce délai en décembre 2023, aucune élection n’a été organisée. Depuis, l’incertitude domine.
-En juillet 2024, le gouvernement a publié un avant-projet de Constitution. Un référendum a été fixé au 21 septembre 2025. Le texte prévoit un mandat présidentiel de 7 ans renouvelable deux fois, sans interdire aux dirigeants actuels de se présenter.
Pour nombre d’acteurs socio-politiques, la transition ne tient plus à ses engagements. L’on se souvient encore de ces propos de Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, figure des Forces Vives qui disait que : « ce référendum n’est qu’une manœuvre pour légaliser la présidence de Doumbouya. La transition a trahi son esprit. »
Soupçons d’autoritarisme
Ces dernières années, la junte a multiplié les restrictions : suspension ou dissolution de partis politiques pour « non-conformité », contrôle renforcé des médias, et dispersion de manifestations.
Un diplomate ouest-africain résume : « Le CNRD se présente comme le garant de l’ordre, mais ses méthodes rappellent de plus en plus les pratiques qu’il disait vouloir abolir. »
-Aujourd’hui encore 05 septembre 2025, une manifestation à l’appel des Forces Vives du pays est prévu dans la capitale.
-Il faut ajouter que depuis 2021, ces FVG font un bilan de près dd 60 morts selon les organisateurs de ces manifestations.
À la croisée des chemins
Entre réalisations économiques, avancées judiciaires et blocages politiques, la Guinée se trouve dans un tournant décisif. À deux semaines du référendum constitutionnel, l’avenir de la transition reste incertain.
Quatre ans après le 5 septembre 2021, les Guinéens attendent toujours la promesse d’un retour à l’ordre constitutionnel.
Deux hypothèses se posent : une nouvelle légitimité démocratique ou un cycle prolongé de gouvernance militaire.
Écrit par: Fatoumata Keita
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