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Mangeons local pour survivre importé (La Fléchette de Fatoumata Harouna)

today15 décembre 2025 27

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Nous avons le riz, oui.

Mais encore faut-il s’inquiéter pour la sauce.

Il n’y a pas de viande. La chair de bœuf est devenue un produit de luxe, vendue au prix de l’or. Le poisson ? N’en parlons pas. Une carpe pèse à peine la monnaie de la vendeuse. Quant au poulet du pays, on l’appelle “bicyclette” tellement il est mince. Le poulet importé, lui, n’est pas toujours très frais : parfois avarié, mais on ne se plaint pas. Parce qu’on a pas trop le choix, et c’est le plus abordable.

Ici, la loi du marché a quelque chose de profondément paradoxal : plus c’est local, plus c’est cher, rare et maigre.

Alors vive les importations, pour que survive le peuple.
Car ni l’agriculture, ni l’élevage, ni la pêche ne se complètent. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs persistent, chacun cherchant sa solution de son côté. La transhumance transfrontalière n’est plus une alternative, et la pêche ne suffit plus à remplir les marmites.

Résultat : on produit, mais on ne mange pas.
On cultive, mais on importe.
Et au final, on a le riz… mais la sauce reste un privilège.

Enfin de compte, il faut dire que dans ce pays, on mange local par patriotisme… mais on survit importé et c’est par nécessité !

La Fléchette de Fatoumata Harouna

Écrit par: Fatoumata Keita

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