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Libération de Moussa Mara alias “El Sissi” : les démarches qui ont conduit à sa mise en liberté (Avocat)

today12 mars 2026 10

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Fodé Moussa Mara, alias « El Sissi », a recouvré la liberté le mercredi 11 mars 2026, après plus de deux ans de détention à la Maison centrale de Conakry.

Interpellé le 18 novembre 2023 puis placé sous mandat de dépôt, ce militant de l’ancien parti au pouvoir (RPG Arc-en-ciel) a été maintenu en détention provisoire dans le cadre d’une procédure pénale dont l’audience de jugement n’a pu être organisée dans les délais escomptés. Selon son conseil, Me Lanciné Diabaté, la remise en liberté de son client est intervenue à la suite de démarches judiciaires entreprises par la défense, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.

Joint ce jeudi 12 mars par notre rédaction, l’avocat explique que plusieurs facteurs indépendants de la volonté des parties ont retardé la tenue du procès. « Le parquet évoquait différents contretemps ayant empêché l’organisation de l’audience dans les délais souhaités. Face à cette situation, nous avions même décidé d’écourter nos vacances judiciaires afin de demeurer à Conakry et faciliter la tenue du procès, la question de la liberté de notre client étant prioritaire », a-t-il indiqué.

Malgré ces initiatives, la procédure n’a pu être enrôlée à temps. La défense a alors décidé d’engager une procédure de référé pénal. « Ces dispositions, notamment aux points 11 et 12, permettent d’introduire une requête en référé afin de statuer sur la situation d’un prévenu lorsque des circonstances particulières retardent l’examen du dossier. C’est sur ce fondement juridique que nous avons introduit notre démarche, laquelle a abouti à la mise en liberté de notre client », a précisé Me Lanciné Diabaté.

L’avocat a par ailleurs affirmé que son client n’a signalé aucune maltraitance durant sa période de détention. « Au moment de sa libération, il se portait bien et ne nous a jamais fait état de faits de torture ou de mauvais traitements durant son incarcération », a-t-il déclaré.

S’agissant des poursuites engagées contre le militant, Me Diabaté indique que plusieurs chefs d’accusation avaient initialement été retenus dans la procédure. Toutefois, au terme de l’instruction, la majorité de ces infractions aurait été écartée faute d’éléments probants.

« En matière pénale, la caractérisation d’une infraction exige l’existence de preuves. Il ne suffit pas d’énumérer plusieurs chefs d’accusation ; encore faut-il disposer d’éléments permettant de les établir. Le juge d’instruction, ne disposant pas de tels éléments pour certains faits allégués, a donc décidé d’écarter plusieurs chefs d’inculpation », a-t-il expliqué.

Mohamed Saliou BANGOURA 

Écrit par: Samuel Demba DUOLAMOU

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