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26 mars 1984 – 26 mars 2026 : mémoire et héritage de Sékou Touré, père de l’indépendance guinéenne

today26 mars 2026 14

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Ce 26 mars marque l’anniversaire de la disparition de Ahmed Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante. Décédé en 1984 aux États-Unis, il laisse derrière lui une empreinte profonde, à la fois fondatrice et controversée, dans l’histoire politique du pays.

Figure majeure du panafricanisme, Sékou Touré incarne avant tout le combat pour l’émancipation de la Guinée face à la puissance coloniale française. Son célèbre « Non » au référendum de 1958 marque une rupture historique avec la France et propulse la Guinée comme le premier pays d’Afrique francophone à accéder à l’indépendance.

Sous son leadership, l’État guinéen s’est construit autour d’une forte affirmation de souveraineté politique, économique et culturelle. L’idéologie du « développement endogène » et la valorisation de l’identité africaine ont constitué les piliers de son action.

Si certains saluent encore aujourd’hui son courage politique et son rôle de pionnier, d’autres rappellent les dérives autoritaires de son régime. Le parti unique, les restrictions des libertés individuelles et les nombreuses arrestations politiques, notamment au tristement célèbre Camp Boiro, restent des pages sombres de son bilan.

Cet héritage ambivalent continue d’alimenter les débats en Guinée, entre devoir de mémoire, reconnaissance historique et exigence de vérité.

À la suite de sa mort le 26 mars 1984, un tournant majeur s’opère dans la vie politique guinéenne. Le 3 avril 1984, un coup d’État militaire conduit par le Comité Militaire de Redressement National (CMRN), dirigé par Lansana Conté, met fin au régime en place.

Dans la foulée, le Parti démocratique de Guinée – Rassemblement démocratique africain, parti unique au pouvoir depuis l’indépendance, est dissous. Cette décision symbolise la rupture avec l’ère Sékou Touré et ouvre la voie à une nouvelle organisation politique, marquée progressivement par l’introduction du multipartisme dans les années suivantes.

A l’orée des années 2000, le parti renait de ses cendres et essaie tant bien que mal de se maintenir sur l’échiquier politique du pays avant une autre dissolution le 6 mars 2026.

Cette décision découle d’un arrêté du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation pris le 6 mars 2026, rendu public dans la nuit du 6 au 7 mars, qui a acté la dissolution d’une quarantaine de partis politiques, dont le PDG-RDA.

Plus de quatre décennies après sa disparition, Sékou Touré demeure une figure incontournable de l’histoire guinéenne. Entre héros de l’indépendance et dirigeant contesté, son parcours continue d’interroger les générations actuelles sur les fondements de l’État, la gouvernance et les libertés.

 

Écrit par: Fatoumata Keita

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