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1er mars 1960 : aux origines de la monnaie guinéenne (retour sur la première coupure et les enjeux d’aujourd’hui)

today1 mars 2026 6

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Le 1er mars marque une date fondatrice dans l’histoire économique de la Guinée : la création officielle de la monnaie guinéenne. Si les premières coupures circulaient déjà dès 1958, c’est en 1960, après le décret du 29 février portant création de la Banque Centrale, que la politique monétaire du pays prend véritablement forme.

1958 : rupture politique, urgence monétaire

Après le « Non » historique du 28 septembre 1958 au référendum proposé par la France, la Guinée devient indépendante sous la conduite du président Sékou Touré. Cette rupture politique entraîne une séparation brutale avec le système financier colonial.

La jeune République doit alors agir vite : il faut créer une monnaie nationale pour affirmer la souveraineté économique du pays et sortir de la zone franc. Les premières coupures guinéennes apparaissent dans ce contexte d’urgence, bien avant l’installation formelle de la Banque Centrale.

La monnaie devient alors bien plus qu’un instrument d’échange : elle est un symbole d’indépendance.

1960 : naissance officielle de la Banque Centrale

Le 29 février 1960, un décret crée officiellement la Banque Centrale de la République de Guinée, devenue aujourd’hui la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG).

Dès le 1er mars 1960, la monnaie guinéenne entre dans une nouvelle ère : celle d’une gestion nationale, avec des missions claires :

·        Émission des billets et pièces

·        Régulation du système bancaire

·        Gestion des réserves de change

·        Définition de la politique monétaire

La première coupure, modeste dans sa conception mais forte dans sa portée symbolique, incarnait l’affirmation de la souveraineté économique guinéenne.

La première coupure : symbole de dignité nationale

Les premiers billets guinéens portaient des symboles forts : emblèmes nationaux, figures du travail, références à l’agriculture et à l’unité du peuple.

À une époque où le pays faisait face à un isolement économique et diplomatique, la monnaie nationale représentait :

·        L’autonomie financière

·        La fierté nationale

·        La rupture avec le système colonial

·        La volonté de bâtir une économie indépendante

Cette première émission monétaire s’inscrivait dans une stratégie plus large de contrôle étatique de l’économie.

Les enjeux actuels de la monnaie guinéenne

Plus de six décennies après sa création, la monnaie guinéenne fait face à de nouveaux défis.

1. La stabilité et l’inflation

La lutte contre l’inflation reste un enjeu majeur pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

2. La crédibilité internationale

Dans un contexte de mondialisation et d’intégration économique régionale, la stabilité du franc guinéen est essentielle pour attirer les investissements.

3. La modernisation du système financier

Digitalisation des paiements, inclusion financière, lutte contre le blanchiment : la BCRG tente tant bien que mal à adapter ses outils aux réalités numériques.

4. La confiance des citoyens

Une monnaie forte repose avant tout sur la confiance. Cette confiance dépend de la discipline budgétaire, de la stabilité politique et de la gouvernance économique.

Une célébration chargée de sens

En célébrant ce 1er mars, la Guinée ne fête pas seulement une date administrative. Elle commémore un acte fondateur : celui d’avoir choisi de battre sa propre monnaie.

La première coupure de 1958–1960 n’était pas qu’un billet. Elle était un message : celui d’un peuple décidant de maîtriser son destin économique.

Écrit par: Fatoumata Keita

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