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Ce mardi 4 août 2026 marque le quatorzième anniversaire des massacres qui ont profondément marqué le village de Zogota, dans la préfecture de N’Zérékoré. Quatorze ans après ces tueries, les familles des victimes continuent de réclamer justice. À cette occasion, une journée de prière et de recueillement a été organisée autour de la tombe des six victimes de ce jour.
Le 4 août 2012, six personnes, dont le chef du district de Zogota, Zowota Nyankoye KOLIÉ, relevant de la sous-préfecture de Kobéla, avaient été tuées dans un contexte de tensions entre les populations riveraines du mont Yönon et la société minière Vale. Les victimes, qualifiées de « martyrs », ont perdu la vie en défendant leurs communautés face aux forces de défense et de sécurité.
Cette année, les ressortissants de Zogota se sont mobilisés en grand nombre pour commémorer cette date. Thomas KOLIÉ, proche des victimes et membre de la commission d’organisation, souligne une mobilisation inédite.

« Cette année, il y a une très grande particularité parce que la manière dont les ressortissants, victimes de ces événements douloureux du 4 août 2012, sont venus massivement, ça n’a jamais été le cas. Le village est rempli. Les gens sont venus de tous les horizons pour exprimer leur ras-le-bol. », a-t-il déclaré.
Ce citoyen précise qu’une marche pacifique a été organisée allant du petit marché du village jusqu’à la tombe des victimes.

« Nous avons organisé une marche pacifique qui a commencé du petit marché jusqu’au niveau de la tombe de ces illustres disparus. L’Église catholique est là, les sages ainsi que toute la communauté. », a-t-il ajouté.
En novembre 2020, la Cour de justice de la CEDEAO a reconnu la responsabilité de l’État guinéen pour des violations des droits humains et l’a condamné à indemniser les victimes à hauteur de plus de 4 milliards de francs guinéens. Malgré cette décision, les familles dénoncent son inexécution, en dépit de la procédure d’exequatur engagée devant le tribunal de Paris.
Pour Thomas KOLIÉ, les parents des victimes attendent l’exécution de cette décision avant afin de passer à autre chose.
« Ces parents attendent toujours que justice leur soit rendue. Ils attendent que le gouvernement leur dise : voilà les personnes qui ont tué vos proches, vos maris et vos fils. Elles vous demandent pardon, et voilà la réparation que l’État vous apporte. C’est tout ce que les familles attendent. Mais jusque-là, rien n’est fait. Elles espèrent toujours que l’exécution de cette décision judiciaire devienne enfin une réalité. », a-t-il lancé.
Samuel Demba DUOLAMOU
Écrit par: Samuel Demba DUOLAMOU
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