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L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) se dit préoccupée par les conditions de détention prolongée des personnes en conflit avec la loi, sans jugement. Elle l’a fait savoir ce samedi 28 mars 2026, au cours d’une conférence tenue à la Maison de la presse, à la Minière, dans la commune de Dixinn.
Face aux hommes de médias, les membres de l’OGDH, en compagnie de leurs partenaires, ont largement débattu de l’accès à la justice pour les personnes en détention prolongée en milieu carcéral.
« Normalement, quand des droits sont consacrés par la Constitution et tous les textes régionaux et sous régionaux, il revient à l’État de mettre des mécanismes en place pour que les citoyens puissent accéder librement à la justice. Malheureusement, les dysfonctionnements systémiques ont empêché ces personnes d’accéder à la justice. Au nom de ces insuffisants, nous avons le recours systématique à la détention préventive. Ça, c’est l’une des causes qui font que des personnes qui auraient dû être en liberté en attendant que leur procès ne soit organisé, se retrouvent de façon systématique en détention et de façon très prolongée. » a déclaré Maitre Alpha Amadou DS BAH, président de l’OGDH.
Pour une meilleure prise en charge judiciaire des personnes détenues, plusieurs maisons pénitentiaires du pays bénéficient d’appuis.
« Concernant l’accompagnement judiciaire, ce projet concerne, dans la région de Conakry, nous avons le tribunal de Kaloum, Mafanco et Dixinn. Et à l’entrée du pays, il concerne la ville de Kindia au départ et ensuite Labé. Et pour un total de 30 dossiers criminels, puisque c’est surtout en matière criminelle, les personnes vulnérables ont le plus besoin pour se faire juger. Puisque tant qu’il n’y a pas un avocat pour assister une personne en détention préventive, il est impossible de tenir le procès. » souligne cet avocat.
Le président de l’OGDH soutient que des détenus ont également bénéficié des prises en charge.
« Pour les dossiers criminels, nous avons déjà obtenu 27 dossiers qui ont été jugés, les décisions ont été rendues. La plupart des personnes qui étaient détenues ont été libérées. Il y a, parmi ces 27 dossiers, un total de personnes ayant bénéficié de nos services, 47 détenues. Parmi ces 47 détenues, il y a 4 femmes. Donc ces femmes et ces hommes étaient en attente de jugement parfois pendant des années. » a soutenu Me Alpha Amadou DS BAH.
Le président de l’OGDH a également énuméré les mécanismes pouvant limiter les détentions prolongées en milieu carcéral.
« Il y a plusieurs autres mécanismes à travers lesquels on peut investiguer, procéder à l’information judiciaire sans que les personnes-là ne soient conduites en prison. Donc il faut que l’étude-là nous permette de faire des recommandations au niveau du gouvernement pour que de façon beaucoup plus objective, que des personnes soient jugées sans qu’elles ne passent nécessairement par la case détention préventive. Puisqu’il y a plusieurs autres mécanismes par lesquels les juges ou les magistrats peuvent passer pour que les personnes soient entendues. Deuxièmement, il faut que, au niveau de cette étude, j’espère que des recommandations aussi vont être faites pour qu’il n’y ait pas de lenteur excessive dans le traitement des dossiers. Puisque ça a été l’un des problèmes, parce que la plupart du temps, quand une personne est conduite devant un juge, les procédures sont tellement lentes que parfois les dossiers se perdent. Parfois des gens restent pendant 6 ans, 7 ans, pendant 8 ans en détention préventive parce que les dossiers ont disparu dans le circuit judiciaire. C’est extrêmement grave, il faut absolument que cela cesse. » a énuméré Me Alpha Amadou DS BAH.
Selon le bâtonnier par intérim de l’Ordre des avocats de Guinée, des avancées ont été obtenues dans 17 dossiers correctionnels.
Alhassane CONDÉ
Écrit par: Fatoumata Keita
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