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L’arrêté annonçant la dissolution d’une quarantaine de partis politiques en Guinée, dont le Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG), continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Le président du BAG, Abdoulaye Sadio Barry, rejette catégoriquement cette décision et met en doute la crédibilité du document qui circule depuis la nuit de vendredi sur les réseaux sociaux.
Dans un entretien accordé à notre rédaction ce samedi, le leader politique affirme que sa formation n’a jamais été informée d’une procédure pouvant aboutir à une dissolution. Il soutient au contraire que le BAG fait partie des partis politiques régulièrement autorisés à exercer leurs activités en Guinée.
« Je crois qu’il faut prendre cette information avec beaucoup de prudence. Toutes les mesures dont on parle, nous n’en avons reçu aucune. Apprendre une telle décision par voie de presse est une grande surprise pour nous », a-t-il déclaré.
Selon Abdoulaye Sadio Barry, les partis visés par des sanctions administratives avaient auparavant reçu des avertissements ou fait l’objet de suspensions assorties d’un délai pour se mettre en conformité avec les exigences légales. Une situation qui, insiste-t-il, ne concerne pas le BAG.
Le leader de cette formation rappelle qu’à l’issue de l’évaluation des formations politiques menée en mars 2025, le BAG avait obtenu un certificat d’aptitude à l’exercice régulier des activités politiques. Ce document, précise-t-il, autorise le parti à poursuivre ses activités et à participer aux différents processus électoraux dans le pays.
« Nous avons reçu un certificat attestant que nous sommes en règle et que nous pouvons poursuivre nos activités politiques. Comment peut-on alors se retrouver sur une liste de dissolution alors que nous ne figurions même pas parmi les partis suspendus ou menacés de dissolution ? », s’interroge-t-il.
Pour M. Barry, l’hypothèse d’une erreur administrative n’est pas à exclure. Il rappelle qu’un incident similaire s’était produit en juillet 2024, lorsque le nom de son parti avait été inscrit par erreur sur une liste de formations suspendues, avant d’être finalement retiré par les autorités.
Ce responsable politique indique également avoir tenté de joindre plusieurs responsables du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) pour obtenir des explications. D’après lui, les cadres contactés affirment ne pas être informés de la mesure.
« Les personnes que nous avons contactées au ministère disent avoir également appris cette information dans les médias. Cela nous amène à penser qu’il faut rester prudent, car il pourrait s’agir d’une intoxication », a-t-il confié.
Toutefois, il prévient que si l’arrêté s’avérait authentique, il s’agirait selon lui d’une décision arbitraire.
« Si cette mesure a réellement été signée, elle ne reposerait sur aucun processus administratif régulier et ne pourrait donc pas être considérée comme légale », estime-t-il.
Au-delà de la dissolution, l’arrêté attribué au MATD prévoit également que le patrimoine des partis concernés notamment leurs sièges et bureaux soit placé sous séquestre, avec la nomination d’un curateur chargé d’en assurer la gestion.
Samuel Demba DUOLAMOU
Écrit par: Samuel Demba DUOLAMOU
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