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À la veille de l’investiture du Général Mamadi Doumbouya comme président de la République de Guinée, le mouvement citoyen Tournons La Page (TLP-Guinée) tire la sonnette d’alarme sur la situation des droits humains dans le pays. Dans un communiqué publié ce jeudi, l’organisation dénonce une recrudescence de violations graves depuis l’arrivée au pouvoir du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) en septembre 2021.
« Nous sommes préoccupés par l’épidémie de disparitions forcées, d’enlèvements arbitraires et des multiples violations graves des droits humains et des libertés publiques », affirme la Coordination nationale de TLP-Guinée.
Le mouvement interpelle directement les chefs d’État et les délégations étrangères attendus à Conakry pour la cérémonie d’investiture. Il les invite à ne pas fermer les yeux sur la répression exercée contre les citoyens.
Selon TLP-Guinée, les interventions des forces de défense et de sécurité lors des manifestations ont causé « la mort d’au moins 70 personnes, dont des enfants et des civils non impliqués entre 2022 et 2025 », alors que les victimes exerçaient leur droit à la liberté d’expression et de manifestation pacifique.
Dans son communiqué, l’organisation cite plusieurs figures de la société civile portées disparues après leur arrestation. « D’autres, comme Oumar Sylla dit Foniké Menguè, Mamadou Billo Bah, Habib Marouane Camara et autres, ont disparu après avoir été enlevés par les autorités guinéennes », déplore TLP.
Le mouvement accuse également le régime actuel de mettre en place une gouvernance marquée par « la corruption, le kidnapping, la torture, l’enlèvement arbitraire et le traitement inhumain et dégradant des voix dissidentes ».
À l’endroit du chef de l’État et du CNRD, TLP-Guinée formule des exigences précises. L’organisation demande notamment de « révéler le sort d’Oumar Sylla et Mamadou Billo Bah, de libérer les personnes détenues arbitrairement ou de les présenter devant un juge indépendant ».
Elle exhorte également les autorités à « mettre fin à la répression systématique et à la violence inouïe contre les voix dissidentes ».
Sur le plan international, TLP-Guinée appelle les partenaires de la Guinée à agir. L’organisation réclame « l’ouverture d’une enquête internationale, notamment au sein du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme et de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ».
Elle va plus loin en demandant « la suspension de toute coopération sécuritaire et militaire avec les forces guinéennes impliquées dans la répression sanglante », tant que les responsables ne sont pas identifiés et sanctionnés.
Malgré le contexte tendu, le mouvement affirme sa détermination à poursuivre son combat. « TLP-Guinée, sentinelle de la démocratie, des droits humains et de la bonne gouvernance, continuera à œuvrer de manière pacifique pour les libertés fondamentales », conclut le communiqué.
Cette sortie intervient dans un climat politique sensible, à quelques heures d’une investiture très attendue, marquée par de fortes attentes nationales et internationales sur l’avenir démocratique de la Guinée.
Écrit par: Fatoumata Keita
today14 janvier 2026 15 3
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