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Une juge fédérale américaine a annulé vendredi 21 août la décision de l’administration Trump de suspendre le traitement des visas d’immigration pour les ressortissants de 75 pays, dont la Guinée. Une nouvelle déconvenue judiciaire pour le président américain, dont la politique migratoire est régulièrement contestée devant les tribunaux.
Nouveau revers judiciaire pour Donald Trump aux États-Unis. La juge fédérale Jeannette Vargas, siégeant à Manhattan, a annulé la mesure prise par l’administration américaine en janvier 2026 visant à suspendre la délivrance des visas d’immigration aux ressortissants de 75 pays.
La Guinée figurait sur cette liste aux côtés de plusieurs autres pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, des Caraïbes et des Balkans. La mesure avait été justifiée par l’administration Trump par la volonté de limiter l’arrivée aux États-Unis de personnes susceptibles, selon elle, de dépendre des aides publiques américaines, écrit le Reuters
Une mesure jugée « manifestement illégale »
Dans sa décision, la juge Vargas estime que le Département d’État américain, dirigé par Marco Rubio, a dépassé les pouvoirs qui lui sont conférés par la loi.
La magistrate qualifie la politique de « patently unlawful », soit « manifestement illégale », estimant qu’elle est contraire au droit fédéral américain de l’immigration.
Selon elle, le fait d’interdire de manière générale la délivrance de visas d’immigration sur la seule base de la nationalité des demandeurs constitue une remise en cause directe du cadre légal qui encadre le travail des agents consulaires.
La décision intervient après une plainte déposée par plusieurs organisations de défense des droits des immigrés, des demandeurs de visas ainsi que des citoyens américains qui souhaitaient faire venir leurs proches aux États-Unis.
La Guinée était directement concernée
La Guinée faisait partie des 75 pays visés par la suspension entrée en vigueur le 21 janvier 2026.
Le Département d’État avait alors annoncé la suspension de la délivrance des visas d’immigration pour les ressortissants des pays concernés, dans le cadre d’une révision des procédures américaines d’examen des demandes.
Washington invoquait notamment le risque que certains nouveaux immigrants deviennent une « public charge », c’est-à-dire une personne susceptible de dépendre des ressources ou prestations publiques américaines.
La mesure concernait les visas d’immigration, notamment ceux permettant à des ressortissants étrangers de s’installer durablement aux États-Unis. Elle ne constituait pas une suspension générale de tous les visas américains.
Que change la décision pour les Guinéens ?
Sur le principe, la décision de la juge constitue une ouverture importante pour les ressortissants guinéens engagés dans une procédure d’immigration vers les États-Unis.
Elle remet en cause le gel général qui empêchait le traitement ou la délivrance des visas d’immigration aux ressortissants des 75 pays concernés.
Il convient toutefois de rester prudent sur les conséquences immédiates. La décision judiciaire ne signifie pas que toutes les demandes de visa guinéennes sont automatiquement approuvées ni que les autres conditions prévues par le droit américain de l’immigration disparaissent.
Elle signifie surtout que l’administration américaine ne peut plus s’appuyer sur cette suspension générale fondée sur la nationalité pour bloquer les visas d’immigration des ressortissants des 75 pays concernés, sous réserve de la suite de la procédure judiciaire et d’éventuelles mesures de l’administration.
Une décision qui intervient dans un contexte de durcissement migratoire
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les mesures visant à renforcer les contrôles aux frontières et à restreindre l’immigration vers les États-Unis.
La suspension des visas d’immigration pour les 75 pays s’inscrivait dans cette politique plus large, l’administration affirmant vouloir privilégier l’entrée de personnes financièrement autonomes et limiter le recours aux prestations publiques.
La décision de la juge Vargas vient donc porter un nouveau coup à l’une des mesures phares de cette politique migratoire. Elle rappelle également que les décisions de l’exécutif américain en matière d’immigration restent soumises au contrôle des tribunaux et aux limites fixées par le Congrès.
Attention : la décision ne supprime pas la caution pouvant atteindre 15 000 dollars
Cette décision risque toutefois d’être mal interprétée en Guinée.
L’annulation du gel des visas d’immigration ne signifie pas que la caution pouvant atteindre 15 000 dollars est supprimée.
Il s’agit de deux dispositifs différents. La mesure annulée par la juge concernait la suspension générale du traitement des visas d’immigration pour les ressortissants de 75 pays.
La caution dite « Visa Bond », qui peut concerner certains demandeurs de visas B1/B2, relève d’un autre dispositif. La Guinée figure toujours parmi les pays concernés par cette obligation, avec une caution pouvant être fixée à 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars, selon le cas.
Par ailleurs, le Département d’État américain utilise également le mécanisme du « Public Charge Bond » pour certains demandeurs de visas d’immigration. Là encore, il s’agit d’un dispositif distinct, dont l’application et le montant dépendent de la situation du demandeur.
En clair : le jugement du 21 août constitue bien une victoire judiciaire pour les ressortissants des 75 pays, dont la Guinée, mais il ne faut pas en déduire que toutes les cautions exigées par les États-Unis ont été annulées.
Pour les candidats guinéens à l’immigration américaine, la prochaine étape sera donc de suivre les instructions du Département d’État et des services consulaires américains afin de connaître les modalités concrètes de reprise du traitement des demandes.
Écrit par: Fatoumata Keita
today21 août 2026 40 3
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