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Vêtu de son traditionnel boubou blanc, le président guinéen Mamadi Doumbouya a pris la parole ce mercredi à la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies entre 21H-22H (heure de Conakry). Dans un discours axé sur la souveraineté, la gouvernance et le développement, il a présenté les réformes et projets engagés en Guinée, citant notamment la nouvelle Constitution, le cycle électoral, le projet Simandou et le programme Simandou 2040. Il a également plaidé pour des modèles de développement adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles des pays africains.
Ci-dessous le discours intégral :
Monsieur le Président de la 81ème session de l’Assemblée Générale,
Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies,
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais, avant toute chose, vous adresser au nom du peuple souverain de la République de Guinée et de sa délégation mes chaleureuses félicitations pour votre élection à la présidence de cette 81ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Je forme le vœu que les travaux, sous votre conduite éclairée, permettent à notre Organisation de mieux répondre aux attentes légitimes des peuples du monde.
Je voudrais également saluer l’action constante de Monsieur le Secrétaire général, Antonio GUTERRES, à la tête de notre Organisation commune.
C’est avec un profond sentiment de fierté, mais aussi d’humilité, que je me présente devant cette auguste tribune, au nom du peuple souverain de la République de Guinée, pour partager avec la communauté des nations le chemin parcouru par mon pays.
Il y a trois ans, depuis cette même tribune, j’avais tenu, avec la franchise que mon pays et notre continent doivent à ce monde, un discours de vérité. J’avais dit que le modèle de gouvernance importé, sans adaptation, sur notre continent, peinait à porter les fruits attendus par nos populations. Je le maintiens.
Mais je reviens aujourd’hui devant vous dans un esprit différent. Non pour dénoncer, mais pour partager quelques éléments factuels, avec le respect dû à cette assemblée, du chemin que la Republique de Guinée a choisi de tracer et des résultats que ce choix a produits.
Cette Constitution introduit des innovations profondes en faveur du vivre-ensemble : une représentation renforcée de nos terroirs et de nos communautés, des garanties nouvelles pour l’alternance de gouvernance participative, et une reconnaissance affirmée de notre pluralité linguistique, religieuse et culturelle comme fondement de l’unité sacrée nationale plutôt que comme facteur de division.
Je le dis avec une fierté légitime devant cette Assemblée : aucun de ces scrutins, sur toute l’étendue de notre territoire, n’a connu d’incident significatif, de la part d’aucun des acteurs du processus électoral. C’est la preuve, Mesdames et Messieurs, qu’un pays africain peut organiser, seul, sur ses propres ressources, des élections crédibles, apaisées et acceptées de tous.
-Un programme de développement socio-économique durable et responsable de mon pays pour les 15 prochaines années, SIMANDOU 2040.
Ces résultats, obtenus en moins de trois ans, ne sont pas cités par vanité. Ils illustrent une conviction que je veux partager avec cette Assemblée.
Notre plus grande richesse demeure toutefois notre jeunesse. Nous devons lui offrir une éducation de qualité, des formations adaptées aux besoins du marché du travail à travers l’initiative SIMANDOU ACADEMY, ainsi que de réelles opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat.
L’expérience guinéenne récente m’autorise, avec respect, à formuler une conviction : lorsque les modèles de gouvernance sont adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles de chaque nation, plutôt qu’importés sans discernement, le développement s’accélère.
Regardons l’Asie. Regardons certains pays du Proche-Orient. Ils n’ont pas attendu qu’un modèle extérieur leur soit validé pour bâtir leur prospérité. Ils ont su s’inspirer de l’expérience universelle tout en l’adaptant à leur propre génie national. En une génération, ils ont accompli ce que d’autres ont mis un siècle à réaliser.
L’Afrique peut, elle aussi, emprunter cette voie. Ce n’est pas un rejet du monde ni de la coopération internationale, bien au contraire. C’est un appel à un partenariat renouvelé, respectueux de la souveraineté de chaque nation, fondé sur la co-construction gagnant-gagnant, plutôt que sur des schémas préétablis qui ignorent nos réalités.
La Republique de Guinée, pour sa part, reste et restera un partenaire fiable, ouvert et engagé envers l’ensemble de la communauté internationale, dans le respect mutuel des souverainetés.
La Republique de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple. Elle le fait dans le respect du droit international, dans l’esprit de la Charte des Nations Unies, et dans un esprit de coopération franche et sans exclusive avec l’ensemble de ses partenaires.
Je forme le vœu que cette expérience guinéenne puisse, modestement, inspirer une réflexion plus large sur les voies multiples et légitimes du développement pour notre continent.
Je vous remercie de votre aimable attention.
S.E (Président Mamadi Doumbouya)
Président de la République
Écrit par: Fatoumata Keita
today23 septembre 2026 24 3
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